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Wolfgang Amadeus MOZART - Concertone Pour 2 Violons (fischer, Kreizberg) (1774)
Par CHIPSTOUILLE le 30 Septembre 2016          Consultée 584 fois

Qui aujourd’hui écoute encore la symphonie Iena ou encore le concerto Adelaïde ? Ces deux œuvres, qui furent faussement attribuées respectivement à BEETHOVEN et à MOZART, séjournent dans les oubliettes depuis que la supercherie a été dévoilée. C’est toute l’importance du contexte face à la musique. Combien de travaux d’auteurs inconnus mériteraient d’être redécouverts ? Combien de pages mériteraient d’être oubliées bien qu’elles soient estampillés du sceau des plus grands compositeurs ? Parfois, des détails plus anodins bouleversent notre compréhension de la musique. Dès lors, par exemple, que l’on est en mesure d’établir avec précision la date d’une composition, le contexte historique et la comparaison avec ce qui suit ou précède sont des automatismes. Une analyse qui aura pu convaincre un temps peut voler en éclats dès lors qu'une date est remise en cause.

C’est ainsi que le Concertone pour 2 violons, œuvre relativement mineure du génie, a vécu un tel revirement de situation. Il y a un demi-siècle, on pensait qu’il avait été achevé le 3 mai 1773. On le pensait donc antérieur au 5eme concerto pour piano. A la même époque, la date de composition du premier concerto pour violon était estimée à 1775, la même année que les 4 suivants. Rappelons que les quatre premiers concertos pour piano n’étaient pas des œuvres authentiques (1). On pensait donc que ce Concertone était le premier (2) essai de MOZART dans le domaine de la musique concertante. Coup d’essai qui devait être transformé fréquemment dans les années à venir, avec le succès que l’on connaît.

Aujourd’hui, toutes les sources semblent converger sur une date de composition au 30 mai 1774 (3), ce qui ferait passer le Concertone de première œuvre concertante à première réalisation post-« capitulation ». Terme qui exprime le revirement soudain dans la musique de MOZART, passant d’aspiration Sturm Und Drang au style galant. Le second étant alors à la mode. Il revet ainsi bien moins d'importance aujourd'hui aux yeux des historiens. On pourra peut-être épiloguer sur le fait que le terme "capitulation" n'était peut-être pas si approprié au regard d'un travail qui cherche l'originalité. Encore faut-il comprendre de quoi il retourne lorsque l'on parle de ce Concertone.

Le terme, relativement rare, signifie « grand concerto ». L’œuvre joue aux chaises musicales, faisant tenir tour à tour le premier rôle à chacun de ses 2 violons, son hautbois ainsi que son violoncelle sur les deux derniers mouvements. On se rapproche ainsi plus de la symphonie concertante dans la démarche, que des concertos composés dans la même période.

Vous aurez déjà compris que le Concertone de MOZART, si son appellation sort de l’ordinaire, n’est pas une œuvre d’exception. Toutefois, il faut souligner de quelle façon MOZART, en particulier dès son premier mouvement, impreigne l'ensemble de sa personalité. Dans le premier thème, la fin de phrase relevée par de légers bois, s’évanouit avec légèreté. C’est simple, direct et immédiatement reconnaissable. Dans un esprit similaire, de légers soubresauts boisés font irruption au cours du 3ème mouvement, un menuet, dont la mélodie aux appuis fermes dispose de contours souples. C’est réellement ce dernier mouvement, dont les modulations marquées surprennent de par leur profondeur, que l’on retient le plus.

Bien sûr, le Concertone sera surpassé, largement, par les concertos à venir et en particulier par la symphonie concertante pour cordes. S’il s’avère moyen, c’est au regard du reste du répertoire de MOZART. Il n’y a rien ici à réellement déplorer. D’ailleurs, le Concertone surpasse largement les œuvres de commandes de 1776 produites à la chaîne. Pas suffisamment pour l’écouter en boucle. Il fait cependant office de bouche-trou honorable sur le 3eme disque de Julia Fischer et Yakov Kreizberg, consacré aux œuvres concertantes pour cordes de Wolfgang Amadeus MOZART.


(1) Il s’agissait de reprises d’œuvre d’autres artistes, en particulier Johann Christian BACH, proche de MOZART à Londres.
(2) Précisons cependant que le Divertimento K 113 composé à Milan en 1771 portait également la mention « Divertimento ossia concerto », ce qui signifie « Divertimento ou Concerto ». Le titre qui semble aujourd’hui systématiquement omis, nous indique plus que le Divertimento n’était pas un genre très bien défini. Cf. chronique de la première symphonie de HAYDN, où nous précisions qu’il avait donné naissance à la symphonie et au quatuor à cordes quelques années plus tôt. Tout l’inverse du concerto, qui bien qu’il ait eu à s’adapter aux nouvelles exigences de l’harmonie au milieu du XVIIIe, était un genre parfaitement identifié.
(3) Jean et Brigitte Massin en 1956 affirmaient pourtant que la date sur la partition d’origine, grattée comme sur la plupart des œuvres qui lui sont contemporaines, y était parfaitement lisible.

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   CHIPSTOUILLE

 
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- Julia Fischer (violon 1)
- Gordan Nikolic (violon 2)
- Netherland Chamber Orchestra
- Yakov Kreizberg (direction)


- concertone Pour 2 Violons Et Orchestre En Ut K 1
1. Allegro Spiritoso
2. Andantino Grazioso
3. Tempo Di Menuetto - Vivace



             



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