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Mike OLDFIELD - The Complete Mike Oldfield (1985)
Par WALTERSMOKE le 11 Décembre 2012          Consultée 3157 fois

S'il existe bien un artiste qui cumule les compilations inutiles, c'est bien Mike OLDFIELD. En effet, le nombre de disques infâmes reprenant tout le temps les mêmes succès habituels – "Moonlight Shadow", "To France", Tubular Bells – est scandaleusement élevé; la faute à la maison de disques Virgin qui n'a eu de cesse de vouloir capitaliser sur ce que l'homme de Reading a fait pour elle pendant 18 ans, surtout depuis qu'il est passé chez la concurrence. Et pourtant, il existe une compilation qui mérite amplement qu'on s'attarde dessus, il s'agit de The Complete Mike Oldfield. Sorti en 1985, cet album se propose de faire le bilan de l'artiste au bout de 11 ans de carrière, et est fragmenté en quatre parties se proposant de présenter le musicien sous autant de facettes : ce n'est donc pas un bête bout de plastique créé pour capitaliser aux maximum sur des titres à succès comme on en voit tant – enfin, pas tant que ça.

Pour qui a tous les albums studio, c'est la première partie de la compile, appelée The instrumental section, qui l'attirera. En effet, elle condense bon nombre de titres, essentiellement des reprises, sortis uniquement en 45 tours dans les années 70, et se trouve encadrée par deux titres extraits de l'injustement oublié QE2, à savoir l'anecdotique "Arrival", le grandiloquent "Wonderful Land", ainsi le lénifiant "Etude", venant de The Killing Fields. Entre les deux s'écoulent bon nombre d'inédits tous plus intéressants les uns que les autres, à commencer par "In Dulci Jubilo" et "Portsmouth", deux airs traditionnels qu'OLDFIELD a repris et réarrangé, avec un certaine prédominance de la flûte; on retrouve également une version assez personnelle de l'ouverture de "William Tell" de Rossini, plus lente que celle que tout le monde connaît, mais charmante à l'écoute, ainsi que "Cuckoo Song" et "Blue Peter", deux titres gentillets et sympathiques qui ne cassent pas la baraque mais ne sont pas pénible non plus. Mais OLDFIELD n'a pas fait que des reprises; apparaît également le single "Guilty", sorti à la même période que Platinum, et qui, bien que rythmé et catchy, fait augurer du pire par ses sonorités disco à la mode, mais heureusement OLDFIELD n'aura pas poursuivi dans cette voie. Enfin, la première partie est complétée par deux faces B des années 80, à savoir "Waldberg (The Peak)", qui ne démérite pas son statut, et surtout "Jungle Gardenia", très belle et jouée avec brio, un vrai régal.

La deuxième partie, The vocal section, est bien moins intéressante puisqu'on y retrouve les éternels habitués, comme "Moonlight Shadow" et "To France", favoris des radios, ou encore "Shadow On The Wall". Mais il faut noter la présence de "Mistake", une chanson sans prétention interprétée par Maggie REILLY et qui figure sur l'édition américaine de Crises, ainsi que de "Crime Of Passion", un cousin germain de "Moonlight Shadow" et qui constitue également la première participation de Barry PALMER, qui est assurément convaincant pour le coup.

Pour ce qui est de la troisième partie, The complex section, il y a de quoi grincer les dents, puisqu'il s'agit de prendre un extrait de chacun des quatre premiers albums d'OLDFIELD. Heureusement, les morceaux ont été choisis avec intelligence, ainsi se trouvent la partie d'Ommadawn avec les percus africaines, « l'appel aux armes » qui termine la première partie de Tubular Bells (et pas l'intro, Dieu merci), le magnifique final d'Incantations et le passage aux clochettes d'Hergest Ridge. Il n'y a donc pas de dénaturation des oeuvres, « juste » une envie forte de les découvrir. Tout ce petit monde est accompagné par l'anxiogène "Evacuation" (qui l'est encore plus si on regarde The Killing Fields, pour lequel il a été composé, tout comme "Etude").

Cependant, ce qui rend The Complete Mike Oldfield indispensable, même pour le die-hard fan qui possède tout, c'est la quatrième partie, The live section, qui comme son nom l'indique rassemble des titres joués en concert, notamment lors de la tournée promo de QE2 en 1980; en effet, le seul live officiel, le correct Exposed, date de 1979 ! C'est ainsi qu'on trouve un "Sheba" moins chargé émotionnellement, mais toujours aussi bon, une version plus saignante de "Mirage" à faire frémir, et surtout une version plus rock de "Platinum", et qui a toutes les faveurs de ceux qui étaient dubitatifs quant à la version studio de 1979; personnellement, j'estime que les deux se valent. A ces titres se rajoute une version live de "Mount Teide", qui aurait plus être meilleure sans ses claviers peu crédibles, dommage.

En résumé, The Complete Mike Oldfield est parfait pour appréhender la carrière du musicien anglais sans écouter seulement les mêmes succès habituels, et qui plaira aussi bien au néophyte qu'au grand fan. Il s'agit aussi du dernier bon disque avant la déchéance de la fin des années 80. Ah, et pour compléter cet album, il existe le coffret Elements, bien plus gros (4 CD) et complet, mais aussi bien plus rare.

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1. Arrival
2. William Tell Overture
3. Cuckoo Song
4. In Dulci Jubilo
5. Portsmouth
6. Jungle Gardenia
7. Guilty
8. Blue Peter
9. Waldberg (the Peak)
10. Wonderful Land
11. Etude
12. Moonlight Shadow
13. Family Man
14. Mistake
15. Five Miles Out
16. Crime Of Passion
17. To France
18. Shadow On The Wall

1. Excerpt From Ommadawn
2. Excerpt From Tubular Bells
3. Excerpt From Hergest Ridge
4. Excerpt From Incantations
5. Evacuation
6. Sheba (live)
7. Mirage (live)
8. Platinum (live)
9. Mount Teide (live)



             



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