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ALICE COOPER - The Alice Cooper Show (1977)
Par LONG JOHN SILVER le 16 Mai 2016          Consultée 724 fois

En août 1977, le Alice Cooper Show pose son barnum à Las Vegas, endroit choisi par le label (Warner Bros) pour enregistrer un album live, cela contre l’avis de l’intéressé lui-même. Rongé par l’alcoolisme, Alice sent bien qu’il ne tient pas une forme olympique, pourtant il accepte moult sollicitations, parvient à rester mondain la plupart du temps. L’artiste est tenu de livrer un disque chaque année, son état général ne lui permet cependant pas de se rendre en studio. La publication d’un Live fera alors l’affaire pour les gens du business. Sur scène, il est accompagné de ses musiciens habituels, dont certains jouent sur les disques. S’ils sont impressionnants techniquement, on les découvre relégués au fond d’un décor grandiose sur lequel on projette des vidéos qui se mêlent au spectacle vivant de façon fort ingénieuse. De nombreux accessoires sont de la partie, des danseurs costumés se mêlent à la narration d’un show démesuré où quasiment tout est réglé au quart de tour. La propre femme d’Alice, Sheryl, qu’il vient d’épouser, fait partie de ce qu’on peut bien qualifier de troupe. Attirant tous les regards sur sa personne, chaque soir Alice – le bad guy du rock’n’roll, the vilain – devient l’attraction, offrant un récital constitué d’énormes classiques devant des milliers de fans qui en prennent plein les oreilles et la vue.

Alice n’est pas chaud pour sortir un album concert capté sur le King Of The Silver Screen Tour suivant la parution de Lace & Wiskey, son plus mauvais disque à ce jour. La possibilité existe de publier les bandes des films Good To See You Again* ou Welcome To My Nightmare**. Une fois de plus, l’objectif marketing étant de capitaliser sur la carrière solo du bonhomme, on envoie Bob Erzin confectionner un disque à partir d’un événement organisé sur deux soirs dans la ville qui fut la deuxième résidence d’Elvis, à grand renfort de com’. Las Vegas est déjà une incongruité dans son concept, rien n’y est vrai. Mais voilà, les Ricains adorent, plein de vedettes vont y donner des spectacles et ça fonctionne encore au moment où j’écris ces lignes. Du coup, c’est sous les traits du détective, loser et alcoolique, Maurice Escargot*** qu’Alice vient clore sa tournée dans la cité perdue du désert. La perdition se donne en spectacle dans le temple du jeu.

Dès la conception de l'album The Alice Cooper Show, on sent bien que tous les choix effectués, l’ont été par défaut, mais les ratés vont se poursuivre côté Bob Erzin et label. Déjà, TACS est un disque simple, donc derechef frustrant pour les fans. Avant même de l’avoir écouté. Ce n’est certes pas rédhibitoire, puisque pour surmonter cela, il s’agit que les versions des chansons choisies ainsi que leur liste soient de haut niveau. Et aussi que le son restitue – au moins – fidèlement l’impact du concert sur le public. Or, ces conditions ne sont pas véritablement réunies, on est en droit de pester.
Pourtant, le commencement du disque est absolument fantastique, la doublette « Under My Wheels/I’m Eighteen » est à mettre dans toutes les esgourdes des apprentis guitaristes en mal de sensations fortes. Oubliez tous vos shredders les gars, Dick Wagner et Steve Hunter sont dans la place, comme aux plus beaux jours de Rock’n’roll Animal de Lou REED et même mieux. Parce que là, ils peuvent d’autant plus se la jouer Heavy qu’à la base c’en est. Le groupe te fait péter toussa dans les grandes largeurs en plus, Alice n’a plus qu’à se baisser pour ramasser les fruits. Mais trop grand enthousiasme peut - hélas - être douché (coulé ?) rapidement.

D’emblée, on avait bien senti que le son du disque n’était pas totalement satisfaisant, un poil compressé voire étouffé. C’est au moment où résonnent les premières mesures de « Only Women Bleed » que le malaise s’installe. C’est à croire que malaise et Cooper sont synonymes mais là c’est comme le cholestérol, on était plus habitué au « bon » côté du malaise chez Alice. Passons sur le rendu abominable des synthés d’époque censés reproduire un orchestre à cordes, cela manque de tuer la chanson, heureusement qu’on peut se concentrer sur la délicatesse du jeu des guitares. Outre le fait que l’arrivée prématurée d’une telle pièce coupe l’élan formidable impulsé par le début de l’album, on note que trois ballades se sont immiscées dans un programme déjà bien court. C’est (facilement) deux de trop. Le Coop paraît lui-même se désintéresser complétement de « I Never Cry » et de « You And I »****, ce qui les rend franchement tartignoles, chose dont elles n’avaient nullement besoin. Autre source de frustration : les medleys. Un bout de « Sick Things » est agglutiné à une version assez fade du pourtant roboratif « Is It My Body », mais aussi « Devil’s Food/The Black Widow » ne font qu’un, tout comme « I Love The Dead/Go To Hell/Wish You Were Here ». Pourtant – et paradoxalement – ces deux derniers exemples, qui accompagnent les parties visuelles du show, sont parmi les meilleurs moments du disque. Encore une fois, la paire Hunter/Wagner nous scotche, même si le père Erzin y est allé de sa grosse paire de ciseaux afin d’écourter leurs (d)ébats pendant « Devil’s Food… ». On retiendra forcément « Billion Dollar Babies » et « School’s Out », après tout il s’agit là de leurs premières versions sur album Live, ce qui permet de leur décerner une caution historique. Sinon TACS sera plutôt à ranger au rayon des curiosités, pas vraiment à côté du Rock’n’roll Animal du REED. Dommage.

En septembre 1977, Alice Cooper And Friends TV Special est diffusé. Il s’agit d’une captation en concert effectuée avant les shows qui ont fourni les bandes de TACS. Alice Cooper ne tardera pas à décrire cette prestation comme étant la pire de sa tournée.
Il sent qu’il doit agir pour sa santé et accepte – sous la pression de sa femme et de son manager - de se faire hospitaliser pendant qu’Erzin gère la réalisation de l’album Live. Lequel, sorte de best-of en concert au son low-cost (un comble !), est aussitôt un flop. Mais ceci n’est qu’un au revoir. Sa rencontre avec d’authentiques psychotiques internés ainsi que sa (brève) rédemption le feront se maintenir sur les voies pavées de l’enfer.

* Tournée 1974 avec le Alice Cooper Band
** Tournée 1975 mais film sortit en 1976
*** Personnage principal imaginé pour l’album Lace & Wiskhey
**** « You And I » est par ailleurs le seul extrait de l’album Lace & Whiskey alors qu’’Alice est pris ici lors de sa tournée promotionnelle, on aurait largement préféré entendre « It’s Hot Tonight », « King Of The Silver Screen » voire « Lace & Whiskey », toutes jouées ces soirs-là

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   LONG JOHN SILVER

 
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- Alice Cooper (chant)
- Dick Wagner (guitare)
- Steve Hunter (guitare)
- Prakash John (basse)
- Fred Mandel (claviers)
- Whitey Glan (batterie)


1. Under My Wheels
2. I'm Eighteen
3. Only Women Bleed
4. Sick Things
5. Is It My Body
6. I Never Cry
7. Billion Dollar Babies
8. Devil's Food/the Black Widow
9. You And Me
10. I Love The Dead/go To Hell/wish You Were Here
11. School's Out



             



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