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Giorgio MORODER - Solitary Men (1983)
Par BAKER le 12 Octobre 2018          Consultée 130 fois

Il est de ces disques de variété, pour ne pas dire de variétoche, qui possèdent tant de savoir-faire que malgré un intérêt artistique proche du néant, ils ne peuvent que ravir le mélomane béat et magnanime qui sommeille en chacun de nous. Solitary Men est de ceux-là, sans doute possible : un disque qui n'apporte strictement rien à la musique en tant qu'art, mais qui décrasse les oreilles de façon régulière et que l'on écoute en entier avec un plaisir coupable. Les sons de synthé sont majoritairement moyens, pour ne pas dire plus, la rythmique souvent facile, mais en quoi cela serait-il répréhensible ? J'ose l'affirmer bien haut : coupable votre honneur !

L'album naît d'une rencontre. A gauche, MORODER qui, à l'époque, a délaissé sa carrière purement discographique pour s'en mettre plein les fouilles (non sans un certain plaisir de notre part) en tant que compositeur de musiques de films, mais également "directeur musical" de grosses productions, en bref chargé, lorsqu'il n'écrit pas les chansons lui-même, d'en découvrir chez les autres. A ma droite, Joe ESPOSITO, choriste de luxe, chanteur et compositeur pour plusieurs artistes dont Donna SUMMER, que MORODER connaît évidemment bien. Les deux hommes donnent naissance à la chanson "Lady Lady" que MORODER sélectionne pour le film Flashdance (on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même) et tant qu'on y est à un album complet.

Cet album tranche net avec les anciens albums du Suisse. Ne cherchez plus la moindre trace d'expérimentation, que ce soit au niveau sonore, écriture, format ou autre. Solitary Men, qui sur de nombreux pressages est simplement intitulé "Giorgio Moroder feat. Joe Esposito", est un disque de variété / synthpop comme il en existait tant dans les années 80 : 11 chansons, aucune au-dessus de 4 minutes, couplet / refrain / solo, synthétiseurs froids, batterie métronomique, basse synthétique, tout est fait pour taper du pied et chanter par-dessus. Et il faut admettre que ce piège fonctionne.

La déclaration de solitude exaltée du titre-phare, la douceur nostalgique du célèbre "Lady Lady", le couleur variétoche italienne irrésistible d'un "Love Affair" qui relance la face B plus sûrement qu'un selfie relance l'affaire Benalla, le rythme lancinant, presque ennuyeux, de "Show Me the Light" qui prépare le terrain façon Caterpillar pour un refrain immanquable, tout cela sent la maîtrise formelle de vieux goupil, la recherche d'une musique récréative qui tape dans le mille. MORODER connaît la chanson, si je puis dire, et le tracklisting du disque ne souffre d'aucun défaut, malgré la présence de quelques titres moins consistants.

"Too Hot" par exemple présente la facette disco du monsieur, par laquelle on le connaît mieux, mais c'est un peu tournant en rond. Hypnotique et pas inintéressante harmoniquement, "Washed in Neon Light" est un peu répétitive ; la reprise, encore une fois, de "Nights in White Satin" n'a pas la candeur espiègle de la version "pyjama de satin gris" de 76. Mais aucun titre n'ennuie au point d'appuyer sur skip (ou, bien plus probablement, de bouger le diamant sur la platine). Si les synthés sont parfois à la limite du bon goût (ah, ce solo de faux harmonica sur "My Girl", piège dans lequel tombe Tony BANKS la même année !), la voix très chaleureuse d'ESPOSITO fait tout passer, notamment sur le titre final un peu cucul mais plein de bonne volonté.

Naviguant avec aisance entre ballades bien torchées, chansons dansantes correctes et titres plus énergiques où ESPOSITO fait des merveilles (le refrain de "My Girl", ainsi qu'un formidable "White Hotel" aux guitares plus acérées que d'habitude), le duo aidé des sidemen habituels de MORODER (le trio de choc Sylvester "Supercopter" LEVAY / Keith "Don't You Forget About Me" FORSEY / Richie "... Non, rien" ZITO *) propose un disque impeccable de simplicité. Il n'y a que très peu de réussites formelles, mais l'ensemble est un parfait exemple des disques mineurs des années 80, de ceux qu'on a finalement écoutés bien plus que de réels chefs-d'oeuvre parfois trop imperméables. Pas génial mais certainement pas nul : c'est au milieu, c'est merveilleux !

Note finale : 3,5/5 que je monte à 4 pour des raisons sentimentales

* Humour ! Le CV de ZITO est long comme un album de VIANNEY

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   BAKER

 
  N/A



- Joe Esposito (chant, choeurs)
- Giorgio Moroder (claviers, prog)
- Sylvester Levay (claviers, prog)
- Keith Forsey (batterie, percussions)
- Richie Zito (guitare, basse)
- Dino Solera (saxophone)


1. Solitary Man
2. Show Me The Night
3. My Girl
4. Too Hot To Touch
5. Diamond Lizzy
6. Washed In The Neon Light
7. A Love Affair
8. Nights In White Satin
9. Lady, Lady
10. White Hotel
11. To Turn The Stone
- bonus Tracks Remaster (provenant D'autres Sessio
12. Face To Face
13. Chase 1985 Remix
14. Valley Of The Dolls



             



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