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ROCK PROGRESSIF  |  DVD

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- Style : Bernard Benoit
- Membre : Genesis, Squackett, Gtr, Quiet World

Steve HACKETT - Spectral Mornings (2005)
Par MARCO STIVELL le 1er Novembre 2010          Consultée 1806 fois

8 novembre 1978. Steve HACKETT a quitté Genesis il y a tout juste un an, et le voici déjà avec un tout nouveau groupe, SON groupe, celui qui l'accompagnera en studio et tournée durant cette fin des années 70, et pour ce que beaucoup de fans appellent "le meilleur". Un groupe frais et fringant (on peut dire fraigant), rempli de bonshommes de grande taille et chevelus, mais sans barbe... Steve, lui a rasé la sienne depuis longtemps, il a gardé son costume des derniers temps avec Genesis, blanc avec pantalon dans les bottes marron, et il avance sur scène, armé de sa célèbre Les Paul. La scène de ce soir-là, c'est celle du studio de télévision allemand Musikladen, à Bremen (Brême pour la France). Ce concert donné en 1978 donc, a été exhumé "seulement" en 2005. Déjà rien qu'en regardant la set-list au dos de la boîte, on est un peu déçu car pour neuf morceaux au total, même en comptant les enchaînements avec d'autres titres ainsi que les deux en bonus, ça fait un peu "léger".

Mais c'est une vidéo d'époque et franchement même si la prestation est peut-être réduite, lorsque l'on regarde le film, on ne regrette plus rien, on se tait et on visionne avec le sourire. L'image est plutôt excellente et le son ne l'est pas moins. Le sourire, c'est pour tous les petits effets rajoutés au montage, parmi lesquels celui que l'on peut voir sur la jaquette du DVD, l'espèce de halo rose autour de Steve. C'est aussi et surtout bien évidemment pour la musique. Steve est comme je l'ai dit accompagné par son premier groupe qui, même s'il n'est pas considéré à l'unanimité comme son meilleur, du moins en comparaison avec celui des années 2000, reste quand même un très bon groupe avec au moins trois immenses musiciens dont l'ancien guitariste de Genesis. Nick Magnus, le second, ainsi que John Shearer sont cachés, l'un par sa montagne de claviers, l'autre par son énorme batterie (avec double grosse caisse). Pete Hicks n'apparait qu'épisodiquement et Dik Cadbury n'est pas beaucoup montré, sauf quand... on y reviendra. Mais celui qui force le plus de respect après Steve, c'et vraiment brother John. Placé à l'extrême-gauche, John est en dehors de Steve et Nick celui qui fait preuve de la plus grande musicalité, à la fois technique et raffinée, passant allègrement de la flûte à la guitare rythmique ou au pédalier basse. On notera aussi sa discrétion, il a l'air assez timide sur scène contrairement à Steve et Pete Hicks qui semblent montés sur ressorts, ou John Shearer qui fait des grimaces et hurle à la fin de son solo sur "Clocks-The Angel of Mons". A propos de Steve, rien ne fait plus plaisir de le voir ainsi quand on sait que les dernières années avec Genesis ont été plus ou moins difficiles. En même temps, il dira plus tard lui-même (grosso-modo) : "Dans mes tournées passées (en solo), il m'est arrivé de sauter comme un diable dans tous les sens, d'avoir du sang factice coulant au coin de mes lèvres..." Ici il est encore un peu sage pour ça, mais on le sent libéré, et la musique qu'il nous sert ici va dans ce sens.

Les titres choisis sont essentiellement extraits des deux premiers albums de Steve, Voyage of the Acolyte et Please Don't Touch ! Ce qui permet d'apprécier pas mal de ces morceaux que Steve ne jouera plus beaucoup après 1980-85. Et comme si cela ne suffisait pas, il nous ré... pardon il régale le public de ce soir-là de quelques morceaux du futur Spectral Mornings en avant-première, précisément le morceau-titre immensément beau (un sommet de romantisme hackettien) ainsi que "Clocks-The Angel of Mons". Tous deux sont dans leur structure conformes à leur version finale, Steve et Nick jouaient même déjà et contrairement à plus tard l'intro lumineuse, même en étant enchaîné au glauque "A Tower Struck Down", c'est dire ! Juste avant ce dernier, Steve fait un peu mumuse avec sa nouvelle machine, l'Optigan, un genre de sampleur. Du reste, et en matière d'intro, Steve ouvre le concert et "Please Don't Touch" avec une partie de guitare-synthé grisante, façon "Land of a Thousand Autumns", et de ça aussi, il faut en profiter. Le plus étonnant reste la manière dont "Ace of Wands" est morcelé : le final est placé en coda de "Racing in A", alors que le morceau est joué en tant que tel ensuite ! Ce dernier se termine donc avec la partie calme. Pour le moins intéressant... et original. Enfin, l' "Acoustic Section" se fait à la guitare classique, il s'agit de l'enchaînement "Traditional Guitar Exercise" / "Blood on the Rooftops" / "Horizons" / "Kim", avec John en renfort pour cette dernière. Rien de particulier à dire là-dessus, c'était déjà très joli.

Pas énormément de titres donc, mais pas mal de fureur, surtout du côté guitaristique. Si l'ensemble des musiciens se défend bien, Steve est hallucinant. Les vidéos de Genesis version 70's étant rares, il faut à tout prix se rabattre sur celle-ci pour voir qu'à 28 ans, Steve était depuis longtemps l'un des meilleurs guitaristes de la planète. Rah cette main gauche ! Et cette manière de triturer les cordes... Magistral. A l'inverse, le bémol du concert se place du côté du chant. Si l'effet sur la voix de Steve est plutôt marrant pour "Carry On Up the Vicarage" (seul titre sans faille sur le plan vocal), Pete Hicks a un peu de mal à atteindre aisément le niveau de Steve Walsh pour les morceaux de Please Don't Touch !, Phil Collins pour "Star of Sirius" (une version admirable). Et puis il y a "Shadow of the Hierophant", si je vous dis que le morceau est entier, vous me croyez ? Mais y a pas de femme pour le chanter ! Hé bien petit malins, sachez que monsieur Dik Cadbury possède un joli falsetto, bien qu'un peu, comment dire... "agressif". C'est le seul moment où on le voit vraiment... Pour en finir avec ces musiciens, les gens de la télé ont eu la sympathie de placer trois fois entre deux morceaux le line-up, et histoire de vous éviter de l'oublier, Steve vous le rappelle lui-même lors d'un titre qui leur est exclusivement consacré.

Performance honorable, ce concert d'une heure, une heure quinze si l'on rajoute les bonus, est bien évidemment dédié à tous les fans de Steve et possède pas mal de charme malgré quelques petites imperfections et une légère frustration, heureusement contrebalancées par un niveau musical et technique (pour la vidéo) presque au top.

Note réelle : 3,5/5

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   MARCO STIVELL

 
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- Steve Hackett (guitares, chant, choeurs, optigan)
- John Hackett (flûte, guitare, pédalier basse)
- Nick Magnus (claviers)
- Dik Cadbury (basse, chant, choeurs)
- John Shearer (batterie, percussions)
- Pete Hicks (chant)


1. Please Don't Touch
2. Racing In A
3. Ace Of Wands
4. Narnia
5. A Tower Struck Down / Spectral Mornings
6. Kim (acoustic Section)
7. Shadow Of The Hierophant / Clocks-the Angel Of Mon
8. Carry On Up The Vicarage (bonus)
9. Introduction Of The Band Members (bonus)
10. Star Of Sirius (bonus)



             



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