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Steve HACKETT - Till We Have Faces (1984)
Par MARCO STIVELL le 14 Juillet 2010          Consultée 2080 fois

Till We Have Faces arrive au coeur des années 80, marquant assurément la fin d'une période pour Steve, celle des disques ancrés dans cette décennie justement et éthiquement parlant (si l'on ne compte pas l'éphémère expérience GTR qui a suivi, on discute ici seulement des opus solo). Avec les rééditions de Camino, le label qui a longtemps été celui de Steve, deux albums du guitariste, dont celui-ci, ont subi des modifications quant à la track-list et parfois les morceaux eux-mêmes, par rapport aux éditions d'origine. Cette chronique tient donc compte des changements effectués.

Pour ce qui est de l’ordre des titres, l'ancien semblait plus approprié. Non pas que ça change grand-chose (quoique...), mais au final l’ensemble paraît plus décousu. Quant aux modifications sonores, il n’y en a pas beaucoup sur ce Till We Have Faces (par rapport à l'autre album cité plus haut et qui sortira presque dix ans plus tard). On note simplement quelques rajouts sur le début de la partie instrumentale de "Matilda Smith-Williams Home for the Aged", Steve ayant voulu meubler un peu le tout (alors qu'on n'entendait que les percussions) en s'amusant avec sa guitare, ce qui n'était tout de même pas forcément indispensable.

Cet album me pose les mêmes problèmes que Cured. Il y a beaucoup de bonnes, voire très bonnes idées mais on dirait que le sort s’acharne sur Steve pour ce qui est de l'indifférence du grand public, plus que jamais en cette période maudite (et non pas maudite période), même si il faut quand même avouer que cela vient aussi du produit, au point que l’on en vienne à dire "aurait pu mieux faire", en restant soft. Cela vient surtout de la manière dont sonnent les chansons, comme pour le grand frère de 1981. Et en premier lieu, c’est à cause de la voix. La petite voix fluette de Cured se fait par moment plus forcée et hurlante ("Myopia", "What’s my Name", "Let me Count the Ways") et ce n’est pas toujours facile à supporter, loin de là (on est loin de la douceur de "The Hermit")… En vérité, ce seul détail amène le disque à être bancal, alors que l'idée de base était tout de même alléchante...

Cette idée de faire un album mi-pop rock mi-world music était plutôt louable de la part de Steve (paraît-il qu’il est le premier à s'être tourné vers l'Amérique du Sud, il convient de rappeler qu'il a là-bas sa résidence secondaire). Les percussions brésiliennes se mêlent joyeusement aux guitares rock et synthés années 80, notamment sur la pièce maîtresse du disque : "Matilda Smith-Williams Home for the Aged", une samba bien agréable, surprenante pour du Steve Hackett, mais qui prouve (comme s'il en était besoin) sa capacité à s'adapter à la fois à ce qu'il recherche, à son époque et à un style qu'il ne maîtrise pourtant pas. De même pour les asiatisants "What’s my Name" (empli de mystère, notamment sur les passages au koto) et "A Doll That’s Made in Japan" (unique single de l’album).

Mais ce n’est pas tout. Till we Have Faces possède son lot de morceaux épars, plus surprenants encore, car plus du tout en accord avec le genre rock-new wave-world music décrit plus haut. A commencer par "Duel", inspiré du film de Steven Spielberg, avec des sonorités purement eighties (boîte à rythmes entre autres) et Steve qui fait de nouveau mumuse, cette fois avec un E-bow. En termes de récréation, citons aussi "Myopia" et son pont baroque décapant piqué à Bach (concertos brandebourgeois), ou encore le funky "The Rio Connection", avec basse en avant, clavinet et double batterie (bien qu'il n'y ait pas Ian Mosley sur ce titre, c'est le dernier album de Steve où on peut l'entendre - même chose pour Nick Magnus -, avant qu'il ne rejoigne Marillion définitivement). A côté de cela, Steve nous offre son premier blues sous la forme de "Let me Count the Ways", qui aurait mieux passé s’il avait instrumental (ou mieux encore, chanté, non pas hurlé). Enfin, deux pièces magiques, assez éloignées du reste elles aussi : le doux rêveur "Taking the Easy Way Out" (seul titre où on croise de la guitare classique, morceaux bonus mis à part) et un hommage à Disney (Pinocchio pour être exact) sur "When you Wish Upon a Star".

Ces deux derniers morceaux se suivaient au départ et le résultat était plutôt cohérent, mais la réédition propose deux morceaux supplémentaires, à ne surtout pas manquer malgré tout. D’abord "Stadiums of the Damned" qui s’ouvre de manière bizarre mais qui est en réalité joliment pop (plus efficace encore que "A Doll That's Made in Japan"). Il y a surtout "The Gulf", la pièce la plus progressive de Till We Have Faces même, avec une splendide partie chantée (j’aime aussi beaucoup quand Steve utilise sa guitare nylon de manière percussive) possédant un très bon développement instrumental, proprement décoiffant sur le final. Ces titres sont aussi sans doute les derniers exemples où Steve se réserve quelques solos à la guitare-synthé avant longtemps.

En bref, Till we Have Faces est tout comme Cured un élément de la discographie de Steve à écouter plus pour ses compositions qu’autre chose, même si la réalisation n'est pas des meilleures, et que les compositions elles-mêmes atteignent rarement le niveau des plus vieux albums, ou même de Highly-Strung. Soulignons le fait que certaines de ces dernières (notamment "Matilda", encore une fois) transpirent la bonne humeur et que certains des musiciens qui ont participé l’ont vécu ainsi (surtout les percussionnistes qui n’ont pas voulu être payés !)

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   MARCO STIVELL

 
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- Steve Hackett (chant, guitares, guitare-synthé, koto, bâton de pl)
- Nick Magnus (claviers, programmation batterie et percussions)
- Ian Mosley (batterie, percussions)
- Rui Mota (batterie)
- Serginho Lima (batterie)
- Waldemar Falcao (flûte, percussions)
- Fernando Moura (piano fender rhodes)
- Ronaldo Diamante (basse)
- Clive Stevens (synthétiseur à vent)
- Kim Poor (voix japonaise)
- Sidinho Moreira, Junior, Jaburu, Peninha (percussionnistes brésiliens)


1. What’s My Name
2. The Rio Connection
3. Matilda Smith-williams Home For The Aged
4. Let Me Count The Ways
5. A Doll That’s Made In Japan
6. Duel
7. Myopia
8. Taking The Easy Way Out
9. The Gulf
10. Stadiums Of The Damned
11. When You Wish Upon A Star



             



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