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Wolfgang Amadeus MOZART - Concerto Pour Piano N°19 (grimaud) (1784)
Par CHIPSTOUILLE le 7 Avril 2016          Consultée 736 fois

La franc-maçonnerie est une société connue pour son culte du secret. Pourtant, l’un des rares détails que l’on connaisse à propos de l’écriture du concerto n°19 de MOZART est l’intronisation de ce dernier à la loge de la « bienfaisance » 3 jours après son achèvement. Ce n’est d’ailleurs plus un secret pour personne, MOZART était franc-maçon. Si Amadeus, très libre adaptation de la période Viennoise du compositeur, n’en fait pas mention, c’est évidemment pour éviter de confronter entre elles les deux théories les plus célèbres quant à la mort du compositeur. Nous ne reviendrons pas sur celle développée par le film, et nous vous renvoyons à la chronique du Requiem pour plus de détails. La seconde, moins connue de nos jours, prend sa source dans les références franc-maçonniques présentes dans la flute enchantée. Les francs_maçons, irrités de la démarche, auraient assassiné MOZART. Une théorie tout aussi fumeuse, quand on sait le rôle qu’Emmanuel Schikaneder, librettiste, ami du compositeur, et lui aussi franc-maçon a joué dans l’achèvement de l’œuvre. Il ne mourra qu’en 1812.

Tout ceci nous éloigne de cette mystérieuse fin d’année 1784. Si le mystère l’entoure, c’est que l’intégralité de la correspondance de MOZART dans cette période a disparue. Les soupçons d’épisode romantique qui expliqueraient ce mystère ne semblent pas correspondre avec l’intention dessinée par notre concerto. La célèbre sonate pour piano n°14, précédemment composée, semble être plus adaptée pour évoquer ce sujet plus en détail. Notons cependant, outre cette entrée dans la franc-maçonnerie, qu’il subsiste un léger doute quant à l’identité du concerto dédié à la fameuse pianiste aveugle Maria Theresa Von Paradis. Mais les biographes s’accordent généralement pour avancer le concerto n°18.

Ce concerto n°19 qui semble pourtant porter en lui quelques traces de mélancolie, est avant tout dominé par un esprit de conquête. Le premier mouvement en effet, avance ses notes de manière décidée. Il faut dire qu’en cette période, MOZART enchaîne les œuvres du genre et qu’elles contribuent grandement à son succès. Naturellement il gagne en assurance, ce qui se ressent tout du long de cette œuvre. Ses instants de doute face au génie de BACH sont loin, le temps de la capitulation face à ses aspirations Sturm Und Drang l’est plus encore.

Le second mouvement oppose au rythme enlevé du premier une sérénité très légèrement troublée. Pourtant il s’agit d’un Allegretto, un rythme ni lent ni rapide, qui se définit plus par contraste qu’il ne se range dans une catégorie. Si MOZART ralentit la cadence, forme classique vif-lent-vif du concerto oblige, il le fait le moins possible. Les interprètes modernes semblent cependant ignorer cette intention et marquent bien trop souvent le ralentissement. Fort heureusement le troisième et dernier mouvement, un superbe clair-obscur musical opposant ses deux thèmes, repart de plus belle.

Malgré ses quelques prouesses, le concerto pour piano n°19, comparé aux suivants, boxe dans une autre catégorie. Une catégorie dans laquelle le précédent pourrait concourir, mais qui s’avère un pari risqué pour celui-ci. Une histoire de second mouvement qui s’étire trop en longueur, d’un grain de folie que l’on ressent mais que l’on souhaiterait voir germer et s’étendre dans le dernier mouvement. Peut-être la faute incombe à un empressement qui brouille parfois le message.

Ou bien est-ce une question d’interprétation ? Le véritable mystère du concerto pour piano n°19 semble être l’incapacité de ses interprètes à y exprimer leur personnalité. Perahia, Lupu et même la grande Mitsuko Ueda semblent n’avoir rien à raconter tellement leurs jeux se confondent. Quand on remarque des différences comme chez Barenboim qui tente pourtant de jolies choses, ou Pollini, c’est pour déplorer une qualité sonore bien en deçà du niveau auquel on est en droit de s’attendre. Alors, histoire d’être sûr, on appelle Andreas Staïer et le Concerto Köln, histoire de foutre un bon coup de pied dans la motte de beurre à coup de pianoforte qui picote et de crincrins qui grattent. Ca défouraille, on n’est assurément pas déçu du voyage. Il existe cependant d’autres exceptions qu’il faut connaître et qui jouent plus la carte de la subtilité, comme cette version d’Ashkenazy, généreux interprète qui dans l’empressement de la mélodie prend le temps de respirations bienvenues. On donnera finalement la fleur à Hélène Grimaud qui, dans cette course à la testostérone, entoure son anguleuse main gauche de rondeurs voluptueuses et romantiques du côté droit.

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- Hélène Grimaud (piano)
- Orchestre De Chambre De La Radio Bavaroi


- concerto Pour Piano N°19 En Fa Majeur K 459
1. Allegro Vivace
2. Allegretto
3. Allegro Assai



             



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