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Elvis PRESLEY - Elvis Is Back! (1960)
Par ERWIN le 17 Octobre 2009          Consultée 3958 fois

Bah voila, c’est marqué dans le titre… Elvis est de retour ! Seulement voila, si un critique de musique attendait le retour du King of Rock’n’roll, il en sera pour ses frais. Bien sûr, le fan, prêt à risquer sa carcasse pour son « Elvis » (et dieu sait s’il y en a des fous furieux de cet acabit), n’en a cure, il se jette donc comme un mort de faim sur cette galette estampillée « Elvis est de retour de l’armée ». Pour le critique, c’est une autre paire de manche… Le rockeur de « Blue suede shoes » et de « Jailhouse rock » est en congé longue durée c’est évident, RCA a réussi son pari de transformer Elvis Presley en produit formaté estampillé « tout public ».

Le son déjà est plus sophistiqué : nous avons là l’un des premiers albums enregistrés en stéréo. La voix du King est pleine et juste, vibrante et sensuelle, sans aucun doute. La folie des premières années a cependant disparu au profit de compositions plus mesurées, calibrées pour le monde des Teenage Idol plus que pour celui des rockeurs purs et durs ; il faut dire que les années 60 se prêtent peu au Rock’n’roll des origines, et seul Gene Vincent tente toujours de porter la bonne parole à une population de plus en plus isolée.
Cependant toute la fine équipe est réunie pour cet opus qui est annoncé en fanfare par les radios, la télé et la presse spécialisée : Scotty Moore et DJ Fontana sont de la partie.

Ce disque, très mesuré, où visiblement rien n’a été laissé au hasard, contient cependant des titres mémorables. Le plus emblématique est cette incomparable version de « Fever » –celle que tout le monde connaît, la version de Peggy Lee étant passée aux oubliettes depuis belle lurette – ; Elvis y est au sommet de son art vocal ; ce morceau figure donc logiquement en bonne place parmi les plus grands classiques de la musique populaire. QUI n’aime pas « Fever » ? Cela est-il seulement possible ? Sans doute mais je veux croire qu’elle est accessible à toutes les oreilles ainsi qu’à toutes les formes de goût : un véritable chef d’œuvre. Impérissable !

De nombreux rock agréables prennent place dans ce skeud à la pochette moins agressive que d’habitude, parmi ceux-ci : « Make me know it » et « Such a night » sont les archétypes de ce qui va devenir dès lors « le style Elvis » : c’est sympa, très calibré, sans révolutionner le monde du Rock ; on se dit qu’Elvis s’est assagi… et on a raison : « Girl next door went a walkin » est dans la même veine ! J’avoue avoir un faible pour « The girl of my best friend » pour laquelle j’ai toujours craqué, même dans mes pires turpitudes de black-métalleux !

La qualité est donc bien là, même si la folie nous a quittés. Le blues « Like a baby », réminiscence de l’époque King Creole, est bien agréable : la voix du King y est impeccable. « Reconsider baby » est un autre petit blues sans génie mais qui se laisse écouter. Dans les trips ratés nous avons « Thrill of your love » qui tente de reprendre les gimmicks des années 50, mais on est plutôt dans le big flop ; les Jordanaires nous pompe l’air à vocaliser comme des ânes derrière le King. « Soldier boy » me donne envie de jeter ma platine par la fenêtre, tant de mollesse et de mièvrerie… Aaaaargggh ! Soyons juste, cela reste écoutable, ce n’est donc pas la fin du monde. Trop de Jordanaires finit cependant par tuer le King, et on peut quand même relever cette évidence : les Jordanaires, groupe vocal qui était censé accompagner Elvis, a pris possession des lieux. Cela est bien dommage…

Au total, Elvis chante toujours aussi bien, mais parmi les vieux ! Certainement pas parmi les jeunes qui ne vont pas tarder à jeter leur dévolu sur Dylan aux USA, sur les Beatles et les Stones en Grande Bretagne. Que reste-t-il de cet album ? Beaucoup de plaisir, un brin de désillusion : à 26 ans, on aurait pu croire qu’Elvis ne se laisserait pas mener par le bout du nez par son manager le Colonel Parker. Attention, cet album est bon dans l’absolu, mais Elvis choisit une voie, celle du correct et du bien pensant. Rien de répréhensible, mais cela ne s’appelle pas de la maturité, plutôt du calibrage… ou du racolage ?
Cette version de « Fever » vaut tout de même son pesant de caramels mous ! Allez, je me la repasse encore une fois :

"Never know how much I love you
Never know how much I care
When you put your arms around me
I get a fever that's so hard to bear
You give me a fever"

Rien à faire, ça arrache la tête, même à la 2000ème écoute !

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   ERWIN

 
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- Elvis Presley (chant, guitare)
- Scotty Moore (guitare)
- Hank Garland (guitare, basse)
- Floyd Cramer (piano)
- Bob Moore (basse)
- D. J. Fontana (batterie)
- Buddy Harman (batterie)
- The Jordanaires (choeurs)
- Boots Randolph - Saxophone
- Charlie Hodge (chant)


1. Make Me Know It
2. Fever
3. The Girl Of My Best Friend
4. I Will Be Home Again
5. Dirty Dirty Feeling
6. Thrill Of Your Love
7. Soldier Boy
8. Such A Night
9. It Feels So Right
10. Girl Next Door Went A Walkin
11. Like A Baby
12. Reconsider Baby



             



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