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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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Mike OLDFIELD - Guitars (1999)
Par MR. AMEFORGEE le 9 Octobre 2007          Consultée 5251 fois

Sans parler de qualité artistique, on pourra dire que la fin des années 90 est une période indéniablement productive pour Mike Oldfield, qui enchaîne les disques, encore et encore. L’année 1999 ne voit rien de moins que la réalisation de deux albums, de facture respective fort différente, et que la distanciation vis-à-vis des Cloches Tubulaires rend intéressants, au moins sur le papier (il ne faut pas se laisser tromper par le titre de l’autre album, Millennium Bell). Chacun est sous-tendu par un « concept », indice si l’on peut dire d’une certaine ambition créative.
Guitars, le premier à la parution, s’avère être le plus inspiré. Comme son nom le suggère, il relève de l’exercice de style : Oldfield, seul aux commandes, compose un album uniquement basé sur des guitares, et ce même pour ce qui concerne les nappes planantes style synthé ou les beats qui marquent à l’occasion le tempo. On sait que l’instrument a la faveur de l’artiste depuis toujours, et l’on se souvient encore des écheveaux de riffs qu’il tissait dans ses premières œuvres. Il n’était donc que justice de consacrer un disque complet aux six cordes fétiches.
Disons-le tout de suite, l’idée en soi, a de quoi susciter la curiosité, mais dans les faits, le résultat, quoique sympathique, se révèle quelque peu décevant. Mais juste un peu. Ensuite, c’est l’histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein, on y voit ce qu’on veut.

Pour une bonne part, le terrain est connu, c’est celui qui caractérise le Oldfield de la décennie, évoquant des atmosphères zens et ouatées, des espaces de sérénité new-age faits de sucre glace et de neige fondante. Le caractère épuré qu’implique le recours aux seules guitares permet d’éviter l’orgie d’effets de claviers comme on en trouve parfois. Mélodies simples, gentilles, répétitives mais pas rebutantes, le charme peut opérer : c’est l’intimiste « Muse », ou encore « Embers » et « From the Ashes » (bâtis sur le même motif), pleins d’écho solennel, ambient mais pas en mal.
A cette potion, au fumet délicat, se retrouvent mélangées quelques bribes de rock aux accents bluesy. Sur « Cochise » les riffs s’entrelacent, plaintifs, ciselés, ou épais, saturés, comme autant de voix qui, dans une polyphonie, se chargent du rythme, des harmonies, de la mélodie principale. Toutefois, et c’est là que ça se corse, s’il y a superposition de pistes, on ne retrouvera pas la densité à laquelle on était confronté au moment de la tempête électrique de Hergest Ridge par exemple : l’aspect new-age de la musique est tel qu’il éclaire la forme définitive de l’ensemble. Même au moment de sortir les grosses guitares et de cracher la purée, comme sur le pesant « Out of Sight » ou bien sur l’enthousiaste « Out of Mind », la production « open your chakras and be aware » ne peut s’empêcher de nettoyer les aspérités d’un rock qu’on aurait souhaité plus vindicatif. Osons une métaphore : c’est un peu comme si l’on souhaitait se baigner dans un fleuve boueux sans ses rats morts et ses déchets industriels. Un fleuve boueux propre : il y manque un cachet authentique. Ainsi, même si les morceaux proposés sont loin d’être désagréables, on ne peut éviter de songer que l’on écoute du blues aseptisé, du rock d’hôpital (et c’est là qu’on s’aperçoit que les infirmières n’ont en effet rien sous leur blues).
Enfin, il s’agit de se faire l’avocat du diable, l’ensemble n’est pas dégueu non plus. Même dans nos mauvais jours, on retiendra au moins le titre le plus ambitieux, « Four Winds », séquence de près de dix minutes, qui entend figurer les vents des quatre points cardinaux, reflétant autant d’ambiances contrastées : au vent âpre du Nord, en ouverture, tissé de gros riffs métalliques qui rappellent le « Outcast » de Tubular Bells 3, se succède le paisible vent du Sud, chargé de quelques réminiscences d’Amarok, puis le vent d’Est, à la fragrance orientale qu’évoquent aussitôt des sonorités de sitar, avant que le vent d’Ouest, au rythme enlevé de western, ne vienne conclure l’ensemble sur une note d’emphase.

Ainsi donc, Guitars laisse une impression partagée : l’idée que l’album aurait pu être plus fouillé, plus expérimental, et donc plus passionnant à explorer. Et l’on se retrouve finalement face à un résultat sympa mais consensuel. Ce n’est pas avec les vieux champs qu’on fait les meilleures compotes. Pour autant, il ne faut pas se fourvoyer à la lecture de mon avis tempéré : il s’agit peut-être quand même du meilleur album de Mike Oldfield de toute la décennie, excepté Amarok… Excusez du peu. Ensuite, c’est l’histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein, on y voit ce qu’on veut, comme toujours…

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   MR. AMEFORGEE

 
   MARCO STIVELL

 
   (2 chroniques)



- Mike Oldfield (plein de guitares)


1. Muse
2. Cochise
3. Embers
4. Summit Day
5. Out Of Sight
6. B. Blues
7. Four Winds
8. Enigmatism
9. Out Of Mind
10. From The Ashes



             



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