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SPACE-ROCK  |  STUDIO

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- Membre : Amon DÜÜl Ii, Blind Faith, Cream, MotÖrhead, Richard Wahnfried , Lemmy, Slim Jim & Danny B., Arthur Brown , Pretty Things/yardbird Blues Band
- Style + Membre : Dave Brock , Gong, Nik Turner , Hawklords
 

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HAWKWIND - Blood Of The Earth (2010)
Par GEGERS le 9 Avril 2011          Consultée 2149 fois

Certes, HAWKWIND est culte. Certes, HAWKWIND est l'inventeur d'un style (le space-rock) et a influencé un nombre incalculable d'artistes. Certes, HAWKWIND a sorti quelques albums majeurs et a compté en ses rangs l'intouchable Lemmy, avant que ce dernier ne se fasse virer en 1976 et parte fonder Motörhead. Mais malgré tout cela, et cela me fait mal au cœur de le reconnaître, Blood of the Earth, le 24ème album studio du combo britannique, est une bouse innommable. Non pas que cet état de fait soit de quelque manière révolutionnaire (le groupe est coutumier du fait depuis le début des années 90), mais tout de même, on ne peut que rester pantois devant une telle indigence, constante et désespérante. Comment un groupe de ce calibre et fort d'une expérience de plus de 40 années peut-il se fourvoyer autant ? Et si HAWKWIND s'en foutait, tout simplement ?

Ben oui, ce Blood of the Earth ressemble un peu à un foutage de gueule. Cette pochette tout d'abord, d'un bleu criard et saturé, illustre d'emblée la confusion et l'approximation qui règnent au sein de l'album. Et encore, si ce visuel confus n'était que le seul défaut de l'album, le bonheur serait alors à son comble ! Seulement voilà, HAWKWIND a décidé de se saborder, et de nous embarquer avec lui dans son naufrage. La production est étouffée et indigeste, mettant en avant les nombreuses parties de clavier Bontempi vomitives qui dominent l'album, mais réduisant à peau de chagrin les guitares, la batterie (quasi-inexistante) et le chant d'un Dave Brock visiblement dépassé par les événements. Même s'il n'a jamais été un grand technicien, son chant habité servait habituellement parfaitement les ambiances à la fois mordantes et éthérées qui faisaient la spécificité d'HAWKWIND. Ici, la voix du chanteur n'est plus que l'ombre d'elle-même, souvent sous-mixée pour cacher les nombreux défauts de justesse. D'ailleurs, plusieurs morceaux (dont l'horripilant « Sentinel ») sont chantés par Tim Blake ou Mr Dibs qui, s'ils ont le mérite de limiter les fausses notes, n'ont certainement pas l'aura de Brock. Les souvenirs humides provoqués par la voix du chanteur, souvent agrémentée d'une réverb imposante, qui permettait à l'auditeur de s'échapper dans l'univers si particulier du groupe, se sont désormais envolés...

Et puis surtout, HAWKWIND n'est désormais qu'une pâle copie de lui-même, auto-parodiant son space-rock et proposant un album tout bonnement indigeste. Il faut d'ailleurs attendre la troisième piste pour que celui-ci démarre vraiment les deux premières n'étant qu'une succession de passages plus ou moins atmosphériques, riches en claviers et en bidouillage électroniques, qui ne contribuent en aucun cas à la mise en place d'une ambiance dans laquelle l'auditeur aurait envie de se plonger, et qui se révèlent bien vite horripilants. C'est donc « Wraith » qui ouvre le bal, et qui tente en vain de renouer avec le passé hard rock du combo. La patte du groupe est toujours là (ces fameux riffs à deux accords sur fond de claviers en apesanteur), mais le manque de variation et l'indigence du chant réduisent bien vite notre enthousiasme à peau de zob. Il en va de même sur l'ensemble de l'album, qui propose quelques passages intéressants (la mélodie fort sympathique de l'instrumental « Green machine », la planante et semi-acoustique « Comfy chair ») mais ne parvient jamais à convaincre pleinement.

La relecture de deux anciens morceaux (« You'd better believe it », originellement paru sur l'album Hall of the Mountain Grill, et « Sweet obsession », issu d'un album solo de Dave Brock) n'y fera rien. Blood of the Earth n'est qu'un témoignage de plus de la longue et douloureuse descente aux enfers musicale d'un groupe qui aurait du prendre sa retraite bien plus tôt... Les amateurs trouveront peut-être, en grattant bien, quelque chose à se mettre sous la dent, les autres doivent éviter cet album à tout prix sous peine de traumatisme. HAWKWIND s'en fout, et c'est bien ça le pire. Nettoyons-nous vite les oreilles avec un Space Ritual, et saluons la mémoire d'un groupe qui aura toujours été fidèle à son style, malgré une inconstance dans la qualité. Et oublions vite ce Blood of the Earth, gâchis monumental qui, espérons-le, ne tarira pas l'aura de ce groupe indispensable.

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   GEGERS

 
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- Dave Brock (chant, guitare, claviers)
- Mr Dibs (chant, basse)
- Niall Hone (guitare, basse, claviers)
- Tim Blake (claviers, chant)
- Richard Chadwick (batterie, chant)


1. Sea Hawks
2. Blood Of The Earth
3. Wraith
4. Green Machine
5. Inner Visions
6. Sweet Obsession
7. Comfy Chair
8. Prometheus
9. You'd Better Beieve It
10. Sentinel
11. Starshine



             



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