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- Style : Bernard Benoit
- Membre : Genesis, Squackett, Gtr

Steve HACKETT - The Night Siren (2017)
Par MARCO STIVELL le 9 Avril 2017          Consultée 753 fois

Veuillez me pardonner ce début de chronique nombriliste, mais j'espérais pouvoir faire de ce dernier Steve HACKETT une sélection du site, comme au moment de mon arrivée sur le site avec Out of the Tunnel's Mouth (sorti fin 2009), il y a plus de sept ans. Depuis, aucun de ses disques n'a eu cette faveur, car la qualité musicale baissait clairement. On a cru qu'avec Wolflight (2014), ça allait repartir, mais l'optimisme a (ceci est un aveu !) déjà été trop présent pour cet album qui n'est presque pas revenu sur la platine. Heureusement qu'avec The Night Siren, le dernier donc, Steve HACKETT ne nous refait pas le coup des loups et de l'art douteux, même si la nouvelle pochette est largement contestée par des infographistes raffinés.

En revanche, notre guitariste "deuxième préféré" après Anthony PHILLIPS est désormais sur un rythme de production en pilote automatique ; et encore, deux ans et demi entre deux albums, ça doit lui sembler trop. Il rappelle ses musiciens habituels, King, O'Toole, Townsend mari et femme, Lehmann, Driver, Hackett (John)... Il fait 11 chansons, les met en boite, livret avec photos et notes, clips/pub Facebook/précommande et voilà, "done" (fini) comme disent les Anglais.

Pour ne pas se sentir dépaysé, le son est de Roger King, chose que l'on regrette depuis un certain temps déjà, car trop de lourdeurs, pas assez d'espace, des morceaux peu inspirés ou mémorables. Le rock progressif façon Steve HACKETT, je suis désolé de le dire, mais à l'heure actuelle ce n'est plus possible. La batterie qu'elle soit de O'Toole ou de l'Islandais Gulli Briem se cantonne à un registre tribal massif et réverbéré, soutenu à fond par les cordes pour que ça sonne épique et froid en même temps. Notez qu'on a encore "oublié" d'engager un bassiste, hors Dick Driver qui est contrebassiste.

Cela aurait pu marcher avec "Fifty Miles from the North Pole", souvenir d'un concert en Islande, et qui a bien dû rafraîchir les idées, mais pas pour écrire "It gets so cold, it can freeze your soul", "Il fait si froid, ça peut geler votre âme", et certainement pas non plus pour tous ces effets de voix délirants. Pauvre Amanda Lehmann !

"El Niño" contient sans doute implicitement de belles idées qui seraient mieux ressorties autrement, mais en matière d'instrumental qui veut en mettre plein la figure, il fait suite à "Tubehead", "Turn This Island Earth" et tant d'autres plus ou moins appréciables. C'est haché, foldingue, ça part dans tous les sens mais on ne s'accroche plus à rien. Le premier morceau "Behind the Smoke", rappelle laborieusement les meilleurs intros comme "Loch Lomond".

On peut aussi parler de l'identité pop-flamenco de "Anything but Love", malgré les choeurs trop resserrés comme d'habitude (c'est encore pire sur "West to East"), et de toute façon, vu d'ensemble, c'est le versant folk qui s'en sort le mieux. Les guitares acoustiques du début de "In Another Life" sont très belles, et le grand Troy Donockley (IONA, MOSTLY AUTUMN, NIGHWISH etc) vient faire planer ses uilleann pipes, sympa. L'intervention de guitare électrique sur ce morceau est l'une des rares intéressantes sur ce disque avec aussi le lyrique mais court "The Gift" (pour le prochain disque, plus de Ben Fenner et moins de Roger King ?), voilà pourquoi on n'en parlera pas davantage. Steve HACKETT quoi ! C'est plus le comble, c'est carrément le toit.

Il y a "Other Side of the Wall" même si on a connu mieux en matière de ballade, et sur "Martian Sea", HACKETT a la bonne idée de faire venir Nick D'Virgilio (SPOCK'S BEARD, GENESIS période Calling All Stations) pour changer son approche de la batterie, un cas unique et agréable. "Inca Terra" serait classée parmi les réussites s'il n'y avait pas la rupture prog obligatoire et hors-sujet, tout comme "In the Skeleton Gallery", inspirée des cauchemars de Steve enfant avec des solos de saxophone qui n'égalent pas "Darktown". HACKETT et sa femme Jo, en couple heureux, écrivent beaucoup à partir de leurs voyages, de leurs impressions communes, mais peut-être à la rigueur et afin de changer un peu, vaudrait-il mieux en faire un livre plutôt que de la musique ?

On en vient à préférer un Cured (1981) fait maison, un Steve très inexact côté chant, sur un mode pop mais toujours plus aventureux que là. Néanmoins Steve HACKETT, loin de ses 31 ans, en a désormais 67, plus du double. S'il doit évoluer, ce sera difficile, et son empreinte depuis vingt ans a été trop exploitée pour fournir des moments de bravoure sur la longueur d'un album. Il a du succès en usant le filon Genesis Revisited jusqu'à la moelle, et cela procure au moins le bonheur de le voir en concert... pour l'entendre jouer ses anciens titres, de 1971 avec GENESIS à la fin des années 2000, quand la qualité restait stable. Il réserve la première partie de ses shows à The Night Siren en ce moment. Dites-nous ce que vous en retiendrez, si toutefois vous y parvenez !

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Steve Hackett (guitares, chant, oud, charango, harmonica)
- Amanda Lehmann (choeurs)
- Jo Hackett (choeurs sur 10)
- Roger King (claviers, programmations)
- Ben Fenner (claviers et programmations sur 10)
- Gulli Briem (batterie, cajon, percussions)
- Gary O'toole (batterie sur 3, 4, 10)
- Nick D'virgilio (batterie sur 2)
- Rob Townsend (saxophones, flûtes, kena, doudouk, clarinette)
- Christine Townsend (violon et alto sur 3, 4, 5, 7, 9, 10)
- Nad Sylvan (chant sur 7)
- John Hackett (flûte sur 2 et 10)
- Dick Driver (contrebasse sur 3, 4, 5, 7)
- Troy Donockley (uilleann pipes sur 8)
- Kobi Farhi, Mira Awad (choeurs sur 10)
- Ferenc Kovacs (trompette sur 3)
- Sara Kovacs (didgeridoo sur 3)
- Malik Mansurov (tar sur 1)
- Leslie-miriam Bennett (claviers sur 11)


1. Behind The Smoke
2. Martian Sea
3. Fifty Miles From The North Pole
4. El Niño
5. Other Side Of The Wall
6. Anything But Love
7. Inca Terra
8. In Another Life
9. In The Skeleton Gallery
10. West To East
11. The Gift



             



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