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- Style : Bob Dylan

Joan BAEZ - Gulf Winds (1976)
Par DERWIJES le 9 Décembre 2018          Consultée 172 fois

Et si l’on disait qu’après Diamonds & Rust, Joan BAEZ n’a plus rien composée jusqu’en 1987 ? Mais non, ce n’est pas le cas. L’après Diamonds & Rust est son nadir musical, là où ça devient vraiment moche. Il y a des fois où ça ne trompe pas : regardez-moi cette pochette et osez dire que vous ne vous attendez pas au pire…

Quelque part, c’est logique. Elle touchait déjà à la pop sur ses albums précédents, il était certain qu’elle allait finir par s’y vautrer. Mais commençons au commencement, et remontons à l’année 1975 lorsque Joan BAEZ se lance dans l’aventure Rolling Thunder Revue de Bob DYLAN. Cette tournée mériterait une chronique à part pour bien en parler (tiens, en voilà une idée…), mais pour faire court, c’était une grosse fiesta réunissant Dylan, BAEZ, mais aussi Roger MCGUINN, Mick RONSON, et auxquels ont faillis se joindre Patti SMITH et Bruce SPRINGSTEEN. C’est pendant la soixante de concerts donnés pour la tournée que Joan BAEZ écrit ses nouvelles chansons et réalise un exploit personnel : Gulf Winds est son premier et son seul album composé uniquement de chansons à elle, sans aucunes reprises. Champagne ! Ou pas, parce que les choses se gâtent en studio. Peut-être était-ce l’euphorie retombante du joyeux bordel que fut la Rolling Thunder Revue, la pression d’A&M Records de faire un nouveau Diamonds & Rust, l’envie de continuer à voir ce nouveau public répondre avec autant d’enthousiasme à son nouveau son plus pop que folk, ou un peu des trois, mais elle décide de jouer à fond la carte du soft rock/pop à la mode dans cette seconde moitié de décennie.

Le résultat des courses est en tout cas mitigé. Le problème ici est que les chansons ne sont pas si mauvaises que ça, mais sont à des années lumières de la Joan BAEZ que nous connaissons. Ce n’est pas une mauvaise chose qu’un artiste change de peau, l’exemple BOWIE vient bien sûr immédiatement en tête, mais avec ce virage à 180° la Reine de la Folk quitte ses pénates pour partir faire de la variété. Prenons un exemple : "Caruso". Le morceau est sympathique malgré ses orchestrations un peu lourdes, mais les paroles sont indignes de l’autrice de "Diamonds & Rust". Autre exemple : "Oh Brother !". Sur celle-ci les orchestrations passent moins bien, on s’y ennuie un peu. Et les paroles n’ont pas d’intérêt si l’on ne sait pas qu’il s’agit là d’une réponse à la chanson bien macho "Oh Sister" de Bob DYLAN. Remarquez, même quand on le sait, ça n’a toujours pas beaucoup d’intérêt.

A l’écoute de cet album, on reste éveillé pendant les trois premières pistes. Ce sont autant d’essais pour aborder ce nouveau style pop et encore une fois, Joan peut compter sur son fabuleux organe vocal pour sauver les meubles. On somnole à "Still Waters at Night" où l’on commence à se dire que les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures et que celle-ci commence à s’éterniser, puis on s’endort devant l’interminable "Kingdom of Childhood". C’est déjà pénible d’entendre de jeunes parents s’extasier devant le miracle de l’enfance, alors une chanson de 07 minutes sur le sujet… La deuxième face du disque passe rapidement en ronflements pour combler des morceaux anecdotiques, et nous nous réveillons juste à temps pour le final. La chanson éponyme, voilà ce qui faudrait retenir de cet album s’il n’en fallait retenir qu’une seule chose. Une pièce de dix minutes à la guitare acoustique et au chant, comme une longue réminiscence de ses origines folks, c’est comme une bouffée d’air frais, ce sentiment de revenir chez soi après une journée à courir à droite et à gauche. On lui pardonne même d’être interminable et finalement pas si bon que ça !

Bilan de l’album ? Mitigé, comme dit plus haut. Les chansons ne sont pas si mauvaises que ça, et comparées à d’autres productions de l’époque ce sont de petits bijoux, mais dans l’ensemble l’album ne tient pas. Déjà parce qu’il est trop composé, avec des instrumentations lourdes et vite ringardes, mais aussi et surtout parce qu’il paraît forcé. On sent tout du long que Joan se force à rentrer dans ce nouveau moule qu’elle s’impose mais qu’elle n’y est pas à l’aise alors qu’on la sent nettement plus libérée sur la chanson finale. Pourtant, cela ne l’empêchera pas de continuer à forcer sur encore deux albums.

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   DERWIJES

 
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- Joan Baez (chant, guitare, piano)
- Donald « Duck » Dunn (basse)
- Jim Gordon (batterie)
- Ray Kelly (violoncelle)
- Jesse Ehrlich (violoncelle)
- Larry Knechtel (piano)
- Dean Parks (guitare)
- Sid Sharp (violon)
- Malcolm Cecil (synthétiseur)


1. Sweeter For Me
2. Seabirds
3. Caruso
4. Still Waters At Night
5. Kingdom Of Childhood
6. O Brother!
7. Time Is Passing Us By
8. Stephanie's Room
9. Gulf Winds



             



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