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1970 Hawkwind
2019 All Aboard The Skylar...
 

- Membre : Amon DÜÜl Ii, Blind Faith, Cream, MotÖrhead, Richard Wahnfried , Lemmy, Slim Jim & Danny B., Arthur Brown , Pretty Things/yardbird Blues Band
- Style + Membre : Dave Brock , Gong, Nik Turner , Hawklords
 

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HAWKWIND - Take Me To Your Leader (2005)
Par RED ONE le 2 Janvier 2015          Consultée 1343 fois

Vous vous rendez compte qu'en 2005, date de la sortie de Take Me To Your Leader, l'Humanité n'a conquis l'Espace que depuis seulement cinquante ans ? Dave Brock, indéboulonnable capitaine de son fidèle navire amiral HAWKWIND, semble pourtant l'avoir conquis depuis des temps immémoriaux. C'est du moins ce que l'on se dit à la vue de l'impressionnante discographie du groupe, qui doit bien avoisiner la centaine de LPs toutes catégories confondues et qui témoigne d'une connaissance impressionnante des vastes étendues de l'Ether. Néanmoins, en 1970, date de la fondation des Hawks, personne n'aurait parié un kopeck sur l'avenir de ce petit groupe de rock psychédélique britannique. Pourtant, en ce début de décennie 2000, trente années après ses débuts, HAWKWIND est toujours là, continuant inlassablement d'explorer l'Univers. Bon gré... mal gré.

Les 30 ans du groupe, fêtés en l'an 2000 lors du "Hawkestra", furent l'occasion d'un certain nombre de retrouvailles au sein de la (très) vaste famille des anciens membres du groupe. Hélas ! Le Hawkestra réactiva également de vieilles rancœurs tenaces. Nik Turner, membre fondateur de HAWKWIND, tenta ainsi de se réapproprier les droits du nom dans les années qui suivirent et fut évidemment traîné devant les tribunaux par Dave Brock. Débouté, Nik Turner fonda alors SPACE RITUAL, groupe ouvertement rival des Hawks, et certains de ses petits camarades s'empresseront de l'imiter par la suite, tels que Harvey Bainbridge avec ses "nouveaux" HAWKLORDS.
HAWKWIND, le vrai, l'authentique, continuait pourtant sa route dans le Cosmos sans trop se soucier de tous ces gêneurs. Alan Davey (basse), parti en 1996, réintègre le groupe en 2000. Ron Tree (chant) et Jerry Richards (guitare) mettent cependant les voiles en 2001, après 6 années de bons et loyaux services. À la même période, d'anciens membres rejoignent sporadiquement le groupe pour quelques concerts : Simon House, Huw Lloyd-Langton, Tim Blake... Aucun ne semble toutefois vouloir trop s'attarder. Parallèlement, quelques invités vont et viennent au sein de l'équipage. Parmi eux, Arthur Brown lui-même, qui rejoint alors brièvement le groupe comme vocaliste principal. Ce mélange assez improbable donnera lieu à l'album live Spaced Out In London, sorti en 2004.

Présenté lors de sa sortie comme l'album studio du "grand retour" des Hawks, Take Me To Your Leader n'est pourtant pas bien différent de ses récents prédécesseurs à la qualité parfois très aléatoire. Oh évidemment, rassurez vous, il est largement meilleur que le pathétique Spacebrock sorti en l'an 2000. Les grands défauts propres au HAWKWIND de la période post-1990 se retrouvent cependant encore et toujours ici : de bonnes idées, parfois très enthousiasmantes et originales, mais toujours desservies par une production bâclée et une écriture très hésitante. Les rebonds adipeux new age et ambient du HAWKWIND tardif sont évidemment toujours au menu de cette livraison 2005. "Out Here We Are" se laisse cependant écouter gentiment, le titre est assez mignon et se voit sublimé par le saxophone smooth de Jez Huggett. Ca ne casse pas trois pattes à un micro-canard de l'Espace, mais c'est rigolo. Le titre d'ouverture est, je vous le donne en mille... un réenregistrement d'un ancien titre. Oui encore un. Cette nouvelle version de "Spirit Of The Age" avec le journaliste Matthew Wright au chant (??) n'est cependant pas trop dégueulasse, mais ne fait pas avancer le schmilblick cosmique d'un iota.

Pourtant, on ne peut que constater ici que HAWKWIND n'hésite pas à ressortir la grosse artillerie. Car oui, des guitares tranchantes et de la basse lourde, comme à la grande époque, il y en a ici, oui oui ! La rage space rock refait ainsi surface sur "Greenback Massacre", et c'est ce brave Alan Davey qui s'empare alors du micro pour un titre que n'aurait pas renié Lemmy Kilmister dans les années 1970. La basse épique de Davey sert également de structure principale au superbe "To Love A Machine", très beau moment mélancolique... On retiendra également la majestueuse "Digital Nation", chantée par Alan Davey, avec ses magnifiques flûtes et sa basse toute en groove velouté. Du HAWKWIND comme on aimerai en entendre plus souvent !
Arthur Brown, invité sur deux titres, rayonne de milles feux cosmiques sur la très rock'n'roll "Sunray", splendide moment d'un space rock aux fortes intonations hard 70's ! Hélas, Arthur Brown ne brille pas tout autant sur la calamiteuse piste de fin, "A Letter To Robert", sorte d'aberration techno vaguement censée rendre hommage à Robert Calvert. Un titre final assez mauvais, qui tire incontestablement l'album vers les tréfonds de la médiocrité stellaire.

Hélas, ce morceau n'est pas le seul dans son genre ! Le titre éponyme, malgré quelques guitares assez sympas, est ainsi plombé par une trop grande profusion de samples sans queue ni tête et de sons électroniques qui n'ont pas grand chose à faire ici. C'est moi où je viens d'entendre Dave Brock imiter un gourou birman ? Bref, "Take Me To Your Leader" n'est pas trop mauvais, mais on peine à comprendre la logique de tout ceci. Au fond, y en a-t-il vraiment une ? Le Cosmos est si vaste...
Certaines pistes ne servent enfin absolument à rien : "Sighs" et ses samples nuls font un peu pitié, alors que "Angela Android", chantée par l'intérimaire Lene Lovich, semble un peu donner le change avec des sonorités space rock très groovy et fondamentalement réussies. Mais le titre part lui aussi dans tous les sens, ce qui n'arrange pas les choses, et au final le constat est bien décevant.

Take Me To Your Leader demeure toutefois un bon album. Certains titres valent clairement le coup, c'est une évidence. La présence de sonorités rock prononcées rassure, sur le moment, quand à la bonne santé du groupe. Mais il ne faut pas se faire d'illusions. De toute évidence, les bons moments de Take Me To Your Leader semblent en grande partie dus à Alan Davey et à sa basse agressive. Le reste n'est que pur remplissage, et on se doute que si Dave Brock avait été seul aux commandes, le résultat aurait probablement été pire que sur Spacebrock (2000). Ceci étant dit, la qualité est là, et en 2005 HAWKWIND se défend encore vaillamment. Malheureusement, ce bref sursaut ressemble beaucoup à un chant du cygne.

Car certes, HAWKWIND est culte. Certes, HAWKWIND semble être un groupe immortel, auquel une quantité astronomique d'artistes doivent beaucoup. Mais HAWKWIND, en ce milieu de décennie 2000, semble désormais rendre progressivement les armes.
Après un anecdotique dual disc comportant quelques inédits (Take Me To Your Future), le groupe mettra de nouveau un certain nombre d'années avant de nous ressortir du nouveau matériel. Sauf qu'entre temps, l'équipage va de nouveau changer. Alan Davey passera ainsi à l'ennemi et rejoindra brièvement Harvey Bainbridge et Nik Turner au sein des "nouveaux" HAWKLORDS, pendant que Dave Brock recrutera Mr. Dibs à la basse et Niall Hone aux claviers. Tim Blake effectuera enfin son grand retour au sein d'un HAWKWIND à l'inspiration cosmique de plus en plus éteinte.
Le résultat de tout ceci ? C'est une autre histoire, qui vous sera contée dans la chronique de Blood Of The Earth !

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- Dave Brock (chant, guitare, claviers)
- Alan Davey (basse, chant, claviers)
- Richard Chadwick (batterie, programmations)
- +
- Arthur Brown (chant)
- Matthew Wright (chant)
- Lene Lovich (chant)
- Simon House (violon, claviers)
- Jason Stuart (claviers)
- Jez Huggett (saxophone)
- James Clemas (orgue)


1. Spirit Of The Age
2. Out Here We Are
3. Greenback Massacre
4. To Love A Machine
5. Take Me To Your Leader
6. Digital Nation
7. Sunray
8. Sighs
9. Angela Android
10. A Letter To Robert



             



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