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Wolfgang Amadeus MOZART - Symphonie N°26 Ouverture De Lanassa (harnoncourt) (1773)
Par CHIPSTOUILLE le 15 Novembre 2013          Consultée 1430 fois

De toute la série de symphonies que MOZART composa au printemps 1773, commande de 6 ouvertures adressée par l’opéra de Milan, la toute dernière, la symphonie n°26, est assurément la plus intéressante de toutes. Cette année qui voit MOZART revenir d’Italie pour s’installer dans son Salzbourg natal marque un tournant dans la vie de l’adolescent. Il commence alors à toucher ses premiers salaires. Son contrat, typique de l’époque, le réduit à une quasi-servilité, à se souscrire au bon vouloir de son mécène, le prince-archevêque Hieronymus Colloredo. Au commencement, le jeune MOZART n’a pas encore beaucoup de reproches à faire à son employeur, on peut même penser que de cet accès au statut social d’adulte le remplit de satisfaction. Doué d’une certaine flexibilité dans sa capacité à composer en fonction de la demande, il va cependant commencer à montrer une certaine réticence. Opposition naissante qui va s'exprimer par une forme d'expérimentation.

L’époque vit une révolution des mœurs avec le siècle des lumières. Ce que Rousseau ou Diderot ont apporté, c’est que la résignation au malheur n’est plus une fatalité pour l’homme. Ce discours qui pousse (peut-être inconsciemment) Leopold MOZART à vouloir un mieux pour son fils Wolfgang, conduira le fils à un état d’insatisfaction grandissant. Loin de vouloir immédiatement claquer la porte dès 1773 (il démissionnera pour la première fois 4 ans plus tard), le jeune employé comme bien d’autres artistes allemands, en particulier écrivains, fait de son art un moyen d’expression de cette révolte muette. Ce que l’on baptisera plus tard le « Sturm und Dräng », littéralement tempête/orage et élan/passion, loin de contredire les lumières, est la réaction de frustration qui découle de ce nouveau courant de pensée.

MOZART avec sa symphonie n°26 (1), s’ouvre ainsi à la dramaturgie. Ce qui sera par la suite sa marque de fabrique. Son premier mouvement adresse en premier lieu des pointes aristocratiques, avec ses notes piquées plus que jouées. Piliers du temple galant de la musique d’époque, leurs jours laissent entrevoir une mélancolie que l’on ne prêterait pas à un jeune homme de 16 ans. Le mouvement lent, le plus réussit des trois, confirme cette nostalgie naissante, idéal utopique et inatteignable. La fin se fond dans l’ouverture de l’Allegro conclusif. Si rien de particulier ne se dégage du thème, en revanche un pic de violence, annonçant la trilogie à venir (28e, 25e et 29e), culmine et marque ainsi une signature. Si ce n’est que l’espace d’un instant, MOZART parvient bien à nous toucher au cœur.

Le sous-titre d’ « Ouverture de Lanassa » est assez trompeur quant aux intentions de MOZART sur le devenir de sa symphonie. A la fin de cette même année, il débutait l'écriture d'un opéra intitulé « Thamos, roi d’Egypte ». La symphonie n°26 dont MOZART avait senti le potentiel sera alors envisagée en guise d’ouverture. Faute de pouvoir être monté, l’opéra fut temporairement abandonné (pour être repris et achevé en 1779). La partition, ouverture comprise, sera finalement recyclée dans un autre opéra, intitulé Lanassa; d'où l'attribution quelque peu faussée du nom.

On ne connait aujourd’hui pas précisément l'ordre des 6 symphonies du printemps 1773. Leurs dates de composition ont été grattées, on ne sait ni pourquoi, ni par qui. L'aspect tragique de cette symphonie la rapprochant des 3 suivantes, c’est ainsi que les biographes la placent aujourd’hui en dernière position. Si la filiation est une évidence, on préférera se tourner vers HAYDN ou Carl Philip Emmanuel BACH si l’on est en manque de « Sturm und Dräng ». On ne décèle ici en effet qu’une jeune pousse prometteuse, pas encore le génie qu’elle deviendra.

(1) Il compose à la même époque l'opéra Lucio Silla qui marque également un tournant

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- Royal Concertgebouw Orchestra
- Nikolaus Harnoncourt (direction)


1. Symphonie N°25 En Sol Mineur (k 183)
2. Allegro Con Brio
3. Andante
4. Menuetto
5. Allegro
6. Symphonie N°26 En Mi Bémol Majeur (k 184)
7. Molto Presto
8. Andante
9. Allegro
10. Symphonie N°28 En Do Majeur (k 200)
11. Allegro Spiritoso
12. Andante
13. Menuetto: Allegretto . Trio
14. Presto



             



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