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Joan BAEZ - Joan Baez (1960)
Par DERWIJES le 10 Mars 2018          Consultée 517 fois

L'autobiographie de Joan BAEZ s'ouvre sur la phrase suivante : « I was born gifted ». Je suis née avec un don. Et ce don, c'est sa voix. C'est sans conteste l'une des plus belles voix -la plus belle?- de l'histoire de la musique, une voix qui sonne comme du velours et qui semble contenir toute la tristesse, mais aussi tout l'espoir du monde. C'est cette voix qui la fera connaître lors de ses premiers concerts, presque anonyme, dans les clubs aux alentours de l'université de Cambridge, Massachusetts. C'est là-bas qu'elle rencontrera Bob GIBSON et ODETTA, les deux grands noms de la folk à cette époque. Ce sont eux qui lui permettront de jouer au Newport Folk Festival en 1959, le véritable début de sa carrière.

A partir de là, l'effet domino commence : Acclamée par le public qui la surnomme « Madonna » en référence à sa voix, ses cheveux longs et sa beauté, elle se voit proposée un contrat par les requins de la Columbia Records mais préfère signer sur Vanguard, un petit label qui lui promettait une plus grande liberté artistique, et c'est à peine un an après que les disquaires affichent un disque à la couverture noire et blanche, au titre rouge : « Joan Baez ». Si lors de sa sortie l'album se vendit plutôt bien, ce n'est que deux ans plus tard, lors de la sortie de son successeur, qui entrera dans le Billboard, se hissant à la quinzième place et y restant bien lové pendant presque deux ans. Et presque 60 ans après, en 2015, la Library of Congress le mettra dans sa National Recording Registry en tant qu'album ayant une importance culturelle, artistique et/ou historique dans l'Histoire des Etats-Unis »...Pas mal, si on considère que Joan n'avait que 19 ans lors de l'enregistrement de l'album !

Et c'est armée seulement de sa guitare et de sa voix qu'elle se fait les dents sur des chansons traditionnelles. Pas de composition originale ici, mais peu importe, puisque Joan BAEZ s'approprie les chansons qu'elle reprend, au point que nombreux sont ceux qui pensent que « Silver Dagger » à été écrite par elle ! Car ce qu'il faut savoir sur la Madone du folk, c'est qu'il est impossible de se lasser de sa voix. C'est son instrument vocal qui porte tout l'album, même dans la seconde partie un peu plus faible. A la guitare, elle se débrouille aussi, adoptant un style de fingerpicking (plus précisément, la technique dite du Carter picking) donnant une teinte blues aux chansons, et cela sur ressent particulièrement sur la solennelle « House of the Rising Sun », reprise ici avec les paroles originales. A noter aussi la dernière chanson, en espagnol, première preuve de l'intérêt que porte la chanteuse à la culture hispanophone.
Un choix qui s'explique par le thème des chansons, pas franchement joyeux-joyeux. « Donna Donna », écrite d'abord en yiddish,raconte l'histoire d'un mouton emmené à abattoir, métaphore de l'Holocauste. « Mary Hamilton » parle d'une femme accusée d'avoir tuée son enfant...Ne vous laissez pas abuser par son visage et voix angélique : Joan BAEZ ne chante pas l'amour qui mène à Rome, mais celui des marginalisés de l'histoire.

Premier album d'une longue série, cet éponyme pose les bases de la recette Joan BAEZ : un son épuré mené par du chant et de la guitare acoustique jouant un répertoire majoritairement basé sur des reprises. Une recette simple et efficace qui fait toujours ses preuves aujourd'hui. Que peut-on reprocher à ce premier effort ? Tout est déjà là, mais pas tout à fait...Il manque encore des compositions personnelles, qui rendrait l'album plus, eh bien, personnel, ainsi qu'un petit quelque chose, une sorte de maturité artistique, qui commencera à poindre le bout de son nez en même temps que celui d'un Barde nommé Zimmerman.

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   DERWIJES

 
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- Joan Baez (guitare, chant)
- Fred Hellerman (guitare)


1. Silver Dagger
2. East Virginia
3. Fare Thee Well (10.000 Miles)
4. House Of The Rising Sun
5. All My Trials
6. Wildwood Flower
7. Donna Donna
8. John Riley
9. Rake And Rambling Boy
10. Little Moses
11. Mary Hamilton
12. Henry Martin
13. El Preso Numero Nueve



             



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