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Hugues AUFRAY - Horizon (1966)
Par MARCO STIVELL le 3 Janvier 2020          Consultée 296 fois

La douche froide, c'est l'expression qui pourrait convenir le mieux à Horizon, lorsqu'on l'écoute la première fois. Au final, pour cet album de 30 minutes et quelques, Hugues AUFRAY réserve quelques beaux moments mais c'est laborieux. L'artiste a publié, l'année précédente, un des meilleurs hommages qui soient en musique - qui restent, on peut le dire -, avec le caractère fondateur (ou réformateur) que cela entraîne dans la créativité sonore à l'échelle d'un pays. Après les reprises de Bob DYLAN et un spectacle de taille à l'Olympia, on s'attend à ce qu'il continue de façon plus personnelle par quelque chose d'autant, sinon de plus grand.

Et c'est là que la première partie de l'album déçoit, copieusement. Les quatre premières chansons pour être exact, replacent AUFRAY dans un contexte yéyé qu'il avait pourtant réussi à contourner, seulement effleuré d'une belle manière. Certes, le texte "Il faut ranger ta poupée" écrit par le parolier Guy Magenta sur l'arrivée d'une fille à l'âge adulte, a quelque chose d'émouvant. Tout comme le chant d'AUFRAY (ainsi que la guitare slide très personnelle de Roger Davy) sur les montées mélodiques de "La blanche caravelle", métaphore de l'avion pris au moment d'une séparation. Mais, sur ces mêmes titres, la présence de l'orchestre, cuivres et choeurs variété, apparaît bien lourde, après la finesse de l'album précédent.

Les chansons ne sont pas fabuleuses, loin s'en faut : la musique légère et (trop) entêtante de "Lion et de la gazelle" donne une fausse image du chanteur, un brin forcée aussi (rien à voir, en matière de romance avec, plus loin, "La princesse et le troubadour"). Idem pour "La soupe à la grand-mère" son texte enfantin et ses éléments rockabilly/New Orleans, pourtant bien menés si on prend les éléments de façon séparée.

"Le serpent", chanson sur la colonisation et les différents conflits à l'étranger, a beau faire usage de "tirouli, tiroulé" en fin de phrases, par ailleurs toutes scandées plutôt que chantées, le titre ne marque que grâce à l'intervention d'une marche militaire instrumentale avec cornemuses, comme dans l'armée anglaise. Une des premières incursions de musique celtique dans la pop française mais maladroite car mélangée aux arrangements les plus en vogue. On peut aussi le reprocher à "Pauvre Rutebeuf", emprunt de choix à monsieur Léo FERRE, lui-même adaptateur du poète médiéval, qui commençait pourtant sous les meilleurs auspices avec ses choeurs planants, son folk délicat...

C'est comme s'il avait fallu tout de suite respecter le rythme d'un album par an, de manière très disparate, jusqu'à ce que AUFRAY dise "Stop ! On reprend tout", mais en gardant ce qui a déjà été fait. La plupart de ces chansons, il les a écrites avec le fidèle Pierre Delanoé. "Le Bon Dieu s'énervait", nouvelle version de la génèse en musique, se montre un peu plus convaincant avec ses choeurs negro-spiritual. "Dam di dam" est un slow mignon mené par la harpe et de belles cordes, mais on retrouve cette orchestration en mieux sur le conte d'amour impossible, "La princesse et le troubadour". Un bien joli titre qui sied mieux à l'interprète. Ce dernier, avec le même raffinement, en profite pour reprendre des morceaux de ses premiers 45 tours ("Y avait Fanny qui chantait", "San Miguel") dans des versions fort sympathiques, banjo et accordéon à l'appui.

Les arrangements "ruraux", déjà annoncés de façon salvatrice sur "Pauvre Rutebeuf", s'installent durablement pour le disque comme pour les auditeurs, avant tout grâce à "Céline". Ecrit à trois mains par Vline Buggy, Mort SHUMAN et Hugues AUFRAY, ce petit bijou devient l'un des plus grands tubes de ce dernier. La mélodie langoureuse, le chant à la fois profond et fragile s'accordent à merveille aux paroles dédiées à une femme désormais mûre, celle qui a tant donné et si peu reçu. Notez que ce n'est pas aujourd'hui qu'on pourrait en entendre, des comme ça... En revanche, chose curieuse, le prénom Céline a été de plus en plus donné ! L'accordéon, les mandolines insufflent une couleur Europe de l'Est ou même méditerranéenne à la chanson. De quoi préfigurer, en France, les succès massifs de Georges MOUSTAKI, même APHRODITE'S CHILD...

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1. La Blanche Caravelle
2. Le Serpent
3. Il Faut Ranger Ta Poupée
4. Le Lion Et La Gazelle
5. Pauvre Rutebeuf
6. Céline
7. Dam Di Dam
8. La Soupe à Ma Grand-mère
9. La Princesse Et Le Troubadour
10. Le Bon Dieu S'énervait
11. San Miguel (version 1966)
12. Y Avait Fanny Qui Chantait (version 1966)



             



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