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Wolfgang Amadeus MOZART - Symphonie N°30 (harnoncourt) (1774)
Par CHIPSTOUILLE le 13 Mars 2014          Consultée 1739 fois

Il n’est d’œuvre plus exemplaire que la symphonie n°30 de MOZART pour illustrer sa « capitulation » face au goût de ses mécènes, en particulier le prince-archevèque Colloredo. On explique mal ce qui provoque chez le jeune salzbourgeois en ce mois de mai 1774 un profond revirement de style. Peut-être les biographes amplifient-ils le revirement en classant de part et d’autre d’une frontière imaginaire les œuvres non précisément datées (ce qui est le cas de la symphonie n°29). Toujours est-il que la symphonie n°30 est en totale rupture avec la période qui s’achève. On sait que ces œuvres précédentes n’avaient été que peu appréciées par le public. Il est probable que Leopold MOZART soit également déclencheur d’une remise en cause chez Wolfgang. Si l’on excepte de rarissimes montées colériques dans le menuet, l’expressionnisme de MOZART s’est comme dissipé d’un seul coup. Et, sûrement encore peu à l’aise dans ce nouveau costume de contraintes, il est probable que le compositeur s’y soit employé à contre cœur.

En effet, si l’on considère la période, MOZART vient d’enchaîner la composition de symphonies en y déployant une certaine richesse, sans toutefois encore atteindre sa pleine maturité. La n°30 clôt d’une certaine façon la période, en reniant toute forme d’évolution. Le jeune salzbourgeois ne s’adonnera plus à l’exercice que via quelques ouvertures d’opéra (non numérotées) jusqu’en 1778 lors de son périple à Paris, soit 4 ans plus tard avec la symphonie n°31 qui porte le même nom. Entre temps, sa musique orchestrale va davantage se concentrer sur les concertos, qui lui offriront plus de réussite.

La symphonie n°30 est propice aux changements, sans réelle ligne de conduite, elle vogue d’une idée à l’autre sans unité. Des myriades d’idées mélodiques font ici irruption, parfois élégantes, souvent sans réel fond. Le compositeur se veut ici divertissant, reprenant les codes de la symphonie de Mannheim. On est de toute façon loin des chefs-d’œuvre précédents. Tout au mieux peut-on retenir quelques passages du premier mouvement, entrelaçant quelques courbes rondes et féminines. Les violons y ont une certaine tendance à devenir concertants, ce qui annonce peut-être les oeuvres à venir. Le point culminant de la symphonie est son menuet, un monstre pris de sautes d’humeur, coupé dans ses élans, s’arrêtant en plein essor pour discourir de choses futiles. Le mouvement n’est pas sans intérêt mais génère plus de frustrations que d’enthousiasme.

Nous n’évoquerons même pas le reste qui ne mérite aucune attention. Il est d’ailleurs regrettable que cette œuvre jouisse d’autant d’enregistrements. Elle ne doit ce statut qu’au fait qu’elle ait été écrite par MOZART, compositeur bien plus talentueux par ailleurs. On conseillera Harnoncourt qui s’emploie du mieux qu’il peut à faire ressortir les idées multiples qui chevauchent la symphonie. Peut-être pouvons nous profiter du fait qu’il n’y ait rien de franchement intéressant à en dire pour évoquer d’autres compositeurs contemporains bien plus intéressants dans le domaine. Si vous ne connaissez pas encore HAYDN, c’est une grave erreur, bien que lui aussi fut contraint de changer ses habitudes au tournant des années 1770. Arrêtons-nous cependant sur quelques compositeurs plus méconnus. Seront conseillés aujourd’hui Antonio ROSETTI, compositeur bohémien (son nom d’emprunt à consonance italienne pourrait vous duper) très talentueux en ce qui concerne l’art de la symphonie classique. Evoquons également Anton FILS, encore moins célèbre, dont une œuvre, une seule semble-t-il, a été enregistrée à ce jour. Le concerto Köln, défricheur de ces talents aujourd’hui oubliés, est une formation qui ne tarit pas de trouvailles pertinentes.

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- Royal Concertgebouw Orchestra
- Nikolaus Harnoncourt (direction)


- symphonie N°29 En La Majeur K. 201
1. Allegro Moderato
2. Andante
3. Menuetto
4. Allegro Con Spirito
- symphonie N°30 En Ré Majeur K. 202
5. Molto Allegro
6. Andantino Moto
7. Menuetto . Trio
8. Presto
- symphonie N°31 En Ré Majeur K. 297
9. Allegro Assai
10. Andante
11. Allegro
12. Andante (2nde Version)



             



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