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Wolfgang Amadeus MOZART - Don Giovanni (rosbaud) (1787)
Par CHIPSTOUILLE le 10 Septembre 2006          Consultée 6671 fois

Trois CD, trois, c'est dire l'ampleur de l’œuvre : 2h40 de musique classique, pour soutenir la version de Don Juan vue au travers des oreilles de MOZART, d'après un livret de Lorenzo Da Ponte (le même qui s'était chargé des Noces de Figaro quelques années auparavant). Cette fois-ci il s'agit d'un drame, le ton est donc résolument plus sombre que l'opéra bouffe égayé qu'étaient Les noces de Figaro. La marque de fabrique de ce nouvel opus sera quelques thèmes sinistres (synthétisés dans l'ouverture), de même que de nombreux rôles masculins avec voix de basse, ajoutant du corps au ton sévère de l’œuvre.

L'opéra fut donné en première représentation à Prague en 1787, étant donné que Figaro avait connu un succès retentissant dans cette ville, contrairement à Vienne où, de manière encore plus fulgurante, Don Giovanni sera boudé jusqu'à la mort du compositeur. On pourra insulter les Viennois d'être sacrément prétentieux, pour ma part je leur donnerai le bénéfice du doute concernant ce Don Giovanni. Car si cet opéra renoue en partie avec l'inventivité et la subtilité du précédent (qui lui ne méritait pas un tel accueil), le caractère dramatique de ce dernier se révèle être antinomique avec le style de Mozart. En outre, les divers effets de style tout en révérence du compositeur autrichien contrastent souvent avec ses thèmes sombres pourtant réussis. On pourra enfin remarquer qu'il est plus difficile d'appréhender un cortège de voix de basse en lieu et place des délicieuses sopranos émouvantes, incrustant régulièrement les autres opéras fameux du compositeur de quelques joyaux de choix (La flûte enchantée, Figaro, mais également l'Enlèvement au sérail). Ici seul l'air très réussi "Ah, pietà, signori miei!" de même que ceux de la scène 4 de l'acte 2 rappelleront ces superbes sommets de délicatesse féminine. L'aria "Non mi dir, bell' idol mio" pourra d’ailleurs subrepticement vous faire penser pendant une poignée de secondes au célèbre air de la reine de la nuit.

Outre un style assez difficile, on reprochera bien entendu à l’œuvre les défauts classiques du genre : la longueur, le côté fourre-tout de même que les récitatifs répétitifs, bien qu'un effort certain de la part de MOZART soit fourni pour les rendre plus variés que le classique "clavecin+chant théâtral amélodique". On notera à ce sujet l'exceptionnel "Don ottavio, son morta!" qui reprend judicieusement l'effet ténébreux de l'ouverture. Cependant, on regrette régulièrement que de nombreux airs s'achèvent abruptement sur ces accords de clavecin annonçant ces récitatifs barbants. L'opéra est donc fait pour être vu plus qu'entendu, Don Giovanni ne déroge malheureusement pas à cette implacable règle.

En outre, il faut porter au jour la très longue scène 3 du premier acte, de même que les deux premières de l'acte 2, proprement barbantes, si ce n'est le très célèbre (et trop court) "La ci darem la mano" (l'un de ces fameux airs simple et prenant de MOZART, à la manière d'un "Ah! Vous dirais-je maman" et tant d'autres...). De même, "Finch'han dal vino" réveille également grâce à un air plus enjoué et rapide, lui aussi très court. Les autres scènes, peut-être plus réussies (la première de l'acte 1 fait d'ailleurs illusion un bon moment) sont toutefois plus courtes et donnent malgré cela quelques signes de fatigue réguliers.

Reste la scène 5 de l'acte 2, en toute fin (après 2h20 de "réussite" discutable), qui renoue alors avec le génie de la toute première scène, rivalisant avec les meilleurs moments de Figaro. On pense en particulier au clin d’œil évident au milieu de "Già la mensa è preparata" effectué au "Non Più andrai" de l’opéra précédent, cette fois-ci entonné la bouche pleine. La scène s'envenime petit à petit vers du grandiose, jusqu'à embrasser le sublime "Don Giovanni, a cenar teco", annoncé dès l'ouverture : confrontation avec une statue ayant pris vie (l'interprétation du film Amadeus comme quoi il s'agirait d'un parallèle avec le père de MOZART reste très critiquée). On retiendra surtout cet effet de crescendo impressionnant, montant les marches d'un triomphe ténébreux dont l'échine courbe finalement sous les à-coups d'un chœur superbe accompagné à l'orgue, "Da qual tremore insolito".

La version de Hans Rosbaud ici présentée (aujourd’hui en coffret avec les noces de Figaro) date un peu, mais jouit d'un enregistrement studio (en mono, bien évidemment) dont la qualité est nettement supérieure à celle de son colocataire. On souffre notamment moins de la saturation des micros. Mais si l'interprétation est très bonne (sauf à de rares exceptions un chant "à côté"), on regrettera toujours une technique qui accuse son âge malgré la qualité de celle-ci.

Au final, Don Giovanni est un chemin de croix assez laborieux, qui malgré quelques surprises de taille souffre de ses trop grandes longueurs. Vous aurez pourtant remarqué que la chronique évoque de nombreux passages de grande qualité, la dizaine d'airs réussis ne suffit pourtant pas à faire passer la pilule. Evitez donc également de vous laisser duper par quelques extraits bien choisis, vous risqueriez d'être déçus. Notez cependant que Don Giovanni est plus intéressant que les opéras plus anciens du compositeur, il s'agit juste ici d'un problème de dosage du contenu, dont on aurait sans doute pu extraire un excellent cru...

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- Antonio Campo (don giovanni)
- Suzanne Danco (donna elvira)
- Nicolaï Gedda (don ottavio)
- Marcello Cortis (leporello)
- André Vessières (masetto)
- Teresa Stich-randall (donna anna)
- Raffaele Arié (commendatore)
- Anna Moffo (zerlina)
- Artistes Et Choeurs Du Festival D'aix-en
- Orchestre De La Société Des Concerts Du
- Hans Rosbaud (direction, clavecin)


1. Ouverture
- acte 1
- scene 1
2. Introduzione : Notte E Giorno Faticar
3. Non Sperar, Se Non M'uccidi
4. Lasciala, Indegno !
5. Recitativo : Ma Qual Mai S'offre
6. Duetto : Fuggi, Crudele, Fuggi !
- scene 2
7. Recitativo : Orsu, Spicciati Presto
8. Aria : Ah, Chi Mi Dice Mai
9. Recitativo : Chi E La ?
10. Aria : Madamina, Il Catalogo E Questo
- scene 3
11. Coro : Giovinette Che Fate All'amore
12. Recitativo : Manco Male, E Partita
13. Aria : Ho Capito, Signor Si
14. Recitativo : Alfin Siam Liberati
15. Duetto : La Ci Darem La Mano
16. Recitativo Ed Aria : Fermati, Scellerato !...
17. Recitativo E Quartetto : Mi Par Ch'oggi Il Demonio
18. Recitativo : Don Ottavio, Son Morta !
19. Aria : Or Sai Chi L'onore
20. Recitativo : Io Deggio Ad Ogni Patto
21. Recitativo Ed Aria : Come Mai Creder Deggio... Dal
22. Aria : Finch'han Dal Vino

- scene 4
1. Recitativo : Masetto, Senti Un Po' !
2. Aria : Batti, Batti, O Bel Masetto
3. Finale : Presto, Presto, Pria Ch'ei Venga
4. Tra Quest' Arbori Celata
5. Bisogna Aver Coraggio
6. Protegga Il Giusto Cielo
- scene 5
7. Riposate, Vezzose Raggazze
8. Venite Pur Avanti
9. Ecco Il Birbo Che T'ha Offesa !
10. Trema, Trema, Scellerato !
- acte 2
- scene 1
11. Duetto E Recitativo : Eh Via, Buffone, Non Mi Secc
12. Trio : Ah Taci, Ingiusto Core !
13. Recitativo : Amico, Che Ti Par ?
14. Serenata : Deh Vieni Alla Finestra
15. Aria : Meta Di Voi Qua Vadano
16. Recitativo : 'zitto, Lascia Ch'io Senta !
17. Aria : Vedrai, Carino, Se Sei Buonino
- scene 2
18. Recitativo : Di Molto Faci Il Lume
19. Mille Torbidi Pensieri
20. Recitativo : Dunque Quello Sei Tu
21. Aria : Il Mio Tesore Intanto
22. Recitativo : In Quali Eccessi
23. Aria : Mi Tradi Quell' Alma Ingrata

- scene 3
1. Scene : Ah, Ah, Ah, Questa E Buona
2. Duetto : O Statua Gentilissima
- scene 4
3. Recitativo : Calmatevi, Idol Mio !
4. Recitativo : Crudele ? Ah No, Mio Bene !
5. Aria : Non Mi Dir, Bell' Idol Mio
- scene 5
6. Finale : Gia La Mensa E Preparata
7. L'ultima Prova Dell' Amor Mio
8. Che Grido E Questo Mai ?
9. Don Giovanni, A Cenar Teco
10. Da Qual Tremore Insolito
11. Epilogo : Ah, Dov'e Il Perfido ?
12. Or Che Tutti, O Mio Tesors
13. Questo E Il Fin



             



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