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Klaus SCHULZE - La Vie Electronique 10 (2011)
Par WALTERSMOKE le 3 Novembre 2017          Consultée 141 fois

Quand on s'enquille les doublons des volets 7 à 9 de La Vie Electronique, on commence à se lasser de devoir se taper la série de compilations rétrospectives de la carrière de Klaus Schulze. Et puis, on a déjà eu le meilleur de la carrière du musicien berlinois auparavant, alors à quoi bon continuer ? Et en plus, le volet 10 se concentre sur la pire année musicale de KS, aucunement motivant, donc. Sauf que si l'on voit une note de 4 étoiles sur 5, c'est donc qu'il se passe quelque chose de particulier ici.

C'est peu de le dire. On avait déjà relevé des morceaux supérieurs à ce qu'avait pu faire éditer KS au milieu des années 80 sur La Vie Electronique 9, et ce n'est pas fini avec LVE 10. Encore une fois, le maître de la Berlin School, toujours aussi isolé dans son monde musical, démontre qu'il n'avait (à l'époque) jamais perdu la main, mais manquait cruellement de discernement quand il fallait pondre un vinyle. Ou encore qu'il n'avait rien à perdre en éditant un nouveau live, sa promesse de ne sortir qu'un seul disque du genre en 1980 ayant été brisée à peine trois ans plus tard avec Dziękuję Poland.

Et oui, ce que KS montre sur le CD 1, c'est qu'il savait encore être un monstre redoutable en concert. Enregistré en 1985, "Unheilbar Deutsch" est très certainement l'une des meilleures performances de Klaus SCHULZE, d'ailleurs toujours accompagné de Rainer Bloss, dans les années 80. Ou du moins, l'une des plus intéressantes. Pour commencer, ce n'est pas un doublon, et tout au plus propose-t-il deux-trois motifs déjà présents sur des albums contemporains, mais c'est tout. Ce qui implique donc que la musique est nouvelle, inédite. Cependant, ce n'est pas ça qui fait de "Unheilbar Deutsch" un bon morceau. Le morceau est du Klaus SCHULZE dans le texte, soit un morceau long et répétitif, avec toutefois suffisamment de variations pour ranimer l'attention tout au long de ses 53 minutes. Après, d'accord, il n'atteint pas l'inventivité de Dziękuję Poland (1983). KS a également eu la sinistre idée d'utiliser une boîte à rythmes très, trop datée car au son moche et lourd [1]. Du coup, on imagine ce qu'aurait donné "Unheilbar Deutsch" avec de meilleurs instruments. Un indispensable ? Certainement pas. Une valeur sûre ? Oui.
Pour compléter le CD 1, ont été ajoutés deux morceaux diversement intéressants. "Weiter, Weiter!" est un final de concert à la qualité sonore discutable, mais qui montre dans un sens la popularité de KS. L'autre, "Maxxi", le présente en train d'essayer de séduire les discothèques. Le résultat est... très typé années 80, ça plaira peut-être à un amateur de synthwave qui joue à l'archéologue. Et c'est tout.

Le CD 2 réunit pour sa part, et chose hélas trop rare, deux BO de films composées en 1985. La première, "Walk the Edge", était apparemment prévue pour un petit film d'action, Walking the Edge, facilement trouvable sur Youtube mais il semble que le réalisateur ait finalement choisi un autre compositeur. Est-ce vraiment dommage ? Doublement non. Non car ce n'était pas ce film qui allait faire de KS le nouveau chouchou d'Hollywood. Non car la musique n'est vraiment pas sensationnelle. Tout au plus peut-on s'étonner de la modernité de sa première partie, le très long "In Genteel Surrondings", mais du reste, la musique est très décousue, allant jusqu'à carrément embrasser la musique contemporaine dans ce qu'elle a de plus pénible.
PAR CONTRE, il en est tout autre pour "Havlandet". Cette fois, la musique de KS est bel et bien gardée pour un film suédois (le compositeur est d'ailleurs allé enregistrer la BO en Scandinavie), que je n'ai malheureusement pas réussi à trouver. Tout au plus puis-je deviner qu'il s'agit d'un film d'auteur option « c'est chiant ». Quant à la musique... il doit s'agir de l'un des plus beaux mouvements de la carrière de KS, au moins dans les années 80. Mélancolie, spleen, contemplation, tout cela est retranscrit dans "Havlandet". Là, KS montre à quel point il sait se faire évocateur et poétique. Et même quand il recycle un extrait de Angst ("Dream Theme"), cela reste pertinent et surtout beau. Encore un coup de génie donc, et encore une fois oublié dans un fond de tiroir...

Et puis arrive le CD 3. On pourrait se dire qu'on a encore droit à de la musique de la période sombre de KS, ou bien qu'on reste dans le milieu des années 80, non ? Et bien non, car on saute directement en... 1991 ! Soit la période MIDI de Klaus Schulze ! Le changement est radical, tant les précédents LVE mettaient un point d'honneur à garder plus ou moins une certaine cohérence stylistique. Mais là non, bouffe ton MIDI après des nappes de claviers eighties ! Ceci étant dit, il faut admettre que passé l'aversion de cette période troublée de la musique électronique dans son ensemble, KS parvient encore à en mettre plein la vue, du moins en ce qui concerne les morceaux joués lors d'un concert en Espagne, avec une maîtrise de l'électronique plus convaincante que sur le médiocre Beyond Recall (1991). "Goodwill", enregistré en studio, est tout de suite moins convaincant, car vagabondant sans cohésion. Et l'adaptation de Bach en finale, s'il anticipe à sa création l'intéressant Goes Classic (1994), est nulle.

La Vie Electronique 10 est pleine de surprises, il faut le dire. Le volet justifie pleinement le fait que la discographie de Klaus SCHULZE est souvent remplie de bonnes surprises, même dans ses mauvais jours. C'est quand même dommage de ne pas avoir d'inédits de la période 1985-1991, mais bon, c'est déjà une bonne chose d'exhumer des pépites oubliées.

[1] : c'est sans doute uniquement à ça que pensent les détracteurs des années 80 quand ils critiquent cette riche décennie, d'ailleurs.

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- Klaus Schulze (tout)
- Rainer Bloss (claviers sur cd 1 et 2)


1. Unheilbar Deutsch
2. Maxxi
3. Weiter, Weiter!

1. Walk The Edge
- in Gentel Surroundings
- while He Was Sleeping
- we Saw It, It Was Coming
- the Modern World
- it Was Going To Matter
- king Vulkan Himself
2. Havlandet
- main Theme
- erzählung
- nordenlicht I
- winter-sommer
- nordenlicht Ii
- dream Theme
- nordenlicht Iii
- sleigh-ride
- funeral
- end Theme
3. Interview 1991

1. Goodwill
2. Olé
3. Habla Español
4. Gaudi Gaudi
5. Suite Nr. 3, D-dur, 2. Satz 'air'



             



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