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HARD ROCK  |  LIVE

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DEEP PURPLE - Made In Japan (1972)
Par A.T.N. le 24 Juin 2011          Consultée 4545 fois

« Le meilleur live de l’Histoire du Rock » (Pline l’Ancien), « Mes principes trouvent ici leurs limites : la violence peut s’avérer magnifique » (Gandhi), « J’ai écrit Crime et Châtiment en écoutant Made in Japan » (Dostoeivski), « Certes, Dieu est mort. Mais cet enregistrement ne mourra jamais » (Nietzsche), « J’apprécierais sûrement, si seulement j’avais une oreille musicale » (Johnny Ramone)

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Nous sommes en 1972, et les 5 membres de DEEP PURPLE sont en pleine ascension. In Rock (1970) les a installé sur la scène du rock lourd, dans le sillon du Dirigeable, et Machine Head (1972) a transformé l’essai en les plaçant numéro 1 en Angleterre et ailleurs. Ce concert issu de leur première tournée au Japon (3 dates entre Osaka et Tokyo) reprendra essentiellement des titres de cet album. Le groupe n’y croyait pas trop au départ, et n’avait que peu de foi pour les albums live en général. Mais Glover et Paice ont insisté, et la maison de disques a fini par le sortir. Boum, disque de platine.

La pure magie de ce double vinyle vient d’abord du son: rien d’ajouté, modifié, lissé, comme trop souvent sur ce type d'oeuvre. On se ramasse les gigawatts tels quels, en prise directe. Vrombissements, orages électriques, explosions de cymbales, roulements diaboliques, envolées vocales, c’est du 100% pur volt. Aujourd’hui encore, il y a de quoi être médusé devant la qualité de l’enregistrement. Un grand nombre de ‘live’ connus, issus de groupes planétaires, font pâle figure à côté.

Mais le choc essentiel vient des musiciens. Les déjà cultes « Child in Time », « Smoke on the Water » ou « Strange Kind of Woman » montraient un style rock bien musclé, une écriture ambitieuse et efficace, taillée pour laisser une empreinte sur toute une génération. Avec Made in Japan, l’évidence saute aux oreilles: ces musiciens sont absolument exceptionnels, et forment un ensemble soudé et parfaitement huilé, qui sait laisser la place à l’improvisation, dans une approche très jazz finalement, pour des moments de hard-rock, de blues, empreints de références à la musique classique, avec même quelques instants d’humour nichés dans les solos. Tout y est mieux qu’en studio, plus fort, plus virtuose, plus fou – attention: l’écoute de cet album rend impossible toute écoute des versions studio par la suite.

Au coeur de ces volcans électriques, Jon Lord est comme un savant fou derrière ses inimitables claviers organiques qu’il triture, torture, violente, dans des méandres qui évoquent un Jean-Sébastien Bach sous acide, perdu dans une fête foraine hallucinée.

Ritchie Blackmore lui renvoie la balle en cisaillant ses cordes à 1000 à l’heure, dans une cavalcade de notes reconnaissables entre toutes : agressives, mélodieuses, des coups de canif en rafale (dont un pain célèbre sur « Highway Star »). C’est Vivaldi qui répond à Bach. Tous étaient probablement assez shootés, mais chez le ténébreux guitariste c’était l’alcool. Gillian disait « Il suffisait que Blackmore me souffle dessus pour que je sois bourré ».

Gillian, parlons-en. A-t-on déjà entendu des hurlements aussi mélodieux? Comment résister à ces alternances de voix plaintives et de cris de douleur (« Child in Time »)? A quelle aune mesurer la folie de ce duel voix/guitare, sur « Strange Kind of Woman »?

Dans le fond se tient l’autre meilleure section rythmique du monde à l’époque (avec Bonham/Jones bien sûr), composée d’un Glover maousse, et surtout d’un Paice totalement incroyable. Pour contenir la démesure malade des solistes, il… ajoute de la démesure. Sauf que chez lui cette exubérance explosive reste millimétrique du début à la fin, malgré une rapidité d’exécution qui laisse pantois. Cette patate ébourrifante, cette énergie qui nous épuise rien qu’à l’écouter, est au service d’une précision d’artisan qui maintient Lord et Blackmore dans un cadre sur-mesure – c’est le cas de le dire.

Alors oui, il y a un solo de batterie. « The Mule » est le pendant pourpre de « Mody Dick ». Et c’est chiant, comme tous les solos de batterie. Pendant les concerts, j’en profite pour aller reprendre une bière. Quand j’écoute Made in Japan, je fais de même. C’est une respiration qui s’avère agréable, avant d’attaquer le blues-rock survitaminé de « Lazy » et les 19 minutes stratosphériques, proches du free-jazz par instants, de « Space Truckin’ ». Plus difficile d’accès, mais à connaître pour se faire juge de l’étendue de leur talent.

Ah qu’il est beau, ce silence incrédule, interminable, qui parcourt la foule à la fin du concert, avant que les applaudissements ne pleuvent. Ce silence… c’est aussi du DEEP PURPLE.


PS1 : la réédition de 1998 propose un double CD, avec 3 pistes additionnelles, qui font partie du même concert (« Black Night », « Speed King » et « Lucille », une reprise). On comprend pourquoi elles n’avaient pas été retenues, ces morceaux sont un cran en-dessous, des compositions plus faibles sur lesquelles le groupe semble un poil moins impliqué.

PS2 : l’album Live in Japan, triple CD sorti en 1993, vaut le détour : enregistrements des 3 soirées japonaises (15, 16 et 17 août 1972). Pour comparer les solos, la forme de chacun… un régal. Pour puristes uniquement. La photo de la pochette confirme cet état de fait déroutant : les spectateurs sont bien ASSIS pendant cet ouragan.

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   (2 chroniques)



- Ritchie Blackmore – Guitare
- Ian Gillan – Voix, Harmonica, Percussion
- Roger Glover – Basse
- Jon Lord – Claviers
- Ian Paice – Batterie


1. Highway Star
2. Child In Time
3. Smoke On The Water
4. The Mule
5. Strange Kind Of Woman
6. Lazy
7. Space Truckin'



             



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