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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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- Style : Bernard Benoit
- Membre : Genesis, Squackett, Gtr, Quiet World

Steve HACKETT - To Watch The Storms (2003)
Par MARCO STIVELL le 16 Février 2011          Consultée 2016 fois

Le nouvel album rock tant attendu de Steve HACKETT, après le superbe Darktown. Quand arrive le disque entre mes mains, je suis comblé rien qu’en regardant la pochette avec le retour des splendides aquarelles de Kim. Reste à savoir si l’album vaut autant le coup. La tracklist indiquée est celle de l’édition spéciale, avec quatre morceaux bonus (sachant qu'il existe la version japonaise avec un supplémentaire) : "Pollution B", "Fire Island", "Marijuana Assassin of Youth" et "If you Only Knew".

To Watch the Storms, le nouvel album rock, s’ouvre donc de manière... Acoustique, avec le joli "Strutton Ground" et ses bandes inversées (un splendide travail de Jerry Peal) qui nous font déjà voyager. Ca sent quand même un peu le mystère tout ça. Une montée harmonique d’orgue d’église nous conduit vers "Circus of Becoming", sur lequel Steve nous prouve qu’il n’a pas perdu la main, pour ce qui est de faire joujou avec son Optigan (mais si, vous savez, le sampler de musiques d'orchestres old régime qu'il utilisait à la fin des années 70). Ca faisait longtemps qu’il ne nous l’avait pas sorti d’ailleurs, et il est mieux utilisé que jamais. Le morceau est partagé entre cet esprit "forain" et des passages plus "énervés" de toute beauté. Mais le premier titre vraiment rock, c’est le bouillonnant "The Devil is an Englishman", où la voix de Steve se fait délicieusement diabolique. En matière de saveur, les chœurs féminins sont aussi bien utilisés, et vraiment trop rares chez Steve donc encore plus appréciables. En matière de diabolisme, "Mechanical Bride" est bien placé aussi, cette version studio étant peut-être moins folle, mais plus puissante que celle du dernier live, Somewhere in South America (DVD). Quelle bonne idée que d’avoir mis ce piano métallique en intro, et d’avoir crée cet enchaînement avec "Frozen Statues", morceau jazz glacial avec piano et trompette. La suite est encore meilleure, avec tout d’abord le merveilleux instrumental "Wind, Sand & Stars". C’est la première grande intervention de la guitare classique sur l’album, seulement des carillons viennent rendre cette pièce plus éthérée, et on atteint un véritable sommet lors de l’entrée du piano et des cordes ("Stars"). Absolument magique ! Bien décidées à continuer, les cordes nylon nous conduisent vers "Brand New", où l’on se laisse surprendre par les parties vitaminées du refrain, génialissime. On vient ensuite se perdre dans les méandres des interventions de Ian McDonald au sax (presque mécanique) et du solo de guitare. Ce qui aurait pu être une simple chanson rock (même si efficace) se retrouve finalement avec un tas de petits détails inventifs. La guitare classique revient sonner le rassemblement et amène le superbe slow "This World", un grand, grand moment de romantisme hackettien. "Please come take this world from me"…

"Rebecca" ouvre la seconde partie en acoustique, avec un arrangement de cordes splendide. Les roulements de guitare suivant les refrains font toute la force de la chanson. En revanche, c’est après que le plaisir baisse, pour toute une partie du disque. Avec "The Silk Road", Steve tente de retrouver un son "world music" qu’il avait délaissé grosso modo depuis Till we Have Faces, mais cet instrumental (un genre de "Please Don’t Touch" oriental) n'est pas des plus inspirés, surtout pendant le solo de sax soprano. "Pollution B", morceau improvisé bizarroïde est suivi d’un blues assez sympa: "Fire Island". Quant à "Marijuana Assassin of Youth", avec son intro jazzy et sa volonté de coller des génériques de série TV (notamment Batman) à la suite, à la manière d’un pastiche, c’est un morceau amusant, mais d’un point de vue global, pas franchement indispensable. Autant dire que je ne suis pas très friand de ces morceaux bonus. Le bonheur revient cependant ensuite avec "Come Away", une mazurka très conviviale, sur laquelle il ne manque qu’un véritable accordéon. "The Moon Under Water" et "If you Only Knew", magnifiques interlude et conclusion à la guitare classique, encadrent la désormais bien connue "Serpentine Song", dédiée au défunt père de Steve (et de ce fait très touchante) avec de magnifiques envolées de flûte et de sax soprano à la suite, très bien gérées.

To Watch the Storms reste une belle réussite, même avec ces morceaux bonus (à l’exception de "If you Only Knew") qui ne s’intègrent pas très bien au reste. Peut-être aurait-il fallu tout simplement les éparpiller ? Non remarque, l'ordre des autres titres est impeccable. Et quoiqu’il en soit, les perles ne manquent pas sur cet album, autant dans les "rock" que dans les "acousticoclassiques". Ce qui est aussi génial avec cet album, c’est qu’il mérite justement bien ce qualificatif: "génial", car il y a beaucoup d’inventivité (un détail que l'on remarque particulièrement depuis Darktown), et un retour à un certain éclectisme qui fait vraiment belle figure. Un retour plus qu’honnête pour Steve. C'est aussi l'occasion pour lui de nous démontrer l'efficacité de son "nouveau" - formé depuis 2000 quand même - groupe plutôt jeune (hormis lui, King-Gregory-Townsend-O'Toole), et bien soudé.

N’empêche que les japonais ont bien triché. Pour leur seul pays, ils ont crée une édition encore plus spéciale avec un morceau bonus, "Flame", une chanson pop très sympathique avec harmonica...

Note réelle : 4 pour la version normale, 3,5 pour la version avec bonus.

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   MARCO STIVELL

 
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- Steve Hackett (guitares, chant, optigan, harmonica, koto, bâton d)
- Roger King (piano, orgue, synthétiseurs, vocoder, programmatio)
- Terry Gregory (basses, pédalier basse, chœurs)
- Rob Townsend (cuivres, instruments bois, flûtes)
- Gary O’toole (batteries, percussions, chœurs)
- Ian Mcdonald (saxophone)
- John Hackett (solo flûte)
- Jeanne Downes (chœurs)
- Howard Gott (violon)
- Sarah Wilson (violoncelle)


1. Strutton Ground
2. Circus Of Becoming
3. The Devil Is An Englishman
4. Frozen Statues
5. Mechanical Bride
6. Wind, Sand And Stars
7. Brand New
8. This World
9. Rebecca
10. The Silk Road
11. Pollution B
12. Fire Island
13. Marijuana Assassin Of Youth
14. Come Away
15. The Moon Under Water
16. Serpentine Song
17. If You Only Knew



             



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