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VARIETE INTERNATIONALE  |  B.O FILM/SERIE

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- Membre : Bande Originale De Film
- Style + Membre : John Barry , Michael Kamen & Orbital , David Arnold And Michael Price, Thomas Newman, Hans Zimmer

JAMES BOND - Dangereusement Vôtre (john Barry) (1985)
Par MARCO STIVELL le 21 Août 2021          Consultée 833 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Roger Moore a tourné dans sept films James Bond. Il est ex-aequo avec Sean Connery, même si ce dernier n'arrive à ce nombre que grâce à un film resté en dehors de la saga officielle. Après 1973, EON Productions avait toujours prévu de remplacer Moore, au cas où celui-ci dirait non pour revenir au prochain coup. L'acteur anglais, d'une grande cool-attitude a continué avec le sourire, mais en 1985, pour son petit dernier appelé A View to a Kill/Dangereusement Vôtre (la tournure française rend joliment hommage à son passé dans la série TV Amicalement Vôtre), il commence à déchanter, non pas envers son rôle mais lui-même ! Lui qui profitait jusque là très largement des avantages du fait d'incarner James Bond, il a alors une liaison avec la mère de Tanya Roberts (sa coéquipière dans le film qui nous intéresse ici) et s'aperçoit qu'il est nettement plus âgé qu'elle. À 58 ans, Moore se dit qu'il est temps de laisser la main afin que James Bond redevienne plus jeune...

Dangereusement Vôtre, son dernier film, pourrait bien être son meilleur, malgré un début 80's qui a mis déjà haut la barre en termes de qualité bondienne (Rien Que Pour Vos Yeux en 1981, Octopussy en 1983). Il s'inspire de la nouvelle Bons Baisers de Paris, traduction de From a View to a Kill, tirée du recueil éponyme publié par Ian Fleming en 1960, une des cinq qui le composent sachant que deux autres ont déjà nourri le scénario de Rien Que Pour Vos Yeux. L'intrigue qui nous plonge à Paris (que Bond n'aime visiblement pas beaucoup, même s'il y a ses adresses, hôtels, restaus etc) et dans la campagne ouest de la capitale (près de Saint-Germain-en-Laye) parle d'un meurtre commis par des membres du KGB. Bond, aidé par l'agent de liaison Mary Ann Russell, blonde superbe, les traque avant de repérer leur cachette souterraine improbable en pleine verdure.

A View to a Kill/Dangereusement Vôtre, troisième effort consécutif et plus que convaincant de John Glen, ne garde que peu d'éléments d'une aventure plutôt mince, bien que non dénuée de charme : le titre original en anglais, l'ouest parisien rural (même si niveau tournage, on est plus au nord dans l'Oise, au château de Chantilly), la jeune femme blonde superbe et peut-être aussi la cachette-labo souterraine dans l'écurie ouverte par mécanisme. Le méchant, Max Zorin, un entrepreneur super-intelligent et véritable psychotique, est incarné par le grand acteur américain Christopher Walken (Voyage au Bout de l'Enfer, La Porte du Paradis, Brainstorm...). Avec Grace Jones, la mannequin jamaïcaine et égérie de la mode devenue chanteuse qui joue ici le personnage de May Day, tueuse de sang-froid, ils forment un couple sulfureux et génial, qui tend vers l'androgynie. À noter que le compagnon de Jones, à l'époque Dolph Lundgren, ami de Sylvester Stallone qu'on verra dans Rocky IV la même année et Creed II beaucoup plus tard sans parler des Expendables, fait une première apparition cinématographique aux côtés de ce cher vieux Walter Gotell/général Gogol, leader du KGB qu'on a croisé plusieurs fois dans James Bond ces dernières années.

En face du duo méchant, on a donc Roger Moore toujours classe du haut de son grand âge, et quelques James Bond girls de choix dont la plus belle reste Tanya Roberts, en plus d'être l'une des premières à avoir un rôle déterminant pour la stratégie et l'action finale. Une de mes préférées toutes époques confondues, avec Jane Seymour pour la période Moore (à croire que j'ai un faible pour les jeux d'actrices approximatifs !). Même si le film est sorti en 1985, il ne s'ancre pas suffisamment dans son époque ni ne fait étalage des défauts divers de ces années-là. Tout le long des scènes à Chantilly, par exemple, c'est d'un charme précieux. Les séquences finales à San Andreas puis sur le Golden Gate en zeppelin sont grandioses... Moins exotique que d'autres, ce Bond-là n'en est pas moins brillant. Un superbe baroud d'honneur pour l'acteur Moore qui, partagé entre sa maladie et ses engagements dès les années 90, demeurera présent mais ne retrouvera plus jamais un tel succès.

Une partie de l'équipe est elle aussi en passe d'être renouvelée : il s'agit aussi du dernier Bond avec l'actrice Loïs Maxwell, alias miss Moneypenny depuis les débuts en 1962, âgée de 58 ans elle aussi, quel sacré faux couple ! John BARRY tient à rester encore un peu à sa place en revanche. Et si ces années 85-87 ne sont pas ses plus connues, même pour la saga d'espionnage la plus célèbre, il y a de quoi en dire beaucoup de bien.

John BARRY, chef d'orchestre qui a connu les années classiques du cinéma et les a incarnées d'un point de vue musical, revenu par ailleurs en 1985 à l'idée d'un gunbarrel totalement orchestral (ce qui n'était même pas le cas lors de la grande première en 62 !). La grande surprise est de l'entendre se rapprocher de DURAN DURAN, groupe pop typique des années 80, anglais comme lui certes, mais une sorte d'antithèse musicale, du moins comme on aime bien le penser de façon courante. En tout cas, cela donne "A View to a Kill", et c'est excellent ! Dire qu'à la base, tout vient d'une soirée entre célébrités où Albert 'Cubby' Broccoli, le producteur de la saga, s'est vu apostropher par un John Taylor (bassiste de DURAN DURAN) ivre qui lui a demandé quand est-ce qu'il comptait employer enfin des interprètes convenables pour interpréter un générique de James Bond. Une dose de culot, une autre de frime, mais qui ont bien payé !

Au moment de la rencontre entre BARRY et les cinq gars jeunes premiers de Birmingham, ceux-ci n'avaient que du matériel musical rudimentaire et le chef d'orchestre n'a pas tardé à assembler les idées convenablement, les mettre dans la bonne direction. Pour un peu, il a eu le même rôle que George Martin avec les BEATLES (ceci dit pour rappeler que MARTIN a aussi été compositeur en chef, le premier hors-BARRY, pour la saga James Bond en 1973) même si il y a décalage net de génération et même si le travail fini est plus classique, pour une pop bien calibrée. En plus, l'Américain Bernard Edwards, moitié du tandem du groupe funk CHIC, vient gérer en partie la production. Il m'est même arrivé de croire que la partie de guitare rythmique en son clair était le fait de l'autre moitié de CHIC, à savoir Nile Rodgers.

De tout ce que l'on voit et entend dans le film, "A View to a Kill" est le seul élément franchement eighties. Et ce depuis la batterie compressée jusqu'aux sons de cuivres-synthés employés par l'ombrageux Nick Rhodes, en passant par la réverbération ambiante ou même la voix sucrée de Simon Le Bon, très caractéristique de ceux à quoi doivent ressembler les top singles britanniques d'alors. Pas de trace d'autres arrangements (BARRY fera différemment pour la chanson du film suivant en compagnie des Norvégiens de A-HA), les cuivres étant totalement programmés, avec des sonorités agressives et c'est bien la seule chose à redire concernant un titre aussi réussi. Le reste mélange à merveille refrain efficace, couplets planants (meilleur moment de l'ensemble), force pop-rock et éléments modernes. Et c'est une belle incarnation de l'esprit de la BO comme du film, très 'fire and ice' comme disent les Anglais, feu (refrains) et glace (couplets).

Si l'on excepte quelques éléments extérieurs comme le célébrissime "Printemps" des Quatre Saisons de VIVALDI durant la réception au château de Chantilly ainsi que "California Girls" des BEACH BOYS pendant la scène de Moore/Bond en snowboard dans la Sibérie la plus orientale, il n'y a de place ici que pour BARRY avec ses compositions orchestrales les plus traditionnelles. Et encore, il fait quand même appel à Andy Taylor, guitariste de DURAN DURAN, pour des solos teintés de lyrisme autant que de bends et de hammers (techniques courantes) pour le même thème récurrent. Il s'agit d'un tango peu fidèle à l'esprit argentin d'origine et qui est un leitmotiv de l'action ("Snow Job", "He's Dangerous", "Golden Gate Fight"). Classe intégrale et la sensation d'une belle boucle bouclée. Après tout, la légende de James Bond, c'est aussi dès le départ un thème de guitare électrique, celui de Monty NORMAN, relevé par l'orchestre de John BARRY !

Autant sur ce faux tango, on reconnaît la patte noire de "On Her Majesty's Secret Service" (1969), autre thème d'anthologie, dans la progression des accords ici, autant on se laisse surprendre par le nombre de marches sombres qui pullulent sur cette BO. Par rapport aux ambiances/tensions d'Octopussy (1983), les mélodies sont meilleures, le résultat plus prenant même sur disque, hors images. "Destroy Silicon Valley" a un air de "Goldfinger". "Mayday Jumps", la scène de course-poursuite entre Moore/Bond et Grace Jones/May Day, sans oublier les cascades folles en voiture de notre cher bon vieux Rémy Julienne, offre même une des innombrables citations du thème James Bond, puisqu'on en parlait, mais pas la meilleure de BARRY certes.

Si l'atmosphère n'est pas franchement différente d'un bout à l'autre, la BO se révélant fort homogène, il est intéressant de se concentrer sur les détails d'un point de vue arrangement, les crescendos, les élans wagneriens dans la tension, les réponses entre instruments qui donnent le même plaisir sur "Tibbett Gets Washed Out" (mort du collègue de Bond sous une laverie mécanique pour voiture) que sur "May Day Bombs Out". Cela compense certaines facilités et reprises parfois superflues.

Autre valeur immense, les meilleurs moments musicaux du film sont directement liés à la chanson-générique du film, celle d'ouverture plutôt que la version écourtée et accélérée de la fin, repris par l'orchestre. Avec la distinction des couplets et des refrains bien marqués. Lorsque Moore/Bond et Roberts/Stacey Sutton échappent par miracle à la mairie de San Francisco devenue un vrai enfer, car Walken/Zorin et Jones/May Day y ont déclenché un incendie, c'est le thème dance into the fire! chanté par Simon Le Bon lors des refrains. Du très grand BARRY. Qui plus est, brillante scène héroïque et humoristique à la fois avec l'échelle des pompiers, le public de badauds qui observe, et qui précède l'une des meilleures scènes de courses-poursuites à Frisco avec la police, même pas sur les collines pour le coup. Le meilleur pour Moore, disait-on...

L'autre thème, celui des couplets de la chanson, meeting you with a view to a kill, le meilleur de tous, est utilisé d'une façon encore meilleure pour toutes les scènes douces avec la magnifique Tanya Roberts/Stacey Sutton. Au château de Chantilly, dans la maison vide de la campagne californienne, etc, et c'est un bonheur absolu. Malgré une variation légère et au saxophone pour le moment intime et bref avec Grace Jones/May Day, cela reste l'amour le plus lumineux décrit par John BARRY et quelques cors sensibles sur fond de cordes. Une seule bonne raison d'adorer cette BO pas complètement phénoménale certes, mais ô combien précieuse.

"A View to a Kill" constitue le premier numéro 1 dans les charts US pour une chanson James Bond. Dernier enregistrement de DURAN DURAN dans leur formation classique jusqu'aux années 2000, ils joueront régulièrement la chanson en live. Après la mort de John BARRY en 2011, ils lui rendent hommage, orchestre à l'appui, en livrant une superbe version du morceau qu'ils introduisent avec un medley instrumental comprenant "Goldfinger", "You Only Live Twice" etc.

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Collines rurales de San Francisco, dans une maison presque vide (à part la chambre à coucher).
« Vous êtes vraiment la plus belle de toutes celles que j'ai connues Tanya, et la plus intelligente !
-Vous oubliez Moneypenny, James ! Et puis je ne suis pas la meilleure joueuse vous savez...
-Actrice vous voulez dire. Je m'en moque.
-Oh James, vous semblez si sérieux pour une fois ! Pas de vacherie ? Même pas un peu de cynisme ?
-Je n'y tiens pas, c'est bien s'il n'y en a pas toujours, aussi ! »
Un long baiser passionné fit s'écouler le temps.
« Quand même, repris James Bond, vous pourriez au moins passer votre petite tenue, celle que vous aviez l'autre matin au réveil et qui met vos jambes si sexy très en valeur...
-Ah, vous revoilà, coquin ! répondit Tanya en riant.
-Que vous dites ! M'est avis que je ne suis pas le pire : Q ne va pas tarder à venir re-tenter de nous espionner avec une machine plus performante pendant que nous prendrons la douche, à notre façon bien sûr !
-Ah, tant pis, retournons-y maintenant que vous le dites ! »

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   MARCO STIVELL

 
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- John Barry (compositions, orchestrations)
- Simon Le Bon (chant, paroles)
- Nick Rhodes (claviers, synthétiseurs)
- Andy Taylor (guitares)
- John Taylor (basse)
- Roger Taylor (batterie)


1. Main Title Song: A View To A Kill
2. Snow Job
3. May Day Jumps
4. Bond Meets Stacey (a View To A Kill)
5. Pegasus' Stable
6. Tibbett Gets Washed Out
7. Airship To Silicon Valley
8. He's Dangerous
9. Bond Underwater
10. Wine With Stacey
11. Bond Escapes Roller
12. Destroy Silicon Valley
13. May Day Bombs Out
14. Golden Gate Fight
15. End Title Song: A View To A Kill



             



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