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Jean-michel JARRE - Deserted Palace (1972)
Par BAKER le 6 Octobre 2019          Consultée 129 fois

Le premier disque de Jean-Michel JARRE, Oxygene, est...

Stop ! Rewind, brioulouloulouyup. Le premier disque de Jean-Michel JARRE daté de 1972 s'intitule Deserted Palace. Plusieurs raisons expliquent pourquoi, un peu comme GENESIS ou (dans une moindre mesure) PANTERA, le grand public même un peu connaisseur considère Oxygène, Trespass ou Cowboys comme rien d'autre qu'un premier album. Au départ, il faut être franc, Deserted Palace est moins un premier album d'artiste qu'une expérience sonore, destinée à accompagner des images, et qui a permis à JARRE de se défouler avec des synthétiseurs naissants, pas tous fôlichons d'ailleurs. Ce disque doit être considéré comme un album de démo de synthé, et rien d'autre. C'est uniquement dans ce sens qu'il trouvera de l'intérêt, à deux titres près. Un disque pas forcément facile d'écoute, pas le plus inécoutable de l'histoire non plus - c'est une première surprise - et qui n'a évidemment pas la portée universelle d'Oxygène.

Mais il y a une autre raison, simple et évidente, à la confidentialité de ce disque pendant de si nombreuses années : c'est qu'une bonne moitié est mauvaise, et croyez-moi, quand c'est mauvais, c'est mauvais. A commencer par le diptyque surréaliste, "La grenouille exaspérée", où l'on imagine volontiers JARRE ivre-mort sautiller dans le studio en martyrisant une touche de Fa 3 façon "death by snu-snu", suivie de "La fabrique à abeilles" qui sent plus quant à elle la cuvée douloureuse, le matin maussade avec la tête qui tourne et lesdites abeilles qui ont bouffé la grenouille tout crue. On a aussi des turbobouses qui ne sont ni mélodiques ni réellement expérimentales, comme cet "auto-stoppeur iraquien" (à voiture, pas en avion, ça c'est un autostoppeur chiraquien) inécoutable, l'abominable Abominable Homme des Neiges (et son abominable...) qui rappelle John CARPENTER... bourré (serait-ce un album concept ?), ou le "Love Theme for Gargoyles" qui essaie d'être gothique mais fait go-toc à mort. Quant au morceau-titre, il rappelle la musique du premier Prince of Persia. Oui, super jeu, je sais. Réécoutez la musique. Si quelque chose a survi (1), ce n'est sûrement pas ce salmigoulis de bips arabisants si affreux qu'ils donnent envie de déclencher la dixième croisade.

Mais, puisqu'il y a un mais (2), Deserted Palace au-delà de ses calamiteux cacas se montre moins opaque et déglingué que prévu. Le musicien grandiose pointe déjà derrière l'éphèbe laborantin (hmmmm ça m'excite) et on se surprend plus d'une fois à trouver cet album pas si nul, voire... intéressant. Les cris de fantôme de "Poltergeist", les harmonies et la construction totalement baroques de "Music Box Concerto", joli mélange entre BACH et les futures musiques de jeux vidéo des années 80, "Take Me to Your Leader" qui se met en mode free-rock, "Pogo Rock" assez médiocre mais où il se fend d'un solo blues en pentatonique (sur un synthé, ils étaient très peu à oser le faire), jusqu'au funky "Rain Forest Rap Session" qui, mis au goût du jour soniquement, ne déparerait pas dans un Streets of Rage. Certes, tout ceci a méchamment vieilli, mais on sent que ces titres, contrairement aux autres, ont été construits, répétés, qu'il ne s'agit pas que de démonstration technique. Même sur "Free Floating Anxiety", qui donne dans la musique concrète la plus intense et agressive possible, on sent quelques influences pas piquées des vers.

Et puis deux titres empêchent définitivement ce 33-tours inégal de sombrer dans les limbes. "Bridge of Promises" rajoute aux synthés une batterie, et quelle batterie ! Entre le rythme, la mélodie et les harmonies, ce petit morceau au final grandiloquent pour l'époque ressemble furieusement à "Ultima Thule part I" de TANGERINE DREAM. Eh oui, pas le Dream des synthés, mais le Dream rock, insaisissable. Se rappeler que de toutes les images d'archives connues, l'une des plus anciennes mais iconiques de J-M. J. est à la guitare, et que le monsieur s'est récemment permis de reprendre cet instrument en concert, comme pour boucler la boucle. Mais tout ceci n'est rien comparé à "Windswept Canyon". D'une durée de 7 minutes, soit largement plus du double des autres, cette composition souffre de sons un peu cheap mais préfigure, de façon très claire, ce que sera Oxygène. Là, on a le JARRE qu'on aime : ambiances oniriques, mélodie sous-jacente, construction impeccable, envoûtement.

Deserted Palace mérite en majeure partie sa mauvaise réputation. A la même époque, les Allemands (nombreux en plus) ont déjà fait beaucoup plus expérimental, et côté mélodie JARRE n'a pas encore la facilité d'un Keith EMERSON ou d'un Tony BANKS. Les synthés sont parfois bien employés, on se doute même que certains titres ont requis un bon nombre d'heures de travail et un zeste de folie, mais le résultat final est autrement plus kitsch et amateur que la majorité des claviéristes de 1972. Reste, outre deux plages importantes dans la carrière du tout jeune homme, un 33- tours drôle, vite oublié mais finalement moins exaspérant que la grenouille du même nom.

(1) amateurs de DVD belges, bonjour !

(2) amateurs de rimes riches de Gérard Presgurvic, bonjour !

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- Jean-michel Jarre (tout)


1. Poltergeist Party
2. Music Box Concerto
3. Rain Forest Rap Session
4. A Love Theme For Gargoyles
5. Bridge Of Promises
6. Exaspeared Frog
7. Take Me To Your Leader
8. Deserted Palace
9. Pogo Rock
10. Wind Swept Canyon
11. The Abominable Snowman
12. Iraqi Hitch-hicker
13. Free Floating Anxiety
14. Synthetic Jungle
15. Bee Factory



             



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