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- Style : Bob Dylan

Joan BAEZ - Come From The Shadows (1972)
Par DERWIJES le 20 Novembre 2018          Consultée 94 fois

Après avoir conclu son contrat chez Vanguard avec le double-album Blessed Are…, Joan BAEZ retrouve le compositeur Peter SCHICKELE, avec qui elle avait travaillé sur Noël, Joan et Baptism, souvenez-vous, afin de composer pour la BO du film Silent Running deux chansons originales. –Complètement oublié aujourd'hui, ce film de SF mérite d’être redécouvert pour ses thématiques écologiques, la performance de Bruce Dern et les robots du film ainsi que ses effets spéciaux, qui influencèrent Georges Lucas pour Star Wars-

Toujours fidèle à son rythme stakhanoviste, elle sort un an après ce nouvel album, le premier sorti chez A&M Records, le label qui récupérera les SEX PISTOLS après leur renvoi d’EMI Records un peu plus tard dans la décennie. C’est chez eux qu’elle signera de très bons albums pendant une bonne partie de la décennie jusqu'à un nouveau changement de label qui verra une baisse de qualité. Mais bref, concentrons-nous sur l’album qui nous intéresse : Come from the Shadows. Comparé à son prédécesseur, il paraît bien maigre, mais il a de quoi faire. Déjà, si le son reste influencé par la country, on peut sentir une envie d’être plus commercial, plus en phase avec l’époque. Ensuite, un coup d’œil à la tracklist nous montre que l’album est composé de 6 chansons originales, soit la moitié des pistes. Petit à petit, Joan s’affirme de plus en plus en tant que songwriter pour notre plus grand plaisir.

Prendre la plume lui permet de transmettre les messages de contestation qui lui tiennent à cœur, petits ou grands : si la chanson « Prison Trilogy » est dédiée aux prisonniers politiques dans le monde, « To Bobby » est dédiée à Bob DYLAN dans l’espoir de le faire revenir aux chansons engagées qui l’ont fait connaître dans les sixties –le Zimm’ est à l’époque en pleine période New Morning/Pat Garrett & Billy the Kid-. Il y a aussi un bel hommage à Janis JOPLIN, « In the Quiet Morning », reprise à sa sœur Mimi FARINA en écho à son propre hommage à la chanteuse sur Blessed Are…

L’idée de Joan BAEZ avec cet album est d’être plus commerciale tout en restant politique : rendre les chansons engagées commerciales. Et quand on parle de chanson engagée qui cartonne, on pense à un certain Anglais évidemment présent pour conclure cet album : « Imagine » de John LENNON. Ce fut un hit dès sa sortie, et peut-être le morceau le plus attendu de cet album. C’est une version sans surprise : Joan Baez fait du Joan BAEZ, elle rajoute du pathos dans une chanson qui en a déjà pas mal mais parvient quand même à faire passer la pilule. Mieux encore, ses futures prestations live de cette reprise seront encore meilleures.

Mais attention au piège pour « The Partisan » ! S’il s’agit bien d’une chanson d’Anna MARLY, c’est une adaptation en anglais du morceau « La Complainte du Partisan » et non pas de « La Chanson des Partisans ». Cette adaptation anglophone, Joan l’a certainement découverte grâce à Leonard COHEN qui l’avait incluse sur son album de 1969 Songs from a Room. Ici, c’est une version correcte mais pas vraiment inventive. C’est un peu étrange de voir ce genre de chansons, ou celle sur le Bangladesh (« Song for Bangladesh ») et sur les syndicats (« All the Weary People’s of the Earth (People’s Union #1) ») côtoyer des chansons d’amour mièvres, heureusement peu nombreuses. Citons tout de même une reprise de Kenny ROGERS avec « A Stranger in My Place ». Malgré tout, la bonne qualité de chacune de ces chansons ne fait pas ressortir cette dichromie trop brusquement.

Come from the Shadows est dans l’ensemble un album solide qui mériterait d’être redécouvert. Sorti en une période faste et inspirée pour Joan BAEZ, il ne contient pas de morceaux réellement faibles et possède quelques solides reprises, comme celle d’ « Imagine ». Aujourd'hui oublié par rapport à la face expérimental de l’album suivant et du succès de Diamonds & Rust, il marque le pas entre la période country de son interprète et sa recherche d’un succès auprès d’un nouveau public.

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- Joan Baez (chant, guitare)
- Stuart Basore (guitare steel)
- David Briggs (claviers)
- Kenny Buttrey (batterie)
- Grady Martin (guitare)
- Charlie Mccoy (guitare)
- Farrell Morris (percussions)
- Welldon Myrick (guitare steel)
- Norbert Putnam (basse)
- Glen Spreen (claviers)
- Pete Wade (guitare)
- John « Bucky » Wilkin (guitare)


1. Prison Trilogy
2. Rainbow Road
3. Love Song To A Stranger
4. Myths
5. In The Quiet Morning
6. All The Weary Mothers Of The Earth (people's Union
7. To Bobby
8. Song Of Bangladesh
9. A Stranger In My Place
10. Tumbleweed
11. The Partisan
12. Imagine



             



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