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Wolfgang Amadeus MOZART - Symphonie N°25 (brüggen) (1773)
Par CHIPSTOUILLE le 20 Octobre 2013          Consultée 2062 fois

Dans mes souvenirs lointains, une vague initiation à la musique classique, avec madame Pasquet, en CM2. MOZART c’était : la marche turque, petite musique de nuit, la 40e symphonie et la flûte enchantée, hop remballez ! Souvenir tenace qui aujourd’hui m’esquisse plus qu’un sourire, mais pour une première approche après tout ce n’est pas trop mal. Entre la première diffusion télé d’Amadeus et le bicentenaire de la mort du compositeur, j’ai donc jeté mon dévolu à l’époque sur la 40e, disponible dans le tiroir de cassettes enregistrées des parents, top. Petite merveille classique qui m’initia aux joies de cet art dès mon enfance, je désespérais de lui trouver une sœur jumelle. La 41e, trop compliquée, trop molle du genou, encombrant l’autre face, n’était pas la candidate idéale. Il existe pourtant une alternative de choix à la « grande » sol mineur. La petite « sol mineur », à savoir la 25e symphonie, est la candidate idéale. Petit miracle en soi, MOZART arrivait dans le monde des génies en tapant un grand coup de pied dans la porte. Entrée remarquée.

Vous connaissez tous cette symphonie, au moins son premier mouvement, à moins de vivre dans un poulailler. Pour ne citer qu’une utilisation, on parlera de la tentative de suicide de Salieri au début du film Amadeus, qui met tout de suite dans le ton. MOZART est un dramaturge, sa 25e symphonie est l’un de ses coups d’éclat. Si MOZART est universel, s’il passe aussi bien les époques, c’est pour son côté mélancolique. Dans ce premier mouvement la mélancolie se fait catastrophe. C’est le côté tempête du « Sturm und drang », c’est d’une violence inouïe pour du classique, tout du moins pour du pré-BEETHOVEN, ça claque. Pourtant, MOZART ne réalise ici rien d’exceptionnel. En effet, cette 25e symphonie ne fait que combiner habilement deux ingrédients : le thème introductif de la 3e symphonie de HAYDN qu’il fait passer de majeur en mineur, ainsi que la force et la tonalité de la 39e symphonie, toujours de son alter-ego autrichien. Si la ressemblance avec la 3e nous esquissera un sourire, les similitudes avec la 39e sont en revanche bien plus profondes. Les 3, avec la 40e de MOZART, forment une suite logique. Les autres symphonies violentes du Sturm und Drang en sol mineur sont à aller chercher du côté de VANHAL ou Johann Christian BACH, mais ce n’est pas au niveau.

Les 3 autres mouvements, moins célèbres, ne déméritent pas, et c’est ce qui fait l’exception. Si tout comme chez ses deux sœurs, le mouvement lent tend à faire trépigner les férus d’énergie d’impatience (1), il reste tout de même une démonstration de musique mélancolique. Le menuet, impérial, relance la mécanique dramatique dans son premier thème, préparant la montée en puissance du final dont il évoque déjà quelque peu l’élan. Enfin, le dernier renoue avec la violence des débuts. Aussi bref qu’efficace, si seulement il avait pu faire école.

Reste à savoir quelle interprétation choisir. Et là, sortez les rames ! Trouver une version qui dans l’Allegro sache à la fois combiner le muscle dramatique du thème principal, le côté soyeux de la transition et qui sache se renouveler dans le développement est une tâche ardue. Pour la plupart, l’inconvénient principal réside dans le tempo, la moyenne est basse. Ecartons d’emblée Bohm et Bernstein qui jouent la carte du détail et de l’émotion, ça traine beaucoup trop. Il ne faut, bien entendu, pas non plus tomber dans l’excès inverse. Klemperer, à ce titre, va jusqu’à être ridicule tellement on n’arrive plus à le suivre dans certaines de ses versions. A noter celà étant l’enregistrement de 1950 avec le RIAS, plus raisonnable, qui pourra faire office d’alternative si vous aimez la vitesse.

Ecartons ensuite des versions peu généreuses, les baroqueux n’ont rien à faire ici : pas la peine de perdre votre temps avec Koopman, Rhorer quant à lui est dans le bon tempo mais les quelques cordes qui subsistent de la cure d’amaigrissement semblent bien seules. Qui alors ? Krips ? Trop sage. Karajan ? Dans la moyenne, autant revenir à Bernstein. Harnoncourt ? Un peu sec et surtout lassant dans les reprises. Marriner alors ? Pourquoi pas, si vous tolérez les seconds violons qui se font remarquer. Le développement manque cependant de punch mais Marriner garde l’avantage d’être facile à trouver. A choisir dans les versions accessibles, je vous conseille plutôt Solti avec qui on touche presque au but.

Mais le champion, aujourd’hui, c’est Franz Brüggen. Pas facile à trouver, il existe également plusieurs versions. La captation live de 2001 à Salzbourg est stupéfiante mais n'existe apparement pas sur disque. Un peu plus réservée dans l’annonce introductive, la version studio de 1995 est une excellente alternative, et mon conseil du jour sera pour cette version. L'album nous ravit qui plus est de la superbe sérénade n°10 « Gran Partita », beaucoup plus satisfaisante que les symphonies de remplissage qui précèdent ou succèdent souvent la 25e. Attention, contrairement à l'interprétation qui est impeccable, quelques grésillements gâchent la captation. J’invite donc le lecteur qui aurait connaissance d’une version magique à se faire connaître…

Enfin après, si vous cherchez le punch, il y a toujours quelques bucherons pour satisfaire vos désirs:
http://www.youtube.com/watch?v=-JWTpxvtSSk

(1) Sachez que les remèdes sont multiples : Painkiller de JUDAS PRIEST, Reign in blood de SLAYER, From the underground and below d’OVERKILL, Rise of the tyrant d’ARCH ENEMY…

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   CHIPSTOUILLE

 
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- Deutsche Kammerphilharmonie Bremen
- Frans Brüggen (direction)


- symphonie N°25 En Sol Mineur Kv 183
1. Allegro Con Brio
2. Andante
3. Menuetto - Trio
4. Allegro
- serenade N°10 'gran Partita' En Si Bémol Majeur
5. Largo - Allegro Molto
6. Menuetto - Trio 1 - Trio 2
7. Adagio
8. Menuetto - Allegretto - Trio 1 - Trio 2
9. Romanze - Adagio - Allegretto
10. Thema Mit Variationen
11. Rondo - Allegro Molto



             



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