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ROCK PROGRESSIF  |  DVD

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- Style : Bernard Benoit
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Steve HACKETT - Horizons (2003)
Par MARCO STIVELL le 15 Novembre 2010          Consultée 1982 fois

La deuxième moitié des années 80 a constitué une période creuse pour Steve HACKETT. Suite à l'éphémère expérience GTR, enrichissante avant tout pour le succès aussi massif que passager, il n'y aura eu qu'un seul album et acoustique, ainsi qu'un 45 tours important pour le guitariste. Ca aussi, quelle expérience... Le single "Sailing" (reprise d'une chanson de Rod Stewart), réunissant divers grandes figures de la musique pop-rock - voire prog - de l'époque comme Fish, Marillion, Brian May, Bonnie Tyler ou encore Paul Carrack, avait pour but de récolter des fonds pour venir en aide aux boat-people. Ce sera en vain, le sort des hommes, femmes et enfants sera des plus malheureux, et tous ces échecs feront un mal fou à Steve. Ce n'est pas un hasard si je commence la chronique de ce DVD ainsi, de même que ce n'est pas pour rien si j'ai préféré le faire pour le DVD plutôt que le CD. Car Horizons est le pendant vidéo du live Time Lapse publié sur support CD en 1992, avec simplement une moitié de morceaux supplémentaires. Une moitié simplement, rien de plus. Et donc si j'ai choisi de divulguer ces détails pour le DVD, c'est parce que lorsque l'on regarde le concert, et bien qu'il soit encore un peu sage, on voit à quel point Steve est content de remonter sur scène, d'être (aussi ?) bien entouré...

Par rapport à ses tournées du début des années 80, si l'on excepte John Hackett toujours présent malgré le fait que ce soit pour la dernière fois parmi les groupes rock de son frère, l'équipe a été totalement remaniée. Cela ne signifie pas grand-chose, puisque seulement trois membres sont concernés, dont Fudge Smith, futur batteur de Pendragon qui remplace Ian Mosley (parti entretemps rejoindre Marillion), ainsi que Ian Ellis qui lui en plus d'être en lieu et place de Chas Cronk, accessoirement lance la mode toujours tenace des bassistes grands (Cronk l'était lui-même en fait) aux longs cheveux dans les groupes de Steve (!) Mais c'est surtout Julian Colbeck, claviériste-écrivain que l'on remarque le plus en dehors des frères Hackett. Faire suite à Nick Magnus n'est pas chose aisée, tant ce dernier composait une part importante de la musique de Steve y compris sur l'album de rock FM Highly-Strung. Mais Julian s'en sort plus que bien, en plus de ne point cacher son enthousiasme (ah ça non !), et s'il est le seul nouveau musicien de la formation a être resté auprès de Steve plusieurs années de suite, ce n'est pas pour rien. Un bon groupe en somme, pas son meilleur mais ne crachons pas dans la soupe.

Ah si, il y a un détail qui a de quoi vraiment faire râler, à juste titre. Les DVD des concerts de Steve pré-2000 sont vraiment TROP COURTS ! Tout comme le film Spectral Mornings sorti deux ans plus tard, Horizons ne contient qu'une moitié très approximative d'un concert, ici celui donné à Nottingham en 1990. D'accord, au départ ce n'était que pour une diffusion privée, m'enfin c'est rageant, et ce bien qu'entretemps, moult Live Archive et DVDs publiés nous donneront une image de l'excellence des concerts de Steve, mais ce seront essentiellement des prestations réalisées plus tard, beaucoup plus tard... Ici on ne peut que se sentir frustrés, d'autant plus que six titres et comme pas hasard les meilleurs, sont exactement les mêmes que ceux publiés sur le CD Time Lapse : les cinq premiers du DVD et "Clocks". Pour le reste, comment dire... ? Outre le classique "Horizons" (et à vrai dire le seul titre de l'acoustic set, un peu léger quoi), nous n'avons droit qu'à trois titres. Si "In the Heart of the City", dont l'enchaînement avec le final du très beau "Depth Charge" explique le fade-out un peu désappointant du CD, est aussi convaincant que fidèle à sa version "finale" (sur Guitar Noir trois ans plus tard j'entends), on ne peut pas en dire autant des deux titres restants. "Theatre of Sleep", même avec une ambiance particulière et inédite chez le Steve pré-Darktown, n'a jamais été un sommet, et le fait d'avoir gardé la clarinette de Bimbo Acock en overdub fait presque playback. Quant au "Jazz Jam", il est à prendre tel quel, avec le sourire en voyant les musiciens s'amuser, mais bon, c'est son seul réel intérêt. Bien évidemment, les versions de tous les autres morceaux, celles déjà connues grâce au CD Time Lapse gardent leurs attraits (the best "Camino Royale" version ever) et aussi leurs défauts (le chant, "en deça" on va dire). Le fait d'avoir les images en plus ici est tout de même d'autant plus sympathique que le tout est très bien filmé avec un son honorable - les amateurs du 5.1 y trouveront sans doute leur compte.

Comme je l'ai dit plus haut, on est surtout content de voir Steve s'éclater. Armé de sa guitare électrique flamboyante ou de sa guitare-synthé sur deux ou trois titres (on peut d'ailleurs voir cette dernière sur la première pochette de Time Lapse), ou encore de son harmonica - "Camino Royale" -, il brille de mille feux dans son costume solennel. Un peu sage certes, mais on le sent quand même libéré. Il sourit, fait des petits échanges avec ses musiciens, bref, on est vraiment content de le voir ainsi, et l'avenir s'annonce positif pour lui. Les autres musiciens lui rendent ses sourires, y compris John qui semblait si discret sur les premières tournées. Quel dommage que ce soit la dernière avec lui... Tous ces points, malgré l'aspect frustrant de la tracklist et de la longueur du concert, en font un film à voir, bien que cela s'adresse avant tout aux fans, ceux qui connaissent bien l'oeuvre de Steve en solo.

Il y a un dernier point à regretter : aucun bonus. Zéro. Rien qui concerne Steve du moins... Heureusement, le DVD est sorti chez Classic Rock et nous avons droit aux pubs de la firme, à savoir quelques extraits de divers DVDs de groupes très cotés dans le milieu. Mais même pour les meilleurs, à savoir Mostly Autumn, Karnataka et d'autres, on se rend compte à quel point ces DVDs live en masse ne retransmettent pas le potentiel de ces groupes... Ce n'est cependant pas le cas de Steve dont la technique ne pêche aucunement, tout comme le rendu des morceaux.

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   MARCO STIVELL

 
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- Steve Hackett (guitares, chant, harmonica)
- John Hackett (flûte, guitare, pédalier basse)
- Ian Ellis (basse, choeurs)
- Julian Colbeck (claviers, choeurs)
- Fudge Smith (batterie, percussions)


1. Camino Royale
2. Please Don't Touch
3. Every Day
4. In That Quiet Earth
5. Depth Charge
6. In The Heart Of The City
7. Horizons
8. Theatre Of Sleep
9. Jazz Jam
10. Clocks



             



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