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FOLK  |  STUDIO

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 Bob Dylan: Bobdylan.com (1467)

Bob DYLAN - The Freewheelin' Bob Dylan (1963)
Par ERWIN le 8 Décembre 2009          Consultée 5520 fois

Malgré l’accueil mitigé que la critique fait à son premier album éponyme, Bob Dylan sauve sa tête de justesse auprès du boss de Columbia – avec l’appui du grand Johnny Cash –, et se remet à composer de plus belle pour son deuxième 33 tours. L’évolution du jeune Bob est évidente et rapide, car si seulement deux chansons originales composaient un premier album "d’adolescence" bourré de reprises, ici les treize "protest songs" présentes sont originales – les deux reprises sont transfigurées – et vont lui ouvrir les portes de la renommée.

L’album débute par "Blowin’ in the wind" qui devient immédiatement l’hymne d’une génération de futurs soixante-huitards (PETER, PAUL and MARY la reprendront cette même année) ! La mélodie se grave dès la première écoute dans chaque mémoire et est aujourd’hui plus qu’un immense standard de la folk : un classique de la musique du XXe siècle ! DYLAN se présente en fier émule des poètes routards, des beatniks, et sur des thèmes fatalistes, narre les malheurs des hommes au gré de ballades vindicatives.
L’album continue sur "Girl from the North Country", une complainte sur laquelle plane l’ombre de Jack Kerouac, bluette sentimentale sur fond de grands espaces américains, qui inspirera visiblement "April" de SIMON & GARFUNKEL. La pacifiste et rebelle "Masters of War", réquisitoire contre les vendeurs d’armes, nous montre un DYLAN peu enclin à se laisser marcher sur les pieds : la rythmique hypnotique de sa guitare force l’écoute de l’auditeur qui ne peut qu’adhérer à l’accusation portée par le jeune rebelle. Thème des milliers de fois repris depuis… Ne nous y trompons pas, c’est une chanson agressive et violente aux paroles acérées : "Even Jesus would never forgive what you do"… "Corrine Corrina" est l’étonnante reprise d’un standard de country blues, popularisé par Jerry Lee LEWIS et Bill HALEY durant les années cinquante ; un"tube » auquel Dylan va apposer un rudimentaire traitement folk. La chanson en devient méconnaissable, change d’identité, d’hymne rock devient un classique folk. Un tour de passe-passe comme seul le natif du Minnesota sait les tourner, d‘autant que le polisson inclut quelques éléments d‘un blues de Robert JOHNSON dans sa version…

Eclectisme, variétés des thèmes et des genres seront toujours au menu des œuvres du troubadour rebelle. Jamais là où on l’attend, toujours original, telle est sa marque de fabrique. Mais en attendant sa période "rock", Bob devient en cette année 1963 le Petit Prince de la folk music, reprend encore et toujours les envolées lyriques de son maître Woodie GUTHRIE et les mâtine d’une poésie toute ginsbergienne. On sent parfois poindre une touche de Rimbaud, comme sur la désespérée "A hard rain is gonna fall", relative à la crise des missiles opposant Kennedy et Khrouchtchev… JFK que l’on retrouve quelques arpèges plus loin sur "I shall be free" où DYLAN suggère au président rouquin de faire venir "Bardot, Loren et Ekberg" pour sauver les Etats-Unis ! L’homme a du goût…

Mais c’est bien par la justesse de son ton acerbe et inquisiteur que DYLAN devient le porte-étendard de la jeunesse. Les Etats Unis sont en mal de rébellion : l’establishment politique que représentent les Kennedy est bien lisse ; le retrait d’Elvis PRESLEY des affaires sérieuses laisse une adolescence orpheline ; c’est la fin de la première époque du rock’n’roll. La jeunesse est en manque d’un leader charismatique et idéaliste… DYLAN prend cette place vacante, devient dès son deuxième album le héros des jeunes contestataires qui vont beaucoup faire parler d’eux en cette décennie des sixties. Cela ne lui convient guère : il réfute aussitôt ce "leadership", se défend même : "Il y a de nombreuses manières d’écrire une histoire. Le sensationnalisme n’en est pas une". Le star-system n’est pas sa tasse de thé… Il n’aura de cesse de surprendre ses fans jusqu’à ses soixante printemps révolus avec des choix originaux, voire incompris.

En attendant, s’il ne sait toujours pas chanter, dixit la critique, l’élève est devenu un maître ; l’adolescent du premier album fait place à un jeune homme de conviction qui déclame haut et fort des textes d‘une beauté troublante, poétiques et sincères. Sa naïveté perdue, la nouvelle icône rentre dans un quotidien tourbillonnant fait d’excès en tous genres, et dont l’alcool et la drogue ne seront pas les moindres maux. Mais à l’image de la pochette, il se promène aussi dans Greenwich Village au bras de sa petite amie, tant il sait que l’amour reste la clé du bonheur de chacun.

Violence et amour resteront les deux faces majeures de DYLAN, caméléon musical de notre siècle. Album complexe enregistré en de nombreuses sessions réparties sur une année entière – fait rarissime pour l‘époque –, The Freewheelin’ le hisse auprès des plus grands.

Sa carrière ne fait que commencer … mais il est déjà une légende.

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   ERWIN

 
   MR. AMEFORGEE

 
   (2 chroniques)



- Bob Dylan (chant, guitare, harmonica)


1. Blowin' In The Wind
2. Girl From The North Country
3. Masters Of War
4. Down The Highway
5. Bob Dylan's Blues
6. A Hard Rain's A-gonna Fall
7. Don't Think Twice, It's Alright
8. Bob Dylan's Dream
9. Oxford Town
10. Talkin' World War Iii Blues
11. Corrina, Corrina
12. Honey, Just Allow Me One More Chance
13. I Shall Be Free



             



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