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ROCK PROGRESSIF  |  COFFRET

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- Style : Bernard Benoit
- Membre : Genesis, Squackett, Gtr

Steve HACKETT - Live Archive 70, 80, 90's (2001)
Par MARCO STIVELL le 3 Avril 2012          Consultée 1422 fois

Enfin ! Sans même parler d’un tel objet, on attendait un live de Steve seul - donc exit les Tokyo Tapes - depuis longtemps, en électrique en tout cas, depuis le début de la carrière de Steve, Time Lapse ne nous ayant au final qu’à demi satisfaits, et ce n’est pas une histoire de qualité. En fait on voulait au moins quelque chose de son super groupe des années 70, voire un autre concert plus récent. Et du coup, Steve a bien fait les choses : on se retrouve avec non pas un, mais TROIS concerts, prélevés sur les trois dernières décennies.

Les deux premiers disques contiennent l’intégralité du concert donné à l’Hammersmith Odeon le 30 juin 1979, soit pendant la tournée Spectral mornings, et avec la formation culte d’alors. La part belle est faite à cet album comme on pourrait s’y attendre, mais Steve et son groupe ne rechignent pas à nous livrer du Voyage of the Acolyte, un peu de Genesis (en dehors de "I Know What I Like", c’est Steve seul à la guitare nylon), voire du matériel inédit ("Wardrobe Boogie", Steve qui fait mumuse avec son Optigan). Le son est de qualité correcte, sans plus. Le guitariste n’ayant connu qu’un bref succès à l’époque, on ne pouvait pas s’attendre à de la grosse machinerie. Mais dans l’ensemble, ça s’écoute bien, et il n’y a pas besoin de vraiment tendre l’oreille pour déceler les instruments. Bon bien sûr, ça peut influer sur certaines chansons, notamment "Tigermoth", qui peuvent paraître un peu brouillonnes, mais ne boudons pas notre plaisir. Car ce concert reste un très bon concert, avec un groupe en forme. En vérité, le seul point que je qualifierai de négatif concerne Pete Hicks. Il a un beau timbre et sa voix passe super bien en studio, mais en live, il a du mal… Ne vous attendez pas à du grand art, en particulier sur "Narnia", ni même sur "I know What I Like", joyeusement étirée… En fait les moments qui passent le plus facilement sont ceux en acoustique. Le medley est court, mais toujours aussi beau. A l’inverse, certains moments rock sont bien déchaînés, comme le court "Wardrobe Boogie". D'autres manquent peut-être un peu de vitamines ("Racing in A"), juste un petit peu (et encore, c’est seulement au début)... Mais le son y est pour beaucoup. Il est intéressant de remarquer que certains enchaînements bien pensés comme "Racing in A" qui reprend le final de "Ace of Wands", voire avec des moments "anachroniques" : la fin de "Please Don’t Touch" (je n’en dirai pas plus), ou celle de "Every Day" (moins énergique qu’en studio) qui n’est autre que "Jacuzzi" avant l’heure ! Et puis Steve liait déjà "A Tower Struck Down" (dont la fin arrache les tympans) à "Spectral Mornings", un moment qui fait partie des meilleurs du concert (bien qu'il y ait un peu trop de basses sur la seconde), tout comme les autres chansons de Spectral Mornings et surtout Voyage of the Acolyte. "Star of Sirius" enchante presque autant que si Phil Collins était parmi les vocalistes et la puissance du final est comme décuplée. On pourra juste regretter que la 12 cordes acoustique ait laissé place à la six cordes électrique, et le vrai cor anglais à un faux... De même que Sally Oldfield a laissé sa place à Dik Cadbury pour "Shadow of the Hierophant", mais il l’imite sans trop forcer. En bref une prestation honorable, pas franchement mythique (les parties vocales ne resteront pas dans les annales) mais qui reste un bon témoignage de cette période.

Le troisième CD est seul représentant des années 80, et pour être précis, il s’agit d’un concert de la tournée Cured en 1981, le 13 septembre au Castel Sant’ Angelo de Rome. Un concert que Steve décrit d’emblée comme le meilleur que ce line-up ait joué. On peut le croire, bien que ce ne soit pas le meilleur groupe qu’il ait eu, le quatuor Steve-John-Nick-Ian est en tout cas très solide. Le public, qui n’était certainement pas en nombre conséquent à connaître la dernière production de Steve alors, et qui devait s’attendre à voir un concert plutôt branché purement rock progressif, a dû être bien surpris. Il applaudit chaleureusement, mais pas autant que celui du précédent concert. Le son est quant à lui plutôt moyen. Et quant à la set-list, ben elle est remplie des trois quarts de Cured, avec quelques titres des deux albums précédents, et un zeste de Voyage of the Acolyte. Les chansons pop gentilles du dernier disque côtoient ainsi les morceaux les plus aventureux des autres albums, même si on trouve aussi des "The Show" et des "Every Day" (qui malgré son break final n’est pas sous son meilleur jour). Les interprétations sont fidèles, mais les chansons de Cured se retrouvent quelque peu transcendées, notamment au niveau de la voix (pour "Hope I Don’t Wake" il n’y a jamais eu ce problème) et de la batterie (forcément, Ian Mosley ne peut que remplacer au pied levé une boîte à rythmes). Le groupe se permet quelques petites libertés, mais surtout en ce qui concerne les anciens morceaux. L’enchaînement "A Tower Struck Down" / "Spectral Mornings" que l’on commence à bien connaître est toujours aussi réussi. Le passage de "Picture Postcard" (sans sax !) à "The Steppes" est assez excellent. Les frères Hackett sont au top comme d’habitude. Mais le ressenti à l’écoute de la prestation globale reste légèrement en-dessous de ce qu’il pourrait être. Peut-être est-ce dû au fait qu’il y a un petit désequilibre au niveau de la section rythmique. Si la performance de Ian est plus qu’acceptable, on ne peut pas dire autant de Chas Cronk, qui joue tel un bûcheron, avec sans doute un médiator clouté. Cela est aussi dû à cause du fait qu’il y avait déjà le Time Lapse pour cette tournée, et que même si la set-list ne fait pas trop doublon, on aurait bien aimé entendre autre chose des années 80, un concert plutôt de la tournée suivante, celle d’Highly-Strung donc (où tout l’album était joué en plus). Mais bon tant pis… Reste une prestation dans l’ensemble assez gentille, mais il manque un petit plus.

Et nous avons le dernier concert, la cerise sur le gateau… Ou plutôt non le gateau lui-même, une bonne part en tout cas. Il s’agit du concert enregistré le 08 juin 1993 au Grand Theatre de Londres, tournée Guitar noir. A mon goût le meilleur album jusqu'alors, le meilleur groupe, le meilleur concert, le meilleur son… Le meilleur album parce que c’est Guitar Noir, et qu’une majeure partie du show lui est consacrée. Le meilleur groupe du coffret parce que petit mais composé de quatre brutes. Julian Colbeck est décidément trop peu connu, la section rythmique également, composée de la virtuosité (ou plutôt virtubassité) de Doug Sinclair et de la batterie massive (mais pas bourrine) de Hugo Degenhardt. Ne manque que brother John… Mais il est malgré tout présent sur "Kim". Enfin le meilleur concert, parce que c’est comme ça. Cela concerne aussi bien le son que les prestations. J’en viens même à aimer enfin à sa juste valeur un titre comme "Vampyre With a Healthy Appetite", c’est dire ! Ca commence très fort avec le survolté medley d’ouverture enchaînant allègrement "Myopia" (seul morceau de Till We Have Faces jamais joué live, et encore ce n'est que le riff), "Ace of Wands", "Please Don’t Touch"… Les thèmes sont courts, mais c’est du très très bon. Il y a après cela tout ce florilège des chansons de Guitar Noir. "Sierra Quemada" enchante (comme sur album), "In the Heart of the City" (dont le côté rap est renforcé) et "Dark as the Grave" sont richement développées, Julian fait des merveilles au piano sur "Take These Pearls", et "There Are Many Sides to the Night" perd en classicisme (sauf le magnifique final) ce qu’elle gagne en matière blues. Cette version, ainsi que l’intro de "Lost in your Eyes" (piano-harmonica), préfigurent bien l’album alors à venir ("A Blue Part of Town" entre autres). "Cinema Paradiso" et "Walking Away From Rainbows" sont quant à elles un savoureux après-goût du magnifique live There Are Many Sides to the Night. Le chant de Steve, déjà en net progrès en studio, n’a ici rien perdu de sa profondeur. Les interludes acoustiques sont idéalement placés (même si un petit "Tristesse" n’aurait pas été de trop) et permettent de mieux savourer les passages les plus électriques. Parmi ces derniers, citons encore le medley de fin, aussi frustrant quant à la durée des passages mais aussi bon, "Vampyre With a Healthy Appetite" (qui restera pour moi la meilleure version connue de ce titre), cette prestation déjantée de "Always Somewhere Else", extrait inattendu d’Highly-Strung (avec une véritable prouesse-leçon de slap basse), ainsi que "In That Quiet Earth" qui, avec une telle section rythmique détonne encore plus que sur le Time Lapse Live et en guise de final. D’ailleurs la diversité, l’efficacité de toutes ces versions, le groupe, et le son aussi, me font presque préférer ce Live Archive 90’s au Time Lapse…Presque.

J’en étonnerai combien en disant que cet objet est in-dis-pen-sa-ble à tout amateur et fan de Steve ? Malgré un petit bémol pour le disque des eighties (et aussi pour les photos du livret qui sont vraiment trop petites), ces trois concerts sont des must-have, à écouter et réécouter.

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   MARCO STIVELL

 
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- Steve Hackett (guitares, chant, harmonica, optigan)
- John Hackett (flûte, guitare, pédalier basse)
- Nick Magnus (claviers - 70, 80)
- Dik Cadbury (basse, chant, choeurs - 70)
- John Shearer (batterie, percussions - 70)
- Pete Hicks (chant - 70)
- Chas Cronk (basse, choeurs - 80)
- Ian Mosley (batterie - 80)
- Julian Colbeck (claviers - 90)
- Doug Sinclair (basse - 90)
- Hugo Degenhardt (batterie - 90)


- disc 1 : Hammersmith Odeon - 30/06/79
1. Intro
2. Please Don't Touch
3. Tigermoth
4. Every Day
5. Narnia
6. The Red Flower Of Tai Chi
7. Ace Of Wands
8. Carry On Up The Vicarage
9. Etude In A Min
10. Blood On The Rooftops
11. Horizons
12. Kim
13. The Optigan
14. A Tower Struck Down
15. Spectral Mornings

- disc 2 : Hammersmith Odeon - 30/06/79
1. Introductions
2. Star Of Sirius
3. Shadow Of The Hierophant
4. Clocks
5. I Know What I Like
6. Wardrobe Boogie
7. Racing In A
8. Racing In A Coda

- disc 3 : Castel Sant' Angelo - 13/09/81
1. The Air-conditioned Nightmare
2. Jacuzzi
3. Funny Feeling
4. Ace Of Wands
5. Picture Postcard
6. The Steppes
7. Every Day
8. Overnight Sleeper
9. Hope I Don't Wake
10. Slogans
11. A Tower Struck Down
12. Spectral Mornings
13. The Show
14. Clocks

- disc 4 : The Grand Theatre - 08/06/93
1. Medley
2. Vampyre With A Healthy Appetite
3. Sierra Quemada
4. Take These Pearls
5. In The Heart Of The City
6. Walking Away From Rainbows
7. There Are Many Sides To The Night
8. Kim
9. Dark As The Grave
10. Always Somewhere Else
11. Lost In Your Eyes
12. Medley
13. Cinema Paradiso
14. In That Quiet Earth



             



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