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MUSIQUE POUR PIANO SOLO  |  STUDIO

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- Style : Bernard Benoit
- Membre : Genesis

Anthony PHILLIPS - Private Parts & Pieces Vi - Ivory Moon (1986)
Par MARCO STIVELL le 16 Décembre 2010          Consultée 1687 fois

Une fois de plus à des années-lumière des productions offertes par Genesis et consorts et aussi des courants musicaux en vogue, Ant continue tranquillement sur la voie de sa musique toute personnelle en faisant paraître le sixième volume de ses chers Private Parts & Pieces, qui sont aussi... Les nôtres!

On avait déjà pu, sur les opus précédents, entendre combien notre ami guitariste pouvait être à l’aise sur tout instrument doté de touches noires et blanches, notamment au piano, et arrivait à faire de très jolies choses avec, à accomplir des prouesses même, qu'un certain Tony Banks ne saurait renier. "Autumnal", "Magic Garden", "Lindsay" sont autant de pièces d'orfèvre qui suffisent à nous prouver qu'Ant a accompli un sacré bout de chemin depuis qu'il a quitté Genesis (comme si ce qui a précédé ne l'avait pas prouvé). Il ne lui restait plus, après la parenthèse acoustique Twelve, qu’à consacrer un album à cet instrument pour le moins prestigieux : le piano. C’est chose faite en cette année 1986, et nous abordons là la deuxième partie de la carrière solo du maître, près de dix ans après The Geese and the Ghost.

Bien plus que ce que l’on pouvait en attendre - et pourtant Bleu, comme disent les suisses pour ne pas blasphémer, sait que son nom est synonyme de qualité même dans les heures difficiles -, chacune des pièces présentes est une vraie réussite. Toutes sont de la main d’Ant, exceptée "Moonfall", co-écrite avec Rupert Hine (producteur de Wise After the Event et Sides, souvenez-vous) plusieurs années auparavant. Comme on peut le penser, le style devrait être "classique" et en réalité, il est... néoclassique. Ant fait valoir ses chères influences dans ce domaine, en particulier Claude Debussy ainsi qu'il a déjà été signalé dans ces pages. Les morceaux se succèdent, tous aussi beaux les uns que les autres, chacun étant chargé d'images, en parfait accord avec leurs titres, une fois de plus choisis avec soin. Inutile de dire que le rapport entre ces quelques mots et cette profusion de notes tour à tour caressantes, enjouées et mélancoliques, est très fort. Curieuse mais enthousiasmante idée de trame que celle des "chiens de la mer" que l’on peut joyeusement s’imaginer au petit matin au contact de leur air si pur, ou confortablement installés dans leurs "havres de paix"... Cette énonciation est tout bonnement scandaleuse de simplicité je sais, mais les mots même les plus précis ne peuvent retranscrire toutes les émotions que procure la musique d'Ant. Cela fait une suite merveilleuse de plus à son actif...

Pour les autres pièces, c'est le même type de raisonnement. Splendide projection sur l’hiver avec la neige qui tombe au dehors, ou réflexions nostalgiques pendant les quinze minutes passées à l’intérieur de la vieille maison... Tout est bon pour arrêter son activité et se détendre par le contact de cette musique douce. Il y a bien des moments, notamment sur "The Old House" où elle s'emballe, mais ce morceau d'un quart d'heure reste un concerto très abouti. Dans le genre développement à la fois mélodique et rocambolesque, vous pouvez vous laisser porter par les tourbillons de doubles croches de "Rapids". "Safe Havens", "A Winter’s Thaw", "Sunrise Over Sienna" et même le très efficace "Tara’s Theme", pour ne citer qu’eux, sont sans doute, parmi les morceaux présents, les plus représentatifs du romantisme anthonyphillipsien, qui n'a décidément rien perdu de sa force depuis les lointaines heures de Trespass, et Ivory Moon en est une nouvelle preuve. On remarque aussi que même si les développements nous promettent des écoutes enrichissantes en termes de musicalité, le musicien s'en sort bigrement bien pour trouver des thèmes et "refrains" accrocheurs ("Moonfall"...) Encore un album à écouter tard le soir, à l’image de la peinture de la pochette, je l'ai fait plus d'une fois et je peux vous garantir que c'est le moment où il se savoure le mieux.

Avec la réédition CD de 90, Ant a bienheureusement rajouté le somptueux "Let Us Now Make Love". Il s’agit d’une version piano solo d’un vieux titre, composé et enregistré par Genesis en 1969 ! L’adaptation est tout à fait fidèle, même si Ant a troqué certaines fioritures de la mélodie chantée pour d'autres, et le fait que ce ne soit qu’un instrument qui joue tout seul n’est en rien dérangeant, au contraire. En matière de romantisme, on fait rarement mieux… Ivory Moon est un sommet, rien de moins.

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   MARCO STIVELL

 
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- Anthony Phillips (piano)


1. Suite : Sea-dogs Motoring - I) Sunrise Over Sienna
2. Ii) Basking Shark
3. Iii) Sea-dogs' Air
4. Iv) Safe Havens
5. Tara's Theme (from Masquerade)
6. A Winter's Thaw
7. The Old House
8. Moonfall (from Masquerade)
9. Rapids
10. Let Us Now Make Love



             



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