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Mike OLDFIELD - Incantations (1978)
Par MR. AMEFORGEE le 16 Août 2005          Consultée 10634 fois

Incantations est le dernier album du Mike Oldfield de la première période, qui s’inscrit hors des contingences temporelles et qui présente encore le format des vastes mouvements : ici quatre, l’album étant à l’époque sorti sous la forme d’un double vinyle. Trois ans se sont écoulés depuis l’excellent Ommadawn, qui ont vu Mike rongé par ses démons intérieurs, n’assumant que difficilement une célébrité à laquelle il n’était nullement préparé.
Si Incantations est musicalement différent des précédents opus, il n’en demeure pas moins dans une même ligne, et reste une évolution logique : ici Mike Oldfield pousse plus loin l’exploration abordée sur Ommadawn, en accentuant le côté « musique du monde » (le côté celtique étant gommé au profit d’une ambiance tribale d’Afrique et d’Amérique du Sud) et en ajoutant une prégnante dimension orchestrale. On se retrouve avec une sorte de symphonie hybride, assurément iconoclaste selon les canons de la musique classique, mais qui possède indéniablement son potentiel onirique.

Comme son titre le suggère, la musique sera tourbillonnante, hypnotique, incantatoire, avec notamment une section de cordes, croisant avec des volutes de flûtes, qui confère une sorte d’impression « d’ébullition » constante. Le meilleur qualificatif serait sans doute celui de « musique tellurique », surtout en ce qui concerne les deux premiers mouvements, et à ce titre, Incantations me fait songer au Sacre du Printemps de Stravinsky, même si les différences entre les deux oeuvres sont immenses, Stravinsky étant plus audacieux, le Sacre jouant davantage de saccades, alors qu’ici, tout est fluide et linéaire. Pour autant, ce n’est pas un défaut. Ainsi, l’importance du travail de composition de Mike ne se porte pas ici sur les mélodies, qui en définitive ne sont pas très complexes, mais sur les arrangements, multiples et variés, qui donnent véritablement une profondeur, une densité, un foisonnement luxuriant et chamarré à la musique.
Evoquons, à la suite de la section des cordes, des choeurs qui apparaissent à divers moments opportuns, les percussions tribales, les flûtes qui ont une importance considérable ici, ou encore une trompette qui apparaît brièvement pour donner une solennité très « musique classique française sous Louis XIV » assez inattendue. La guitare est moins mise en valeur et s’intègre à l’immense masse orchestrale, y ajoutant, par instants, quelques étincelles abrasives ou se posant en guide suppléant de la mélodie, à la suite des flûtes. On pourra cela dit noter l’ouverture du Mouvement 3, in medias res, si l’on peut dire, où celle-ci se montre incisive et inventive dans un duel avec la section des cordes (écoutez ces trilles...). Par moments, Oldfield s’approche aussi de Vangelis, mais possède un côté beaucoup plus naturel qui est difficilement tenable avec une armée de synthés.

D’après les commentateurs, Mike Oldfield aurait suivi une sorte de formation philosophique (à tendance sectaire ?) du nom d’« Exegesis » pendant la période de composition d’Incantations et cela se ressentirait sur la musique. On peut bien admettre qu’il y a une évolution entre les deux premiers et les deux derniers mouvements, mais l’artiste est suffisamment maître de son travail pour conserver une cohérence d’ensemble qui rend ces considérations un peu oiseuses.
On pourra dire que les mouvements 3 et 4 sont peut-être un peu moins orchestraux, moins typés « musique du monde » et jouant davantage la carte du rock progressif (et encore !), mais ce n’est qu’une affaire de nuances. Cela permet de maintenir l’intérêt de l’auditeur le long de ces soixante-dix minutes de musique, incroyablement riches et stimulantes pour l’esprit avide d’échappées musicales.
L’un des meilleurs albums de Mike Oldfield.

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- Mike Oldfield (presque tout)
- Mike Laird (trompette)
- Pierre Moerlin (batterie, vibraphone)
- Maddy Prior (choeur)
- Sally Oldfield (choeur)
- The Queens College Girls Choir (choeur)
- Terry Oldfield (flûtes)
- Sebastion Bell (flûtes)
- Jabula (percussions africaines)
- David Bedford (orchestrations)


1. Part One
2. Part Two
3. Part Three
4. Part Four



             



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