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Elvis PRESLEY - Elvis' Golden Records Volume 3 (1963)
Par ERWIN le 18 Décembre 2009          Consultée 4053 fois

Au beau milieu d'une nuée de « films » destinés à un public averti de Die Hard, les Golden Records font office de récapitulatifs du meilleur d'Elvis. Alléluia ! Cette galette estampilllée numéro 3, sans atteindre au sublime du premier tome, est du même niveau que le deuxième, avec quelques années de plus et donc un aspect moins rock, plus « pop », mais les compositions sont d'une valeur indéniable.

L'opus s'ouvre sur la version de « O sole moi » par Elvis. Cette splendide comptine italienne trouve dans le King of Rock'n'roll un interprète à sa mesure. Et il est certain qu'à l'écoute de « It's now or never », plusieurs classes d'âge se pâment d’admiration. La voix d'Elvis est d'une clarté, d'une puissance et d'un velouté jusqu'ici inégalés. Cette chanson est aujourd'hui l'une des plus belles du XXe siècle, et se pose comme un lien intergénérationnel. Quel chef d’œuvre ! Elle me fait frissonner de bonheur à chaque fois et me donne la pêche, un vrai rayon de soleil.
Dans la continuité de la tradition italienne, « Surrender » est la resucée de « Sorrento » ; là encore, c'est une réussite totale, la texture de la voix emporte l'auditeur dans un ailleurs peuplé de cocotiers et de plages au sable fin et blanc.

Les deux grands succès du duo de compositeurs Doc Pomus/Mort Shuman sont de la partie : « His latest flame » est cette exceptionnelle chanson au rythme de guitare sêche, réminiscence des Everly Brothers, un joyau dont le scintillement perdure jusqu'à nos jours car elle n'a pas pris une ride. Le son en outre s'est radicalement transformé, il est infiniment plus moderne et fait rentrer Elvis de plein pied dans l'ère des 60s’. Cet album est d'ailleurs ce qu'Elvis fera de mieux dans les années 61-67. La performance vocale du King est phénoménale, comme sur « Little sister », ou des éléments plus raw – pourrait-on dire « hard » ? – font leur apparition. Nous sommes un an avant l'explosion des Kinks et des Who avec « You really got me » et « My generation », considérés comme les premiers morceaux hard rock de l'histoire. J'aurais tendance à penser que « Little sister » est le premier morceau hard rock... voilà c'est dit ! Votre chroniqueur s'est mouillé. Bien sûr le son est celui de 1964, mais l'esprit de la composition est avant-gardiste, ce n'est plus seulement du rock’n’roll.

Le brave Colonel Parker a demandé à « son » poulain de reprendre un air des années 20 : « Are you lonesome tonight » est sa chanson préférée, et il souhaite « l’offrir » à son épouse. Elvis ne peut refuser ce cadeau à son manager, et le résultat est au-delà des espérances. Une fois de plus, l'accent est mis sur les prouesses vocales d'Elvis ; on peut déplorer le manque d'agressivité du King depuis quelques années mais on ne peut lui reprocher le talent inouï dont il fait preuve sur toutes ses chansons, transcendées par la magie de sa voix ; c'est le cas sur cette douce ode aux accents « crooner ».

En termes de rock'n'roll, nous avons les présences de « Stuck on you » et de « Good luck charm », tubes efficaces qui feront les beaux jours du Billboard, et j'avoue une faiblesse sentimentale personnelle pour « I gotta know », qui me rappelle la grande époque du rock du bagne avec « Treat me nice », un rythme bluesy qu'Elvis adapte à sa sauce avec succès.

Enfin signalons le merveilleux slow « Anything that's part of you » où Elvis renoue avec ses plus grandes performances en la matière, après s'être longuement perdu dans les slows débilitants des B.O. qu'il est obligé de chanter, contraint qu'il est par le Colonel Parker.

En fait, la valeur intrinsèque des Golden Records d'Elvis porte à la réflexion : que serait-il advenu du King, et de la musique en général avec un manager à la hauteur qui n'eût pas essayé de faire de lui une machine à dollars hollywoodienne, au mépris de son talent et de sa volonté ? Alors on se prend à s'interroger sur les motivations d'Elvis, sur ses excès en tout genre. N'aurait-il pas été plus heureux en chantant du rock, voire de la country, du folk, de la soul ou même du rock « musclé » ? On peut chacun donner sa vision d'une histoire différente du rock. Je trouve la question importante, car 1963 est l'année charnière où le King va réellement « sombrer », en tournant des comédies insipides, qui plus est dotées de B.O. foireuses.

Toujours est-il que ce tome 3 des Golden Records est un classique ! Faites-moi plaisir : tentez l'écoute de « His latest flame » !

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   ERWIN

 
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- Elvis Presley (chant)
- Scotty Moore (guitare)
- Hank Garland (guitare, basse)
- Tiny Timbrell (guitare)
- Neal Matthews (guitare)
- Harold Bradley (guitare)
- Jerry Kennedy (guitare)
- Floyd Cramer (piano, orgue)
- Gordon Stoker (piano)
- Dudley Brooks (piano)
- Bob Moore (basse)
- Ray Siegel (basse)
- Meyer Rubin (basse)
- D.j. Fontana (batterie)
- Buddy Harman (batterie)
- Hal Blaine (batterie)
- Boots Randolph (saxophone)
- Jimmie Haskell (accordéon)
- The Jordanaires (choeurs)
- Millie Kirkham (choeurs)


1. Now Or Never
2. Stuck On You
3. Fame And Fortune
4. I Gotta Know
5. Surrender
6. I Feel So Bad
7. Are You Lonesome Tonight
8. His Latest Flame
9. Little Sister
10. Good Luck Charm
11. Anything's That Part Of You
12. She's Not You



             



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