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Wolfgang Amadeus MOZART - Symphonie N°31 Paris (harnoncourt) (1778)
Par CHIPSTOUILLE le 11 Avril 2014          Consultée 1724 fois

La capitale haussmannienne coiffée de hauts-monuments, qui ont vu pour la plupart le jour au XIXe siècle, n’a que peu de rapport avec le Paris que Wolfgang Amadeus MOZART rejoignait en cette année 1778. A cette époque, le jeune musicien cherche par tous les moyens, aidé par son père, à se trouver une situation hors de Salzbourg. Milan lui sera déconseillée, il porte donc son dévolu à l’Ouest : Munich, Augbsburg, Mannheim seront autant d’étapes qui le conduiront vers Paris. A Mannheim, il rencontre surtout la famille Weber dont il tombe amoureux de la seconde fille Aloysia. Cette jeune cantatrice talentueuse ignorera le compositeur à son retour, c'est sa sœur Constance qu'il finira plus tard par épouser. Il faut également préciser qu’il rencontre à Mannheim plusieurs instrumentistes, avec qui il noue des liens. Au passage il acquiert un savoir faire dans le domaine de la symphonie concertante, spécialité locale.

A Paris, on ne l’a plus joué depuis 10 ans. L’enfant prodige n’est désormais plus qu’un lointain souvenir, même si la famille royale prend la peine de le recevoir. Il retrouve à cette cours Johann Christian BACH, l’une de ses principales influences, qu’il côtoya à Londres dans sa jeunesse. La vie musicale parisienne d'alors est gouvernée par deux sociétés rivales, le Concert spirituel et le Concert des amateurs, toutes deux férues de musique instrumentale. C’est en la personne de Jacques Legros que MOZART rencontre le dirigeant de la seconde, celui-ci lui commande une symphonie. C’est en premier lieu la symphonie concertante pour 4 vents K297a que MOZART destine à cette commande. Ne nous en est parvenue qu’une version K297b, qui remplace la flûte, peu appréciée du compositeur, par une clarinette. Une insatisfaction qui pourrait avoir pour origine monsieur Legros. Peu satisfait de la symphonie concertante, il demanda à Mozart d’en recomposer une autre, plus au goût du public Parisien. C’est dans ces conditions que naquit la symphonie n°31, dite Paris.

Cette œuvre pivot de la carrière du compositeur, un succès si l’on en croit les lettres de Wolfgang adressées à son père, très relatif si l’on se réfère aux critiques des journaux, devait encore une fois être modifiée. Monsieur Legros trouvant l’Andante trop long et personnel, demande une nouvelle fois à MOZART de revoir sa copie. Malgré sa genèse tumultueuse, la symphonie Paris, trouvant une sorte d’équilibre entre le goût de l’époque et l’essor naissant du génie, sera rejouée à de nombreuses occasions dans les années suivantes. En 1787, soit presque 10 ans plus tard, c’est en souhaitant lui réécrire un final que MOZART enfantera finalement de la symphonie n°38 « Prague », un futur succès dans la capitale bohémienne. La symphonie n°31 est en outre, depuis la capitulation de 1774 et jusqu’à la précitée 38e, la symphonie la plus intéressante du compositeur.

Le premier mouvement nous fait entendre un orchestre classique complet, une instrumentation plus riche qui se démarque en effet de tout ce qui précède. Malgré un thème réussit, il manque encore une petite touche de maturité qui marque les indispensables de MOZART. Au jeu des Andante, la deuxième version est la plus régulièrement jouée. On lui préfèrera la première, qui a cette petite touche magique de mélancolie mozartienne. Sans égaler le mouvement lent de concerto pour flûte et harpe qui vit le jour la même année, son thème principal jouit d’une déformation progressive délicieuse, entêtante même. La seconde version, sans grand rapport, est bien fade en comparaison. Quant au final, on se demande bien ce que MOZART y trouvera à redire pour vouloir le réécrire. Bien sûr, nous ne sommes pas au niveau des dernières symphonies, mais il s'agit du mouvement le plus réussit. Peut-être MOZART voulait-il parfaire la symphonie qui au fil des ans lui avait jusqu’alors fournit le plus de satisfaction?

Du reste, le voyage à Paris devait s’écourter, malgré quelques rentrées pécuniaires. En effet, après Voltaire et Rousseau, 1778 verra également la fin de Anna Maria Pertl, mère du génie dont le tombeau se trouve encore dans l’église Saint Eustache, près des Halles. Quelque peu rendu coupable de cette disparition par ses proches, le jeune Wolfgang sera ainsi sommé par son père de rentrer à Salzbourg. Ce qui mit abruptement fin aux ambitions françaises de MOZART, l'Est lui donnera plus de satisfaction.

Côté interprétations, sans être rare -MOZART oblige- la symphonie n°31 « Paris » n’est pas la plus jouée du compositeur. Nikolaus Harnoncourt décide de ne pas trancher entre les deux versions de l’Andante, plaçant la seconde après les 3 autres mouvements. Une interprétation qui tient cependant plus de l’anthologie que de la volonté de vouloir se démarquer. On n’en demande pas plus.

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- Royal Concertgebouw Orchestra
- Nikolaus Harnoncourt (direction)


- symphonie N°29 En La Majeur K. 201
1. Allegro Moderato
2. Andante
3. Menuetto
4. Allegro Con Spirito
- symphonie N°30 En Ré Majeur K. 202
5. Molto Allegro
6. Andantino Moto
7. Menuetto . Trio
8. Presto
- symphonie N°31 En Ré Majeur K. 297
9. Allegro Assai
10. Andante
11. Allegro
12. Andante (2nde Version)



             



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