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VARIETE FRANCAISE  |  STUDIO

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Céline DION - D'eux (1995)
Par MARCO STIVELL le 21 Décembre 2014          Consultée 1292 fois

L'album francophone le mieux vendu sur Terre. Quarante-quatre semaines (non-consécutives) au hit-parade, des tubes à la pelle, des récompenses qui pleuvent... De Paris à Montréal, de Londres à Stockholm, de Copenhague à Wellington, on ne parle que de lui durant ce printemps 1995. La France rayonne ainsi et de manière éphémère sur le plan musical. Ah ça, pour sûr, elle peut être fière d'eux !

D'eux, oui, parce qu'ils sont deux, et que ça vient d'eux, de leurs forces conjointes. Elle, une jeune chanteuse québécoise de renommée mondiale, révélée en France grâce à ses reprises de Starmania. Lui, un touche-à-tout, qui transforme en or (ou en francs) tout ce qu'il effleure de la main, et à qui il ne manquait que ce type de victoire. Depuis dix ans, Jean-Jacques Goldman est partout sur les écrans de France, et c'est la voix de Céline Dion qui va porter sa bonne parole autour du globe.

Avec le recul, on ne peut que constater à quel point c'était mérité. On aime ou pas le style, mais D'eux est un de ces coups d'éclat comme il s'en produit rarement chez nous, et qui valent bien des équivalents anglo-saxons. Certes, cela doit beaucoup à la renommée de Céline Dion, au tandem homme-femme, et sans tout cela, peut-être que D'eux n'aurait pas forcément fait mieux que Gang pour Johnny Hallyday (mais déjà, c'était loin d'être peu de choses !).

C'est que ce cher Jean-Jacques sait y faire, avec sa science des mots courants et mis dans le bon ordre, à un ou deux néologismes près (de quoi faire tiquer toujours, mais les langues ne sont guère plus figées que les notes, convenons-en) ; son art de la mélodie finement dessinée et bien portée par l'arrangement. À ce titre, on remarque que Goldman l'instrumentiste s'est effacé cette fois, laissant tout à Erick Benzi, Roland Romanelli, Patrice Tison et ses autres collaborateurs habituels.

En outre, il fallait compter sur un élément de taille, la voix surpuissante de Céline Dion qui, bien avant toutes les parodies que l'on a pu faire d'elle ainsi que l'affluence des chanteuses à voix canadiennes en cette seconde moitié d'années 90, n'avait pas sa pareille. Avec Jean-Jacques, Céline a accompli un effort non-négilgeable pour revoir sa prononciation, et s'éloigner complètement de toutes ses interprétations passées. Elle dira d'ailleurs que Goldman l'a faite « déchanter »...

L'homme, qui tient le projecteur, demande à la belle (ici sans la bête, sauf dans le coffre vocal) de faire moins d'ornementations mélodiques. Céline travaille cependant au mieux et donne tout dès le premier morceau, la déclaration d'amour ensorceleuse « Pour Que Tu M'aimes Encore », et jusqu'au refrain final, son point culminant. Un titre gracieux, fort et qui se place au-dessus du reste, comme cette rencontre que l'on ne fait qu'une fois dans une vie.

On aurait pourtant tort de reléguer la suite aux oubliettes, et ce ne sont certainement pas les tubes qui prouvent le contraire. L'autre morceau éthéré, beaucoup plus glacial et ambiancé, « Je Sais Pas », est composé J. Kapler qui n'est autre que Robert, le petit frère Goldman. Ca n'en reste pas moins du grand art, avec la chanteuse hantée par chaque mot, le saxophone déchirant et les guitares cinglantes.

Même matraqués sur les radios, « J'irai Où Tu Iras » et « Les Derniers Seront les Premiers » font toujours leur effet, le deuxième surtout par son élégance. « Destin » se veut contrasté par la gracile légèreté de son texte et l'aspect rock de la musique. On appréciera la progression à partir de ce titre qui veut que « l'homme de l'ombre » soit de plus en plus présent sur ces titres vocalement parlant, jusqu'au duo endiablé avec Céline sur « J'irai Où Tu Iras ».

Surtout, on sait que Goldman a tendance à réutiliser plusieurs fois (dans un temps limité) les mêmes suites d'accords, et on apprécie le fait que ce disque contienne des genres peu exploités par lui à cette époque. Le blues par exemple, pourtant largement développé sur l'album Rouge deux ans plus tôt, est ici humblement et joliment représenté par « Le Ballet », autre ritournelle sur l'amour. Céline donne ensuite tout ce qu'elle a sur le torride « Regarde-Moi », rehaussé de cuivres façon rhythm'n'blues. Beaucoup plus tard en fin d'album, elle revient à une sobriété exquise sur « Vole », ballade aérienne dédiée à sa nièce Karine, emportée par la mucoviscidose.

Dans tous les cas, elle excelle, et même parfois un peu trop (« Prière Païenne »). Le crescendo de « Regarde-Moi » autant que la densité de « Pour Que Tu M'aimes Encore » sont taillées sur mesure pour elle. Ce sont tous ces éléments qui rendent ce disque très bon, même si l'on reste un peu dubitatif devant le « Cherche Encore » de Erick Benzi (deuxième et dernière contribution non-écrite par Jean-Jacques) et une fin d'album qui tire en longueur, hors « Vole » qui demeure splendide. Prenez des tubes, ajoutez quelques autres petites perles (« Le Ballet », « Regarde-Moi », « La Mémore d'Abraham »), arrosez d'un son clinquant, c'est prêt. Vous pouvez servir, et vous resservir.

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   MARCO STIVELL

 
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- Céline Dion (chant)
- Jean-jacques Goldman (composition, arrangements, chant)
- Erick Benzi (arrangements, claviers, programmations)
- Christophe Deschamps (batterie)
- Yannick Hardouin, Neil Jason (basse)
- Patrice Tison, Basile Leroux (guitares)
- Roland Romanelli, Arnaud Dunoyer De Sego (piano)
- Denis Leloup (trombone)
- Christophe Nègre, Sylvain Beuf (saxophones)
- Antoine Russo, Christian Martinez (trompette)
- Carole Fredericks, Yvonne Jones, Beckie (choeurs)


1. Pour Que Tu M'aimes Encore
2. Le Ballet
3. Regarde-moi
4. Je Sais Pas
5. La Mémoire D'abraham
6. Cherche Encore
7. Destin
8. Les Derniers Seront Les Premiers
9. J'irai Où Tu Iras
10. J'attendais
11. Prière Païenne
12. Vole



             



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