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- Style : Bob Dylan

Joan BAEZ - Diamonds And Rust (1975)
Par DERWIJES le 3 Décembre 2018          Consultée 295 fois

En 1975, les chanteuses/compositrices sont en vogue. Ce qui fonctionne le mieux, ce sont les chansons intimes sur les relations passées, celles où on sort son linge sale. Carole KING, Carly SIMON, Barbra STREISAND, Linda RONSTADT, pour ne citer que quelques représentantes, enchantent les charts. Mais à ce petit jeu, il y en a une qui va toute les coiffer au poteau et laisser la chanson ultime sur les relations douces-amères à la postérité.

Pourtant, personne n’aurait parié sur Joan BAEZ en ce milieu de décennie. Elle semblait destinée à s’essouffler et à disparaître en même temps que la Guerre du Vietnam, comme tant d’autres artistes de la génération Flower Power. Mais son label A&M Records ne lâche pas l’affaire : son album précédent Gracias A La Vida a cartonné en Amérique latine, il est grand temps qu’elle leur sorte un album commercial viable ! Même si le succès lui passe très loin au-dessus de la tête, elle rentre quand même en studio accompagnée de musiciens de sessions jazz et en ressort avec « Diamonds and Rust ». A la sortie de l’album, ce n’est pas la chanson que l’on pense qui sort d’abord en single. A&M Records espérant renchérir avec le succès de sa version de « The Night They Drove Old Dixie Down » d’il y a quatre ans, sort la reprise de « Blue Sky » du ALLMAN BROTHERS BAND en single. S’il commence à monter doucement dans le Billboard, son accession s’arrête rapidement. Si ce n’est pas une mauvaise reprise, il faut bien avouer que ce n’est pas un morceau assez fort pour être un hit. A la place, ce sera évidemment la chanson éponyme qui fera parler d’elle, et dès que le label la sort en single celui-ci se classe dans le Top 40 et propulse l’album Disque d’Or.

« Diamonds and Rust », évidemment. L’évidence de l’évidence. Je disais en introduction que ce morceau battait tout ceux des artistes citées, et si vous ne les connaissez ne serait-ce qu’un peu, vous savez que la compétition est rude. Mais voilà, Joan BAEZ a la touche magique en plus qui transforme ce qui serait un joli morceau folk mélancolique en une tuerie absolue. C’est une chanson d’amour ? Oui, mais pas fleur bleue. Joan ne fait pas de cadeau à Bob DYLAN, qui le mérite bien. « Your poetry was lousy you said » qu’il disait ! Mais comme lui répond Joan : « You were always good at keeping things vague ». Elle livre ici tout simplement l’une, si ce n’est la meilleure, des performances de sa carrière, pleine d’une tristesse douce-amère sur cette relation maudite depuis le départ.

Mais DYLAN apparaît encore deux fois sur l’album. D’abord avec la reprise de « Simple Twist of Fate », sortie quelques mois à peine avant « Diamonds and Rust ». Nous le savons bien depuis l’album Any Day Now, mais Joan BAEZ + reprise de chanson de Bob Dylan = réussite. Elle ne déroge pas à la règle ici et se paie même la tête de son ancien amant en imitant son chant nasillard sur un couplet. C’est inattendu et drôle, qui a dit que la Madone des Pauvres n’a pas d’humour ? En plus de cette reprise, il y a aussi « Winds of the Old Days ». Avant d’en parler, revenons rapidement à l’album Come from the Shadows paru en 1972. Il se trouvait sur cet album une chanson intitulée « To Bobby » dans laquelle Joan critiquait DYLAN pour avoir abandonné les protest-songs qui l’ont fait connaître. Elle fait écho à cette chanson avec « Winds of the Old Days » dans laquelle elle dit lui pardonner. Ouf ! Comment ça, on s’en fichait un peu ?

Joan est une artiste engagée, notamment pour l’écologie. Elle le montre ici en reprenant la chanson « Dida » parue l’an passé sur Gracias A La Vida, toujours avec Joni MITCHELL, toujours en improvisations vocales, mais cette fois-ci le backing-band de Mitchell, TONY SCOTT AND THE L.A. EXPRESS, les accompagne pour rajouter du pep à ce morceau. Pas grand-chose à en dire, ça n’apporte rien de plus à la version originale, mais nous n’allons pas nous plaindre d’entendre Joni MITCHELL et Joan BAEZ chanter ensemble. Pour l’originalité, tournons-nous vers « Children and all that Jazz », petit moment jazzy amusant sur la maternité. C’est nunuche à souhait mais c’est quand même sympa. La reprise de Stevie WONDER est aussi une réussite, une autre chanson sur une relation brisée, thème sous-jacent de l’album dans lequel nous pouvons aussi mettre « Jesse », reprise de la chanteuse complètement oubliée aujourd’hui Janis IAN. Orchestre mélancolique, chant triste, parole sur la solitude : voilà un morceau qui égaiera vos soirées de déprime (ou vos soirées entre amis après tout).

Tout ça pour dire qu’il y a une vie sur Diamonds and Rust après « Diamonds and Rust ». Ce n’est pas seulement l’album avec la chanson la plus célèbre de son interprète mais aussi un très bon album en soi, le meilleur de Joan BAEZ pendant les années 70. Pour ceux qui veulent aller plus loin que la version originale de « Diamonds and Rust », il y a la version de BLACKMORE’S NIGHT qui vaut le coup d’oreille et bien sûr celle de JUDAS PRIEST. Le petit conseil de F.P ? Après la version électrique de Sin After Sin, passez à leur version acoustique, renversante de beauté ! Ah, rêver d’un duo entre Joan BAEZ et Rob HALFORD !

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   DERWIJES

 
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- Joan Baez (chant, guitare)
- Max Bennett (basse)
- Jim Gordon (batterie)
- John Guerin (batterie)
- Hampton Hawes (claviers)
- Jim Horn (saxophone)
- Rick Lotempio (guitare)
- Ollie Mitchell (trompette)
- Buck Monari (trompette)
- David Paich (claviers)
- Red Rhodes (guitare steel)


1. Diamands And Rust
2. Fountain Of Sorrow
3. Never Dreamed You'd Leave In Summer
4. Children And All That Jazz
5. Simple Twist Of Fate
6. Blue Sky
7. Hello In There
8. Jesse
9. Winds Of The Old Days
10. Dida
11. Medley: 'i Dream Of Jeannie' / 'danny Boy'



             



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