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ALICE COOPER - Lace & Whiskey (1977)
Par LONG JOHN SILVER le 29 Avril 2016          Consultée 1010 fois

Alice Cooper épouse Sheryl Goddard, sa danseuse étoile, en 1976. Ce qui reste sans effet sur son alcoolisme. La bête qui abime le personnage dans l’éthylisme mondain menace de le ronger jusqu’à l’os. Lequel os n’est plus très loin si on en juge par l’épaisseur de sa silhouette. En 1977, le Alice Cooper Band publie officiellement son arrêté de divorce à l’amiable*. Les anciens compagnons de route(s) acceptent la rupture, empochent le deal proposé puis lancent le groupe Billion Dollars Babies en publiant l’album Battle Axe. Ils partent en tournée, se ramassent une méga veste d’emblée, arrêtent aussitôt les frais. Out les ex Coop’s, Alice a les mains libres.
Il part se mettre au vert loin de L.A, pour mieux replonger, une fois revenu, au bar du Rainbow où se réunissent les vampires d’Hollywood. Club d’alcooliques notoires dont il est l’officieux président. Alice est également dépressif, il suit une thérapie avec le bon docteur Landy**. C'est risqué, autant faire confiance au Dr Lecter pour suivre un régime.
Et puis la vie continue, après tout. Il y a les contrats, les disques à faire, les tournées qui s’ensuivent, toussa. Bob Erzin est chaud bouillant,il a plein d'idées,des musiciens pour les appliquer. Alice n’est pas du tout délivré de ses démons, il a juste pu souffler et jouer au golf. On va vite se rendre compte qu’il y a un loup. Pourtant, Lace And Whiskey démarre sur les chapeaux de roue : un riff hard blues qu’on retrouvera plus tard chez Lenny Kravitz, un groove funky, la paire Wagner/Hunter qui zèbre l’espace sonore, on ne pourrait pas mieux lancer un album. « It’s Hot Tonight » dit-il, du coup on s’en frotte les griffes dans la nuit, on se dit que l’ami Nosferatu sortira de son caveau pour fêter ça au bar des chroniqueurs FP. On s’en pourlèche les canines. Malheureusement, on en restera là car Lace & Whiskey est la chronique d’une plantade annoncée. Un ratage.

On avait pourtant fait venir les mêmes pointures, "Les" qui ont bossé pour Lou REED : outre les deux tueurs à gage précités, s'illustrent Prakash John et Tony Levin. Tout était réuni pour la nouvelle noce funèbre sauf que cette fois-ci le jeune marié a visiblement refusé de se livrer à un nouveau sacrifice vaudou. Le malaise laissé sur le final de Welcome To My Nightmare avait fini par avoir raison de lui. Juste après « It’s Hot… », voici ce qu’il nous confie le temps d’un « Lace And Whisky » déjà mollasson : « Je finirai comme un vieux clodo brisé/ avec des yeux rouges et jaunes/ jurant, me soulant et agonisant/ personne ne sera surpris ».

Pourtant, tout n’est pas complétement nul ou foireux dans ce disque où Alice scintille dans sa fuite. Pour mieux s’échapper, il se crée un nouvel avatar. Il se mue en Maurice Escargot sous son feutre de détective privé, alcoolisé au whisky Seagram. On appréciera le nom francophone, choisi quelque part entre le killer Maurice Chevalier et le proto thrasheur inspecteur Clouseau. Sur la pochette en noir et blanc, le verre est bien en vue pour le shot, pas loin du colt.
Du côté musical, les tentations borderline du gaillard vont en direction de la grosse variété pour masses depuis un moment. Et puis, reste l’humour sans lequel rien de tout ceci n’aurait de sens. L’humour tortueux comme dans « King Of The Silver Screen », fable qui met en scène un personnage de la workin’ class. Il n’est pas si fréquent que des rocks stars chantent des gens du populo. Le Coop le fait, imaginant un sort particulier à son personnage, tirant une satire dont il a le secret. « Road Rats » est un instant dédié aux invisibles qui font tourner la grosse machinerie du Show biz. Quand on vous dit qu’Alice reconnaît les classes populaires ! La prod sur ce titre est énorme, y’a un solo de la morkitu, ça vire au blockbuster héroïque mais ça tourne quand même en ronron. La reprise d’ « Umbangi Stomp » est très smoothe d’aspect, or elle swingue carrément. C’est le titre le plus direct du disque, celui qui fait le moins de chichis, de la pop telle que pratiquée par un camarade des nuits du Rainbow, l’inénarrable Mr Harry Nilsson. Alors descend d'on ne sait où « My God », la plus outrancière de toutes : grand orgue, piano à queue, grosses guitares calibrées, chœurs. On croirait entendre un sacre en mondiovision intergalactique !!! Si, si c'est possible. Pourtant, le Coop n’y est pas. Ou alors très loin avec les choristes. Cependant, ce morceau opère une forme de fascination quasi malsaine, soit l’effet recherché. Ce titre, improbable comme le charme d’Alice, est aujourd’hui largement oublié. Plus tard, la même année, on découvrira un traitement monumental appliqué à l’identique sur Bat Out Of Hell de Meat Loaf, de la fantasy big rock au succès mammouthesque.

Néanmoins, ce qui ressort avant tout, c’est qu’Alice Cooper subit un gros coup de mou. Comme lors de la période Muscle Of Love, si ce n’est qu’ici la plupart des meilleurs titres auraient fait office de filler sur MOL. Or le pire est à venir. De l’insipide tout d’abord, avec « Damned If You Do », quand Alice se met à pomper sur Elton, ce qui est vilain. Pour l’anecdote, c’est Al Kooper qui joue du piano. Le morceau est entraînant, certes, mais vers rien du tout, donc ça relativise. On n’échappe pas non plus au douloureux épisode des ballades, « You And Me » surfe sur la vague de « Only Women Bleed » et « I Never Cry », trente six étages plus bas question niveau. Cette bluette aura du succès dans les charts, atteignant la 9e place, elle sera même reprise par Frank Sinatra, le plus Metal God des chanteurs qui n’aiment pas le rock. Le drame n’est plus très loin. Alice parvient même à nous transmettre son désarroi à travers l’aveu qu’est « I Never Wrote Those Songs », encore une ballade sirupeuse. On en aurait limite froid dans l’échine : « mon enregistreur doit mentir… et ho, cette musique, je déteste ces paroles… j’ai jamais écrit ces chansons ». On ne saurait mieux résumer la chose. Autre aveu, livré off the record, Le Coop a depuis reconnu que « (No More) Love At Your Convenience » était sa pire chanson. En effet, elle est redoutable. Une horreur disco-pop pire que dans le pire de tes cauchemars avec ABBA. Et c’est même pas drôle. Alice vient de perforer le fond. Faut-il plutôt l’abattre ou le laisser seulement se débattre ?

Pas brillant tout ça ! Les intentions, même malignes, ne font pas tout, quelques idées sont mises au service de titres pas aussi roboratifs qu’espérés, la faute à une inspiration moindre mais pas que. On pourrait penser que la formule s’use, arguer que le mix variété/rock avec textes crus n’est plus une surprise. Aussi vrai que Bob Erzin se plante le plus souvent avec sa production over the top. Tant, que ça en devient putassier. Mais encore une fois, où est Alice ? Il chante, ça oui, parfois même très bien. L'influence de Lennon est prégnante, la musique et les textes y font souvent penser mais on le sent au bout du rouleau. Lui dont la santé physique et mentale inquiète ses proches, ne se nourrit qu’avec de l’alcool mais peut tout de même partir en tournée. Bob Erzin, de son côté, est appelé par Peter Gabriel afin de réaliser son premier opus solo. Il recrute ses musiciens préférés dans l’équipe, Wagner et Hunter aux guitares mais aussi Tony Levin.
Lace & Whisky est la dernière collaboration studio entre les deux hommes avant 1983. La descente aux enfers ne fait que commencer : It’s Hot Tonight !

* Une négociation entre le manager du Coop et le trio Smith/Dunaway/Bruce (Buxton étant au plus mal en bénéficie aussi) autorise Alice Cooper à utiliser en son seul nom d’artiste l’entité qui formait un groupe moyennant des reversements sur le droit de son exploitation
**Surtout connu pour d’être « occupé » de Brian Wilson

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   LONG JOHN SILVER

 
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- Alice Cooper (chant)
- Dick Wagner (guitare)
- Steve Hunter (guitare)
- Bob Babbitt (basse)
- Tony Levin (basse)
- Prakash John (basse)
- Allan Schwartzberg (batterie)
- Jim Gordon (batterie)
- Jimmy Maelen (percussions)
- Joseph Chirowski (claviers)
- Bob Erzin (claviers)


1. It's Hot Tonight
2. Lace And Wiskey
3. Road Rats
4. Damned If You Do
5. You And Me
6. King Of The Silver Screen
7. Ubangi Stomp
8. (No More) Love At Your Convenience
9. I Never Wrote Those Songs
10. My God



             



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