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MIKE OLDFIELD - Tubular Bells (1973)
Par MR. AMEFORGEE le 3 Mars 2005          Consultée 13385 fois

En général, pour présenter Mike Oldfield, on jette quelques expressions d’usage : « guitariste », « Moonlight Shadow », « To France », et surtout « Tubular Bells », mais on peut vraisemblablement être un peu plus constructif dans la présentation. Et dire notamment que Oldfield est un multi-instrumentiste prodige, même si sa prédilection va à la guitare (son jeu d’arpèges est assez caractéristique), et qu’il a effectivement touché le public avec des chansons pop-folk gentillettes, mais aussi et surtout avec des monuments de « rock progressif instrumental » (si le terme convient), tel que ce Tubular Bells, ou encore Hergest Ridge, Incantations et autres Ommadawn, dont l'aura ira jusqu'à éclabousser les genres new-age et musique électronique encore en gestation.

Pour beaucoup, Tubular Bells est associé au film l’Exorciste, qui eut un impact certain, sinon décisif, sur son succès. Que dire d’autre ? Mike Oldfield n’a que 17 ans lorsqu’il commence à travailler sur ce projet, en 1970 (jouant alors de la basse dans le groupe Kevin Ayers and the Whole World). Après plusieurs défections auprès des maisons de disques, il est repéré par Richard Branson et signe ici le premier album du nouveau label Virgin Records. On pourrait en dire encore beaucoup sans doute, mais le cadre général étant planté, parlons maintenant plutôt de la musique, si vous le voulez bien.

L’album se compose de deux vastes mouvements, qui s’appuie notamment sur un thème principal (LE fameux thème), une suite de notes assez répétitives en fin de compte, mais qui, édifié en leitmotiv soumis à diverses variations, apparaît comme la véritable empreinte de l’album, utilisé tantôt comme mélodie directrice, mené au piano et entouré d’une flopée de guitares de tout type, tantôt en simple contrepoint, joué dans le lointain par un orgue, une basse ou une flûte.
On constate d’ailleurs que le travail de composition de Oldfield repose beaucoup sur ce principe de répétition et de variations (ce qui peut parfois être un peu lassant), et l’on comprend alors pourquoi cela cadre parfaitement avec un film d’épouvante : la mélodie n’est pas nécessairement effrayante en soi, au pire distante, mais sa répétition, encore et encore, suffit à créer ce nœud de tension qui suscite le suspense. Notion de base cinématographique, rappelez-vous d’Hitchcock.

Ainsi de nombreuses émotions se mélangent et se succèdent dans ce Tubular Bells : mélodies douces, introspectives, soutenue par exemple par des mandolines et des voix éthérées, atmosphère pesante, inspirée de la musique religieuse et notamment du célèbre Dies Irae (cf. la Symphonie Fantastique de Berlioz ou la Totentanz de Liszt), avec ses nappes de claviers soudain inquiétants, passage épique aux guitares, ou bien lyrique, ou encore agressif, voire même cocasse comme la gigue bucolique (alcoolique ?) qui fait office de coda au deuxième mouvement.
Toujours dans cette ordre d’idées, on notera quelques trouvailles intéressantes comme le passage de la présentation des instruments par Viv Stanshall, qui conclue la Première Partie au son des fameuses cloches tubulaires (et qui sera reprise avec brio dans l’album Tubular Bells 2), ou bien surprenantes, comme cette voix gutturale, plus rigolote qu’effrayante d’ailleurs, qui surgit dans la seconde partie, avec dans son sillage toute une traîne de guitares abrasives et la présence ponctuelle d'une batterie.
Le jeu de guitares quant à lui est déjà assez caractéristique de l’artiste et nous offre quelques moments d’héroïsme, comme cette attaque de riffs vindicatifs dans la quatorzième minute de la Première partie, où le paysage sonore se charge tout à coup d’une électricité peu commune (due à la superposition de plusieurs sons de guitares, idée que Oldfield reprendra, en l’accentuant, dans Hergest Ridge), ou bien quand une armée de six cordes s’unissent pour imiter le son flamboyant de cornemuses écossaises, dans la Seconde Partie.
C’est assez frappant de se rendre compte comment toute une palette d’impressions diverses se retrouve et s’entremêle en seulement deux amples morceaux, formant ainsi une peinture assez originale, mais qui garde, malgré tout, une cohérence intrinsèque, grâce essentiellement à la patte spécifique de l’artiste.

De fait donc, pour une première œuvre, Tubular Bells se révèle indéniablement d’une très grande richesse et fait montre d’une invention certaine. Pour autant nous ne sommes pas dans les paysages atmosphériques planants, tissés par un Pink Floyd par exemple (la teneur en rêve est moindre ici), et l’album fleure bon l’artisanal par moments. Non exempt de défauts, au son parfois approximatif, c’est peut-être aussi ce qui fait son charme (ou bien alors, il existe la version 2003, enregistrée avec les moyens actuels).

L’album fut un énorme succès et propulsa le jeune Oldfield aux cimes de la notoriété. Malgré tout, cela se révéla aussi une sorte de malédiction dont l’artiste ne parvint jamais vraiment à s’émanciper, revenant toujours plus ou moins sur les traces de ce premier méfait, comme en témoigne les nombreuses déclinaisons : Tubular Bells 2 et 3, Millenium Bell, sans compter les versions orchestrales, symphoniques, et aussi les « clins d’œil » que l’on peut trouver dans des albums réguliers, comme Crises.
Mais peu importe, Tubular Bells reste un classique. Peut-être pas le meilleur de Mike Oldfield, mais un classique tout de même.

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- Mike Oldfield (presque tout: guitares, etc.)
- Jon Field (flutes)
- Steve Broughton (batterie)
- Viv Stanshall (voix)
- Sally Oldfield (choeur)
- Mundy Ellis (choeur)


1. Part One
2. Part Two



             



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