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Hugues AUFRAY - Tu T'en Iras (1987)
Par MARCO STIVELL le 1er Mai 2020          Consultée 445 fois

Au cours d'une carrière bien installée, beaucoup d'artistes musicaux, en France ou ailleurs, ont leur année maudite, celle de toutes les concessions possibles ou alors de bizarreries, et rarement à leur avantage. Souvent c'est de 1981 à 1984, et parfois c'est 1987. C'est cette dernière pour Hugues AUFRAY, celle où il publie son dernier album avant quelques temps, achevant une décennie moyenne.

La pochette a de quoi mettre la puce à l'oreille, avec cette photo sépia, bien prise mais proche des tons années 80 froids, chose qui se retranscrit en musique. Ce disque est l'un des plus rock de Hugues AUFRAY, des plus ancrés dans son époque : finie la diversité encore notable de l'Enfant Sauvage (1985), là on y est totalement ! Le chanteur pose donc en rocky, perfecto sur les épaules et bandeau à la Mark KNOPFLER, guitare électrique en main. La couleur est donnée.

Cependant, le rock, quoique marqué, reste moins présent que les claviers et programmations au Synclavier. Il ne fallait pas en attendre moins d'un disque, certes entièrement écrit en collaboration avec Georges Augier De Moussac, vieil ami de Hugues AUFRAY, mais arrangé presque exclusivement par Sebastian Santa Maria. À l'époque, ils sont beaucoup de Français à employer ce jeune claviériste-arrangeur né au Chili et résidant en Suisse : Claude NOUGARO, Catherine LARA, Bernard LAVILLIERS...

Tu T'en Iras est l'album bon marché par excellence, avec un nombre de musiciens se comptant sur les doigts d'une main pour un ensemble pop-variété ample. Les guitares (De Moussac et John Woolloff, autre musicien-phare de l'époque) et la batterie gèrent l'aspect rock, tandis que Santa Maria habille tout le reste, de simples nappes de synthétiseurs aux arrangements les plus orchestraux et les plus exotiques, "world" puisqu'on est en plein dedans aussi.

Les chansons sérieuses, conscientes, "à message", sont d'ailleurs ici l'occasion pour Hugues AUFRAY de se tourner vers l'Afrique, avec notamment un texte au vitriol pour "Pâle africaine", sur les restes d'apartheid dans la ville de Pretoria. Déjà peu subtil niveau mots, c'est l'un des titres les plus chargés avec choeurs, percussions, synthés et guitares funk, et pas dans le bon sens. On peut aisément lui préférer "La route du sel", avec son caractère initiatique, peintures de désert, de Sahel... Le tout sur un mode nostalgique et des sons d'orchestre électronique mais déjà plus beau, mieux accordé à un chant sans surplus.

"Rockeur en pantoufles", un des rares (pour changer) moments de séduction se laisse écouter, malgré son faux accordéon. "Tu t'en iras" est une chanson sur la mort qui rattrape tout le monde, dictateurs, bandits, à qui le chanteur conseille d'aimer davantage. Là aussi, malgré un refrain plus que bateau ("Tu t'en iras, eh ouais..."), c'est d'un niveau agréable, avec un arpège folk bien mélangé aux nappes de synthés.

Tout le contraire de "Petite mer" et "Le petit punk", autres morceaux sociologiques, portée large ou portraits plus modestes, lancés sur des tempos rock A.O.R., des ambiances taillées pour les stades. Avec des paroles loin du Hugues AUFRAY ordinaire : "il s'prend pour Mad Max et même un peu pour Rambo", le fameux petit punk plein de rêves et qui finit chômeur... En fait, il y a d'un côté l'idée que ce blouson de loubard lui va trop serré, de l'autre celle qu'un chanteur né dans l'entre-deux guerres, approchant de la soixantaine, s'essaye au hard 80's avec tapping à la VAN HALEN !

Comme la réverbération et les arrangements synthétiques, même si c'est contre-nature pour lui, l'effort demeure respectable et il y a cependant deux chansons qui se démarquent par leur qualité de bout en bout. AUFRAY propose "Maman aimait les hors-la-loi", dont le titre évoque joliment un texte inspiré, et surtout le morceau final "Quat' vieux chevaux". Pendant six minutes, le cow-boy raconte une histoire nouvelle et passionnante dédiée à son animal favori.

D'abord enfantine, rêveuse, elle connait à son tour une fin tragique. Musicalement, c'est le sommet du disque, que ce soit dans les claviers, les guitares saturées... Grâce aussi à une conclusion instrumentale formidable et à la présence de l'harmonica (par rapport à beaucoup d'autres, Hugues AUFRAY a traversé les années 80 en évitant l'obligatoire saxophone d'un bout à l'autre).

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   MARCO STIVELL

 
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- Hugues Aufray (chant, harmonica)
- John Woolloff (guitares, basse)
- Georges Augier (guitares, basse, choeurs)
- Sebastian Santa Maria (claviers, programmations, choeurs)
- Alain Llorca, Jacques Cardona (choeurs)
- Emile Wandelmer (choeurs)


1. La Route Du Sel
2. Le Petit Punk
3. Tu T'en Iras
4. Maman Aimait Les Hors-la-loi
5. Rocker En Pantoufles
6. Pâle Africaine
7. Petite Mer
8. Quat' Vieux Chevaux



             



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