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CHILL OUT  |  STUDIO

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Mike OLDFIELD - Tr3s Lunas (2002)
Par MR. AMEFORGEE le 2 Mars 2008          Consultée 5042 fois

Au début du nouveau millénaire, Mike Oldfield délaisse quelque peu le cinquième art pour s’intéresser au dixième : le jeu vidéo. Déplorant le caractère violent et peu constructif d’une certaine production en la matière, il investit de sa fortune dans la conception d’un jeu zen, basé sur l’exploration d’un univers mystérieux en 3D (inspiré des jeux à la Myst notamment) : Music-VR. Néanmoins, comme son job de prédilection reste la musique, il compose à cet égard la bande sonore, dont Tres Lunas constitue une partie (un peu de matériel sera réutilisé pour l’album suivant, Light + Shade, sinon le reste de l’OST n’est disponible que sous différentes versions pirates).

L’album marque une évolution dans la continuité : le new-age pratiqué par l’artiste glisse peu à peu sur les pentes de l’électronique (les ordinateurs remplacent les synthés, en somme), au point que Tres Lunas fut présenté à l’époque comme une contribution à la musique « chill out ». Dans les faits, le contenu du disque est tout ce qu’on pourrait qualifier de planant, d’atmosphérique, de suave, de rêveur, etc. (on pourrait épuiser tout un dictionnaire de synonymes à ce sujet), quoique peut-être plus rythmé que l’ambient et non dépourvu de sens mélodique. On note aussi la présence d’éléments acoustiques (ou prétendus tels), qui servent souvent à mener les lignes mélodiques principales : ce sera, on le devine, une guitare contemplative, mais aussi un saxophone élégiaque (il s’agit en fait de la guitare, raccordée à un synthé qui produit le même type de timbre), ou encore peut-être d’un piano qui égrène ses accords avec retenu. Autour, à charge aux effets électroniques de créer de la texture harmonique, de tresser en ondes spatiales le cadre ambiancé des morceaux. Poussières d’étoiles, souffle aspirant, écho synthétique, nappes boréales, l’ensemble est soumis au mouvement par la pulsation des rythmes artificiels : tout est mis en œuvre pour nous faire oublier notre bon vieux, mais bien terne système solaire.

Et contre toute attente, et malgré la modestie de l’entreprise, le résultat s’avère plutôt intéressant, mieux : agréable et presque fascinant. La sobriété de mise ici réussit là où les propos d’un prétentieux new-age, péteux, prodigue en effets de genre, échouaient : sans racoler, en créant une sorte d’espace, intersidéral mais néanmoins intimiste, par la magie des arrangements et quelques mélodies paisibles mais accrocheuses, dotés d’un soupçon de mélancolie, peut-être de nostalgie, Tres Lunas se révèle comme un album non dénué de saveurs. Il y a bien entendu une tentative de proposer un tube radio, « To Be Free » (un hommage au Boy’s Band ?), avec la gentillette voix pop féminine qui rappelle « Moonlight Shadow », ni géniale ni vraiment indispensable.
Pour le reste, il y a de bons moments, les interventions synthético-saxophoniques notamment qui apportent un peu de nouveauté à la palette sonore habituelle du guitariste, l’ascensionnel « Landfall » bâti sur un motif minimaliste qui rappellerait peut-être Tubular Bells mais en bien, « Turtle Island » qui est porté par la ligne claire d’une guitare acoustique, dont les accents évoquent la chaleur estivale de l’Espagne, « Daydream » un peu plus triste que les autres. Comme le veut ce genre de production, il est malaisé d’isoler des passages bien précis qui présenteraient à eux seuls toutes les qualités dignes de louange ; c’est plutôt la faculté d’immerger l’auditeur dans l’univers créé qu’il faut mettre en valeur ici. Et ce n’est pas si facile, en définitive de jouer de la carte de l’atmosphérique, saupoudré d’un peu de mystère qui en fait le sel, sans tomber dans le registre de la musique d’ascenseur. Rien d’aussi soporifique ici, le pire est évité.

Même si l’on n’est pas à l’avant-garde de l’expérimentation (on laissera cela à Aphex Twin et sa bande de potes), le résultat est donc plutôt honnête. Certains fans de Mike Oldfield s’attachent à dire que le reste de la musique composée pour le jeu vidéo Music-VR est meilleure que celle qui a été gravée présentement. Il y a effectivement matière à prolonger le trip sans déplaisir, mais il est probable qu’un double-album aurait été de trop (ce que fera l’album suivant…). Tres Lunas n’est pas la catastrophe annoncée, même si ce n’est pas avec lui que Mike Oldfield regagnera les bonnes grâces de ses anciens fans. Restons zen, Arsène, et goûtons ce Bourbon, vieux bougon.

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   MR. AMEFORGEE

 
   MARCO STIVELL

 
   (2 chroniques)



- Mike Oldfield (guitares, programmation, etc.)
- Amar (chant)
- Jude Slim (chant)
- Philip Lewis (programmation des percus)
- Thomas Suessmair (programmation des percus)


1. Misty
2. No Mans Land
3. Return To The Origin
4. Landfall
5. Viper
6. Turtle Island
7. To Be Free
8. Fire Fly
9. Tr3s Lunas
10. Daydream
11. Thou Art In Heaven
12. Sirius
13. No Mans Land Reprise
14. To Be Free Radio Edit



             



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