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Wolfgang Amadeus MOZART - Litaniae Lauretanae Kv 175 (marriner) (1774)
Par CHIPSTOUILLE le 8 Mai 2015          Consultée 1100 fois

Les amateurs de musique religieuse, une fois découvert le requiem de MOZART, seront peut-être déçus au regard du reste de sa production. Certes, il y a la messe en ut mineur, un autre pilier au milieu de l’œuvre du génie. On parlera également de la messe du couronnement, dont l'Agnus Dei magique enchante encore nos oreilles. Quoi d’autre ? Un petit Ave Verum Corpus, que vous connaissez sans doute, sans savoir qu’il est de la main de MOZART et… puis c’est tout ? Pourtant la production de messe chez MOZART a été plus que pléthorique. Elle semble pourtant presque s’arrêter lors de son départ pour Vienne en 1781. Aurait-il fait germer un sentiment anticlérical de par son opposition au Prince-Archevêque Colloredo dont, rappelons, il était le serviteur ?

Non, la raison de la baisse de productivité dans le domaine religieux de la part de MOZART est avant tout politique. En effet, un décret de l’empereur joseph II concernant la musique d’Eglise imposa de nombreuses contraintes sur les règles de compositions, qui furent perçues comme un frein à la créativité. MOZART n’était pas un cas isolé et nombreux compositeurs préférèrent alors se tourner vers la musique profane. Il faut donc chercher avant, dans les années 1770 voire antérieures pour trouver un MOZART prolifique dans le domaine religieux. Malheureusement, nombre de ses compositions sont le reflet de la capitulation de Mai 1774, que nous évoquions dans la chronique de la symphonie n°30.

Pour dater avec une telle précision ce revirement de situation, on peut imaginer que les biographes se basent sur les Litaniae Lauretanae KV 195, soit litanies de Lorette (1) en français, composées en Avril 1774. La « Stimmung » de MOZART, nom donné par ses biographes par l’impulsion tragique qui caractérise ses œuvres de 1773-74, y était toujours présente. Cette impulsion s’inscrivait dans la mouvance Sturm und Drang qui prit plus ou moins d’importance chez ses contemporains. On la trouve ici principalement dans le mouvement central "Salus Infirmorum", qui recèle en son cœur un déchirement digne du MOZART de la postérité. Et, si l’œuvre possède un quelconque intérêt, c’est avant tout pour ce mouvement, qui rappellera à votre bon souvenir les meilleures heures de la messe en ut ou du requiem.

Rappelons également, nous ne l’avions pas évoqué dans la chronique du précité requiem, que MOZART et son père, en 1772, assistèrent aux premières représentations du requiem de Michael HAYDN. Cette œuvre également dans ladite mouvance Sturm und Drang, fit forte impression sur MOZART (alors agé de 15 ans). Les similitudes qui existent avec son propre requiem, qui sera écrit 20 ans plus tard, se passent de démonstration. Nous reviendront sur cette œuvre capitale dans une chronique dédiée, mais disons simplement qu’avant de découvrir BACH, MOZART eu d’autres influences, qui le menèrent à des épisodes de tragédie lyrique saisissants, tel que ce "Salus Infirmorum".

Le reste de l’œuvre n’est malheureusement pas à la hauteur de ce mouvement central qui, s’il n’égale pas le "Qui Tollis" de la messe en Ut, forme comme lui une sorte de pic qualitatif que l’on attend avec impatience, et dont on ne se remet pas tout à fait. Le tout forme un ensemble quelque peu bancal, dont les plats moribonds peinent à combler le vide. Attention, c’est tout de même du MOZART, ça reste d’un niveau tout à fait correct. On pourra d’ailleurs faire plus d’une comparaison avec les messes contemporaines de Joseph HAYDN, qui parviennent à éveiller notre curiosité lors de certains pics d’intensité, sans jamais toutefois rester en mémoire. Exception faite de la messe de Sainte Cécile (n°5), mais nous digressons à nouveau.

Les Litaniae Lauretanae (KV 195, précisons que ce sont les secondes composées par MOZART) ne sont donc pas une œuvre majeure du compositeur, et feront donc bien souvent office de bouche-trou plaisant, faute de mieux. Elles figurent notamment sur un double-disque de Neville Marriner rassemblant le requiem donc, et la fameuse messe de couronnement, trop courte pour remplir un second disque à elle seule. Malgré ce mouvement de fulgurance, les Litaniae Lauretanae ont donc plongé dans les limbes de l’inconnu, comme tant d’œuvres du XVIIIe, soumises à une rude concurrence et aux affres du temps.

(1) Les litanies de lorette sont des prières, relativement répétitives, adressées à Marie. Elles ont une origine inconnue, mais on suppose qu’elles sont associées à Lorette, propriétaire du lieu où la maison de Nazareth (là où vécue Marie et où le St Esprit lui serait venu) fut, selon la légende miraculeusement transportée par des anges. Cette même Lorette a d’ailleurs donné « Notre-Dame de Lorette », que les usagers de la ligne 12 du métro parisien connaissent au moins de nom.

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   CHIPSTOUILLE

 
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- Ileana Cotrubas (soprano)
- Helen Watts (contralto)
- Robert Tear (ténor)
- John Shirley-quirck (baryton)
- Ema Spoorenberg (soprano?)
- Academy Of St-martin-in-the-fields
- Neville Marriner (direction)


- litaniae Lauretanae Kv 175
1. Kyrie
2. Sancta Maria
3. Salus Infirmorum
4. Regina Angelorum
5. Agnus Dei



             



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