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JUDAS PRIEST - Painkiller (1990)
Par RED ONE le 29 Janvier 2014          Consultée 2182 fois

Eh ben voilà. On y est. Painkiller. Ca va pas être de la tarte les gars, c’est moi qui vous le dit.

1980 : JUDAS PRIEST pondait l'un des grands chefs d'oeuvre du heavy metal, British Steel. L'année s'y prête bien, de nombreuses autres formations britanniques (Motörhead, Iron Maiden, Saxon, Diamond Head...) sortent elles aussi des albums cultes durant cette année emblématique.
1990 : après 10 années jalonnées de grands succès commerciaux (Screaming For Vengeance, Defenders Of The Faith) et de disques plutôt maladroits (Point Of Entry, Turbo, Ram It Down), tout semblait indiquer que le Priest finirait, comme la plupart des grosses machines heavy metal des années 1980, par s'essoufler et devenir has been face aux nouvelles formations grunge turbulentes venues des USA.
Il n'en sera rien.

JUDAS PRIEST réussira en effet en 1990 ce qu'aucun autre groupe de sa catégorie n'a réussi à la même époque : sortir un nouveau classique du heavy metal alors que l'époque ne s'y prête guère et que plus personne n'attendait grand chose des Anglais. Ce nouvel album culte, c'est bien évidemment Painkiller, un album devenu célèbre autant pour les hits légendaires qu'il contient que pour sa fantastique pochette, signée par Mark Wilkinson. Cette pochette marque l'arrivée d'une nouvelle mascotte, le... Painkiller (dont l'origine remonte aux années 1970, mais ça j'en ai déjà parlé ailleurs il me semble), sauveur d'une humanité en péril au guidon de sa terrifiante moto-dragon. C'est assez kitsch quand on voit les pochettes réalisées de nos jours dans le milieu du heavy metal, mais curieusement cet artwork semble avoir plutôt bien vieilli.
Je pourrais clore dès à présent cette chronique en vous conseillant, si vous ne connaissez pas bien JUDAS PRIEST et que vous n'avez jamais écouté Painkiller, d'aller vous farcir fissa cet album en entier afin de combler cette impardonnable lacune dans votre culture générale.
Pour ceux qui veulent quand même en savoir un peu plus dans le détail avant de partir tenter de dompter la Bête, restez donc, je ne vais quand même pas vous abandonner comme ça aux fouets impitoyables de Rob Halford...

Petit retour en arrière, en 1989 : à cette époque, JUDAS PRIEST n'est plus tout à fait le même. Le batteur Dave Holland, fatigué des tournées incessantes, est définitivement parti. Le producteur Tom Allom, aux manettes depuis 1979, également. Un vent de fraîcheur souffle alors sur les Forges de Birmingham, et de nouveaux protagonistes entrent en scène. Aux baguettes, un certain Scott Travis, ancien batteur de RACER X et citoyen américain, à la réputation de cogneur déjà bien établie. Derrière la console, le fameux Chris Tsangaridès, producteur britannique de renom ayant travaillé avec THIN LIZZY et ANVIL (mais également brièvement avec BLACK SABBATH sur The Eternal Idol, trois ans plus tôt). Tsangaridès avait par ailleurs déjà travaillé en tant qu'ingénieur du son pour JUDAS PRIEST lors de l'enregistrement de Sad Wings Of Destiny (1976)...

L'entrée en matière se veut sévère et radicale : c'est bien entendu "Painkiller", titre sur lequel on comprend de quoi il retourne dès les premières mesures de batterie de Scott Travis. Ca tabasse dans tous les sens, la production est colossale et les hostilités prennent une tournure résolument monstrueuse dès que les guitares se mettent à hurler puis que Rob Halford entre enfin en scène. Il n'y a pas de mots assez forts pour décrire ce titre, je suis désolé : tout est... énorme, surpuissant, dantesque. Un titre qui retourne radicalement l'auditeur, qui se veut sans concessions, sans compromis aucun. Les solos sont cataclysmiques, on dirait une pluie de météorites atomiques, et le chant surhumain de Halford relève de la performance olympique. C'est clair et net : en 1990, JUDAS PRIEST n'a jamais été aussi violent. On en est pourtant qu'à la première chanson de l'album, et la mandale assénée est déjà bien méchante. Ca promet !

Passé ce titre anthologique, la suite se veut du même acabit. La quasi-totalité de l'album est une collection de brûlots speed aux riffs monumentaux : "Hell Patrol", "Between The Hammer And The Anvil", "All Guns Blazing", "Metal Meltdown", "Leather Rebel"... Autant de rafales de sulfateuse, autant de baffes sonores infligées lourdement par des musiciens qui semblent dopés aux amphétamines.
À l'instar de la piste d'ouverture, certains autres titres se démarquent quand même un peu du reste : on citera notamment "Night Crawler", un titre heavy très puissant où Rob Halford chante quand même de manière un peu plus mesurée mais qui se hisse également parmi les moments les plus forts de cet album. On citera également la très émouvante "A Touch Of Evil", pépite parmi les pépites, puissante ballade épique au charme ravageur. À noter que l'album compte une nouvelle piste instrumentale, "Battle Hymn", qui se veut dans la veine d'un "The Hellion" et que le groupe réutilisera massivement comme piste d'ouverture de ses concerts dans les années à venir.

Peut-on réellement faire des reproches à cet album ? J'avoue que j'ai vraiment du mal. On pourrait à la rigueur se plaindre que l'album ne laisse aucun répit à l'auditeur, qu'il n'y ai pas de véritable moment de repos, que l'album soit un poil trop bourrin par rapport à ses glorieux prédécesseurs. Allez, certains titres sont un tout petit peu moins marquants que d'autres ("One Shot At Glory", "Leather Rebel", "Metal Meltdown"...), mais Painkiller est quand même d'une unité, d'une homogénéité et d'une solidité à toute épreuve. La production est titanesque, les solos sont à couper le souffle, la totalité des titres traitent de thèmes futuristes ou épiques, aucune chanson d'amour niaise ne vient obscurcir un tableau de maître qui se veut résolument agressif et sans pitié.

Les deux raisons de la mutation spectaculaire du son de JUDAS PRIEST sur cet album sont par ailleurs assez simples à définir : la première se nomme Scott Travis, et la deuxième se nomme thrash metal.
Scott Travis, avec son jeu surpuissant, sa double pédale impitoyable et sa brutalité extraterrestre, est réellement le musicien qui porte l'album. Ca n'est d'ailleurs pas un hasard si c'est lui qui ouvre les hostilités à l'aide d'un solo de batterie sur "Painkiller". La réussite de Painkiller doit donc énormément à Scott Travis. La différence entre Dave Holland et lui semble même plutôt cruelle pour l'ex-batteur des années 1980, mais la transition Ram It Down (1988), où le groupe s'était servi d'une boîte à rythme pour durcir ses sonorités, avait quelque peu préparé le terrain.
Enfin, on ne peut nier l'influence du thrash metal lors de la gestation de cet album. Depuis la fin des années 1980, le Big Four du thrash américain s'affirme ainsi comme la génération montante du metal : METALLICA, SLAYER, MEGADETH, et ANTHRAX commencent à remplir eux aussi des stades et à publier des albums cultes. Les membres de JUDAS PRIEST, qui n'ont jamais caché leur goût pour la modernité, écoutent donc attentivement tout ce qui sort et ce qui marche à l'époque. Alors qu'un album tel que Turbo (1986) pouvait être légitimement taxé d'opportunisme en raison de ses sonorités très commerciales à une époque où le metal "mainstream" triomphait sur les ondes, Painkiller prend un chemin radicalement inverse mais ne copie pas pour autant sans vergogne le thrash US et ses sonorités punk. Car Painkiller reste un album définitivement heavy, épique et racé, encore emprunt d'un esprit mélodique typiquement british mais considérablement gonflé à la testostérone.
En somme, Painkiller, c'est l'anti-Turbo.

L'impact de cet album sur toute une génération de musiciens fut immense, et ce dès sa sortie. Bien qu'il ne fut finalement qu'une sorte de chant du cygne pour JUDAS PRIEST (qui se séparera un an et demi après sa sortie), il donna toutefois ses lettres de noblesse au speed/power metal tel que le pratiqueront toute une armada de groupes dans les années 1990 (en majorité des groupes germaniques). Il parvint même à occulter dans la mémoire collective ses glorieux prédécesseurs que furent British Steel (1980), Screaming For Vengeance (1982) ou encore Defenders Of The Faith (1984). De nos jours, la plupart des gens qui ne connaissent JUDAS PRIEST que de réputation vous citeront d'abord et avant tout Painkiller.

Suite à la parution de cet album, JUDAS PRIEST partira dans une immense tournée mondiale qui s'étalera sur toute l'année 1991, accompagné par d'autres étoiles montantes du thrash metal telles que PANTERA et SEPULTURA. Mais malgré un succès commercial qui ne se démentait pas, il y avait bien quelque chose de pourri au royaume de Judas. Les tensions entre Halford et le reste du groupe, jusqu'ici ténues, ne firent que s'accroître, et Halford n'arrangea pas les choses fin 1991 en fondant un side-project en compagnie de Scott Travis, baptisé FIGHT. Le divorce fût officiellement consommé en mai 1992. Sévèrement affecté par le départ de son chanteur emblématique, JUDAS PRIEST préférera mettre temporairement la clé sous la porte. Il faudra alors attendre l'année 1996 pour que le groupe ne se reforme enfin, mais sans Rob Halford cependant.

En attendant, la messe est enfin dite : Painkiller vous prends tous un par un et vous mets la misère. Car Painkiller est définitivement l'album ultime du PRIEST, et l'une des pierres angulaires du heavy metal.
Même si au final vous n'aimez pas cet album et que vous lui préférez d'autres opus de la discographie des Anglais (ce qui est fort compréhensible), vous avouerez quand même qu'il ne laisse personne indifférent.

Titres inoubliables : TOUS.

Note : 666/5.

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- Rob Halford (chant)
- Glenn Tipton (guitare)
- K. K. Downing (guitare)
- Ian Hill (basse)
- Scott Travis (batterie)


1. Painkiller
2. Hell Patrol
3. All Guns Blazing
4. Leather Rebel
5. Metal Meltdown
6. Night Crawler
7. Between The Hammer And The Anvil
8. A Touch Of Evil
9. Battle Hymn
10. One Shot At Glory



             



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