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ROCK PROGRESSIF  |  DVD

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- Style : Bernard Benoit
- Membre : Genesis, Squackett, Gtr

Steve HACKETT - Somewhere In South America (2002)
Par MARCO STIVELL le 16 Mars 2011          Consultée 1847 fois

2002 sonne le grand retour sur support disque live de Steve HACKETT en groupe rock, dix ans après Time Lapse Live si l'on ne compte pas le live de GTR et The Tokyo Tapes (qui n'est pas à 100 % du Steve HACKETT) ainsi que le coffret Live Archive (regroupant des concerts passés) sortis entretemps. Et pour bien faire les choses, le guitariste nous offre un nouveau coffret regroupant à la fois un double CD et un DVD du même concert, donné à Buenos Aires, Argentine en 2002 (date non précisée, sympa). Puisque sonoristiquement parlant, la musique est exactement la même sur les deux supports, autant commenter le DVD directement, bien qu'il ne soit que peu avantagé par rapport au CD.

Steve HACKETT s'avance fièrement dans le noir avec son nouveau look (cheveux courts et larges lunettes teintées), appuyé par son nouveau groupe. Celui-ci est constitué d'une formation rock basique mais pouvant jouer beaucoup de choses, de Roger King que Steve côtoie depuis plusieurs années, ainsi que pour la première fois d'un saxo-flûtiste à plein temps (je ne retiens pas Ian McDonald pour cause de jonglage entre divers instruments par ce dernier sur The Tokyo Tapes). Voyons voir... L'introduction de ce concert à de quoi laisser froid. "The Floating Seventh", aux accents jazzy et sinistres, éclairé de couleurs sombres à de quoi étonner. Puis lorsque brusquement démarre "Mechanical Bride", il y a de quoi se prendre une bonne douche froide. Car admettons que l'on soit en 2002, on ne se doute pas du tout que Steve prépare un album nommé To Watch the Storms, encore moins qu'il comprendra ce morceau. Ce délire jazz-rock est aisément classable dans ce que l'on peut entendre de plus barré (surtout grâce au pont archi-bordélique) et donc proprement difficile à apprivoiser pour des proggueux élevés au rock symphonique et romantique de Genesis plutôt qu'aux improvisations de King Crimson ou de Frank Zappa, à qui "Mechanical Bride" est évidemment dédié. Et ce n'est pas le seul morceau "froid" et dur à assimiler en comparaison du Steve Hackett doux et mélodique des disques précédents. On retrouve logiquement "Darktown" qui avait préparé un peu le terrain sur l'album du même nom (d'ailleurs il en est le seul extrait retenu avec "In Memoriam", et il va falloir s'y habituer), en revanche en dehors de cela, on est vite non pas refroidi mais carrément glacé par la présence de ces mini-instrumentaux et transitions jazzy, comme l'intro de "Riding the Colossus" (dont on ne comprend pas vraiment le sens), "Lucridus", ou pire encore, "The Wall of Knives" qui est tout simplement cacophonique. De plus il vient introduire l'un de ce que je qualifierais de "downlights" de ce live, à savoir "Vampyre With a Healthy Appetite". Steve a tenu à nous resservir ce morceau assez répétitif et alourdi ici par la grosse voix gothique de Steve (la même que pour "Darktown", autant dire que ça fait beaucoup). Et puis le solo de saxophone... Bref un vrai "downlight", le contraire exact du "highlight". Pour rester dans les points négatifs et dans le jeu du saxophone, ajoutons encore l'intervention totalement hors-sujet de celui-ci sur les couplets de "Camino Royale" qui, remis en mode rapide, aurait pu être vraiment terrible et rejoindre la qualité de la version de Time Lapse Live sans ce détail. Sur ce morceau, Steve nous y offre de plus pour le début de son solo le son de guitare qui reste amusant mais aussi sans doute le moins appréciable de toute sa carrière. Un dernier pour la route, le fait de passer d'une manière aussi déconcertante du génial "Sierra Quemada" sur lequel on plane littéralement, à "The Wall of Knives". Et encore, nous on n'est que le public indirect, devant l'écran, et pas devant la scène. Je plains ceux des premiers rangs en particulier...

Après cet étalage de "regrets", passons à ce qui fait la vraie richesse de ce live. Je ne dis pas que les morceaux précédents ne sont pas riches ou inintéressants. Ils le sont, mais en plus des lumières et de l'aspect froid des compositions, on sent que Steve s'est entouré de "brutes" et qu'ils jouent ces morceaux en faisant un peu étalage de virtuosité. Ces derniers permettent au final de se rendre compte que la musique de Steve n'est jamais aussi belle que lorsqu'elle est mélodique avant tout, que lorsque le guitariste se contente de deux trois notes qui foutent des frissons plutôt que d'une course folle sur tout le manche (bien que ça aussi, ça fasse son effet). Plusieurs exemples à l'appui : les morceaux de Genesis et à peu près tout ce que je n'ai pas cité précédemment. De Genesis, on a un "Watcher of the Skies" tronqué (intro mellotron, montée instrumentale et passage direct au final) mais excellent. Le plus beau reste "Firth of Fifth" - un peu classique cependant car déjà présent sur les tournées précédentes - et "Hairless Heart", une surprise de taille. Pour les morceaux de Steve seul, on note d'abord un medley époustouflant (bien que déjà connu grâce au coffret Live Archive paru l'année précédente) reprenant des extraits de "Myopia", "Los Endos", "Imagining", "Hackett to Bits", et "Please Don't Touch". "The Steppes" fait lui aussi office de grand classique, mais son introduction "Pollution" est la plus justifiée parmi toutes celles du live. "Riding the Colossus" et "Sierra Quemada" ont été baissés en ce qui concerne leurs tonalités, mais restent toujours aussi géniaux et émouvants, surtout le deuxième. Steve nous ressort la guitare-synthé sur le magnifique "In Memoriam", où là par contre il a enlevé la grosse voix, ce qui le rend plus personnel. Pour finir, les doux moments que représentent la "Gnossienne n°1" d'Erik Satie et "Walking Away From Rainbows" sont agrémentés du doux saxophone soprano de Rob Townsend, pour le meilleur (sur "The Steppes" aussi, c'est pas franchement une mauvaise idée). D'ailleurs, les instrumentistes sont assez bien mis à l'honneur, on préfèrera le faux mellotron de Roger King, les parties de flûte traversière sur le sublime "Serpentine Song" (qui ne comportait pas encore de saxo), la basse toute en finesse de Terry Gregory sur "Sierra Quemada"...

Au final pas mal de très bonnes choses donc, qui viennent réhausser l'intérêt et la température de ce live mi-froid mi-rassurant. Deux excellents morceaux nous sont présentés en avant-première ("Serpentine Song" et "Mechanical Bride" qui trouvera sa meilleure forme en studio) et il y a de très bonnes surprises, assez peu cependant. Le DVD est à préférer au CD pour la simple vision de ce groupe excellent en train de jouer, pas hyper-communicatif entre lui ou avec le public (malgré l'enthousiasme de certains comme Gary O'Toole et Rob Townsend qui gigote tout le temps) mais assez spectaculaire. Steve surtout, dont les deux mains donnent l'impression de pouvoir faire tout et n'importe quoi avec une guitare...

En bonus, on nous offre un mini-reportage tourné lors du passage de Steve en 2000 en Italie. Le groupe n'était alors pas exactement le même car les saxophones et flûtes étaient joués par Ben Castle (qui a participé à un album de Marillion et un autre du batteur de ce dernier groupe, Ian Mosley, également ancien batteur de Steve), et la basse tenue par un musicien dont le nom m'échappe car le documentaire n'est pas sous-titré et avec la prononciation de Steve, pour un non-anglophone ce n'est pas évident à assimiler... Désolé pour ce bassiste, s'il me lit, qu'il veuille bien m'excuser. Cependant, j'ai clairement compris qu'à cette époque-là, Steve cherchait déjà un groupe polyvalent, qui puisse jouer du rock classique comme du jazz, ou de la world-music... Et il l'a bien trouvé. Il y a des extraits de "Mechanical Bride" joué pendant un soundcheck, ainsi que de "Serpentine Song", et d'autres où l'on voit Steve jouer de la guitare classique et interpréter des bouts de "Black Light" et "End of Day"/"All is Mended". On a aussi deux très courtes interviews de Roger King et Gary O'Toole, ce dernier transmettant l'émotion qu'il a ressenti lorsque Steve lui a passé son coup de téléphone décisif...

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Steve Hackett (guitares, chant)
- Roger King (claviers)
- Rob Townsend (saxophones ténor et soprano, flûtes, choeurs)
- Terry Gregory (basse, pédalier basse, choeurs)
- Gary O'toole (batterie, percussions, choeurs)


- dvd
1. The Floating Seventh
2. Mechanical Bride
3. Medley
4. Serpentine Song
5. Watcher Of The Skies
6. Hairless Heart
7. Firth Of Fifth
8. Riding The Colossus
9. Pollution
10. The Steppes
11. Gnossienne N°1
12. Walking Away From Rainbows
13. Sierra Quemada
14. The Wall Of Knives
15. Vampyre With A Healthy Appetite
16. A Tower Struck Down
17. Lucridus
18. Darktown
19. Camino Royale
20. Intros
21. In Memoriam
22. Horizons
23. Los Endos
24. + Documentaire Avec Extraits De Soundcheck

- cd 1
1. Même Concert Que Le Dvd, Du Début à 'walking Away

- cd 2
1. Même Concert Que Le Dvd/cd 1, De 'sierra Quemada'



             



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