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Wolfgang Amadeus MOZART - Concerto Pour Piano N°6 (perahia) (1776)
Par CHIPSTOUILLE le 1er Juillet 2015          Consultée 1049 fois

En préambule de cette chronique, il me faut à nouveau évoquer ces fameuses « Stimmung » et « Capitulation » qui colorent la musique de MOZART adolescent. La « Stimmung », c’est cette impulsion tragique qui apparaît au milieu de l’année 1773 dans la musique du génie. C’était en réalité une mode, voire une mouvance, plus communément appelée « Sturm und Drang » par les historiens. La « Capitulation » est l’évènement inverse, tout aussi brutal. En effet, dès mai 1774 MOZART semble contraint d’abandonner cette façon de composer pourtant pleine de promesses.

Si l’on prend un peu de recul, on s’aperçoit cependant que MOZART en 1773 avait un certain train de retard sur la concurrence. On peut présumer que les mécènes s’étaient déjà lassés de ces élans tragiques. On pourra objecter bien des choses à ce rejet d’œuvres pourtant qualitatives. Plus d’un biographe depuis s’est d’ailleurs scandalisé à voir de quelle façon MOZART ou HAYDN ont dû ainsi s’adapter à la demande. L’ère romantique à venir leur donna de toute façon raison.

Mais revenons au sujet de la chronique, le concerto pour piano n°6. Il serait simple de l’écarter d’un revers de la main, c’est d’ailleurs pratiquement ce que nous allons faire, en prétextant cette fameuse capitulation comme tête de turque. Pourtant, au jeu des comparaisons avec le concerto n°5, qui lui a vu le jour avec la « Stimmung » aux fesses, et cela s’entend, on donnera la préférence au plus récent.

On oublie souvent que le terme « classique » est avant tout synonyme de « tube », de « hit », d’incontournable. Si le style galant est faible sur la technique, il a surtout imposé de donner de l’importance à la mélodie. On peut alors se poser la question, MOZART serait-il si populaire, aurait-il traversé les siècles s’il n’avait dû se contraindre aux attentes de ses mécènes ? On m’objectera, et on aura d’ailleurs raison, que c’est en défiant cette contrainte qu’il est parvenu à créer tant de chefs-d’œuvre. Pourtant, sans donner de primauté à la mélodie, pas de petite musique de nuit, pas de marche turque, pas de quarantième, pas de Voi, che sapete. Sans la technique ? Pas d’air de la reine de la nuit, pas de Confutatis, pas d’Adagio et fugue en ut mineur…

Ainsi, il ne faut pas voir dans ces concertos pour piano n°5 et 6 les cousins éloignés des symphonies n°25 et 30. Ce n’est pas l’histoire des symphonies qui se répète ici. Dépourvu de son but mélodique, le concerto n°5 s’égarait dans une tripotée d’effets de styles, qui nous font bien reconnaître le MOZART des grands jours entre deux manœuvres, mais dont on ne retient rien.

A l’opposé, le concerto pour piano n°6 – qui voit le jour 2 ans après les faits, soit après les 4 derniers concertos pour violon – dispose d’un rondeau final qui touche au but. Simple, élégante bien qu’un peu bonhomme, la mélodie ici proposée fait partie de celles que l’on retient. Nous sommes ici encore assez loin de l’Allegro conclusif du concerto n°15 (de 1784), qui partage la même tonalité. Mais ce concerto n°6, pour peu que vous lui laissiez sa chance, devrait pouvoir vous séduire, au moins l’espace d’un mouvement réussi.

Ce n’est donc pas avec le concerto n°5 qu’il fallait comparer, ou plutôt si, mais celui pour violon et orchestre, daté de 1775. C’est à partir de là qu’on peut vraiment parler de déception. On peut toujours comprendre que les modes changent au gré des saisons, on pourra plus s’étonner de la soudaine passion de MOZART pour le pianoforte, surtout avec des premiers essais comme celui-ci. Les rares qualités du concerto pour piano n°6 sont en effet bien maigres en comparaison de celles des concertos pour violon qui précèdent.

Bien entendu, à l’écoute de concertos pour piano plus tardifs, l’avenir donne raison à MOZART d’avoir insisté. Cette œuvre aujourd’hui oubliée, que Murray Perahia ressuscite avec le plus grand soin, claque la porte au nez du violon (1) pour continuer dans une voie qui sera plus tard fructueuse. Malgré un dernier mouvement réussi, et deux autres qui n’ont rien de véritablement honteux, le concerto pour piano n°6 n’est jamais passé à la postérité.

(1) A noter toutefois, que l’attribution du concerto pour violon n°7 dit Kolb de 1777 n’est toujours pas tranchée avec certitude. Le n°6 quant à lui a définitivement été attribué à Johann Friedrich ECK (1767-1838), qui serait tout de même parti d’une ébauche écrite par MOZART. A noter également l’existence d’un « concerto Adelaïde », de Marius CASADEUS (1892-1981) que lui-même avait faussement attribué à MOZART. Il avait été décrit comme étant une œuvre de jeunesse lors de sa publication en 1933.
Suite aux doutes formulés par de nombreux experts quant à son authenticité, CASADEUS dévoila finalement la supercherie.

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   CHIPSTOUILLE

 
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- English Chamber Orchestra
- Murray Perahia (piano, direction)


- concerto Pour Piano N°6 En Si Bémol Majeur K238
1. Allegro Aperto
2. Andante Un Poco Adagio
3. Rondeau. Allegro



             



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