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- Style : Bernard Benoit
- Membre : Genesis, Squackett, Gtr, Quiet World

Steve HACKETT - Out Of The Tunnel's Mouth (2009)
Par MARCO STIVELL le 1er Février 2010          Consultée 4901 fois

Out of the Tunnel's Mouth. Steve ne pouvait pas trouver meilleur titre pour l'album qui marque un nouveau tournant après une période noire de sa vie. Ses fans étaient bien malheureux de le voir ainsi, marqué par son combat avec sa dorénavant ex-femme Kim POOR et son ex-manager Billy BUDIS. Finie la longue période Camino, finie la longue période des aquarelles pour pochettes. Steve est de retour avec une nouvelle petite amie, un nouveau label, un nouveau style d'artwork (une photo toute simple de lui émergeant de la fumée, prévisible mais obligatoire) et donc un nouvel excellent disque.

Steve HACKETT, c'est un peu pour une certaine catégorie de fans de GENESIS l'artiste exemplaire, quand ce n'est pas Peter GABRIEL. Il a bien fait quelques expériences regrettables (comme par hasard toujours dans les années 80), mais on est bien loin, et toujours loin devant le niveau du GENESIS d'après son départ, sans parler de la carrière solo (honteuse !) de Phil COLLINS. Parce que tu vois mec, Steve comme Peter, il teste, il cherche, il livre une musique sans concession (j'ai pas dit rock progressif), et à moins de s'appeler Philippe MANOEUVRE, il est de bon ton de reconnaître cette qualité que le petit chauve (même si GABRIEL l'est aussi maintenant) n'aura jamais ! Dit comme ça, ça peut faire rire, mais il faut bien se dire que ça fait des décennies que ça dure, et ce n'est pas Out of the Tunnel's Mouth qui va venir arranger cette situation.
Recentrons sur le travail du guitariste. Il était difficile de faire suite aux monumentaux Darktown, To Watch the Storms et Wild Orchids, mais c'est un fait indéniable, Steve a une fois de plus réussi son pari, cela à tous les niveaux. Maîtrise de l'écriture et instrumentale, science de l'orchestration aussi bien rock que classique, de même que l'art de savoir placer les surprises plus ou moins grandes, mais toujours efficaces... Ca fait beaucoup de choses, et ce ne sera pas faire preuve de cassure d'ambiance que de dire que, pour première surprise justement, ce nouvel opus de Steve ne dépasse pas les 3/4 d'heure, car le sentiment de grosse faim non rassasiée est vite contrebalancé par la qualité de cette huitaine de morceaux. Comment ne pas resté scotché par le up-tempo "je-t'en-mets-plein-dans-ta-face" "Tubehead", aussi bien que par le poignant "Fire on the Moon", dont la froideur ainsi que l'effet boîte à musique renvoient au "A Dark Night in Toytown" de Wild Orchids. Je me rappelle le concert de Steve que j'ai vu à Gênes, plusieurs mois avant la sortie de Out of the Tunnel's Mouth, c'était le seul morceau de ce dernier qu'il nous avait joué à ce moment-là (en avant-première donc), en guise d'intro. L'effet couplets doux / refrain "Oooooh" déchirants se faisait déjà bien sentir... Autant dire que ce titre est en phase de devenir un classique.

Mais c'est un peu le cas de tout l'album, certains allant jusqu'à le qualifier de "meilleur album de Steve depuis Spectral Mornings" ! Même si ce n'est pas un point de vue que je partage totalement, je suis plutôt d'accord en tout cas pour dire que la diversité qui a toujours fait (en partie) la force de Steve est toujours bien présente, toujours aussi appréciable. Même si tout le monde ne les considèrera pas comme les meilleurs dans leur genre respectif, le très world "Last Train to Istanbul" et l'hispanisant "Nomads" (qui rappellera les moments acoustiques de Guitar Noir) restent tout de même des pièces de choix. "Still Waters" est à mon goût le meilleur morceau de blues de la carrière du guitariste, sans harmonica cette fois mais avec des choeurs féminins (parmi lesquels Jo, la chérie de Steve) plutôt sympathiques et délicieux, malgré leur rôle limité (au refrain). Quant à "Sleepers" et "Emerald And Ash"... Que dire sur ces deux pièces qui, malgré des décollages rock peut-être un peu déstabilisants au départ, se révèlent comme étant les deux merveilles cachées de l'album, celles où la sensibilité de Steve est le mieux exprimée (avec "Fire on the Moon") ? Et ce n'est pas un hasard si Steve y a invité en tant que musicien de session le génie Anthony PHILLIPS, premier guitariste de GENESIS de 1966 à 1970, réalisant ainsi le rêve de nombreux fans auxquels j'appartiens, celui de voir ces deux hommes collaborer.

Côté instrumentation, il n'y a qu'une chose qui pourrait choquer, c'est l'absence d'un vrai batteur. Pour une raison tout à fait inconnue, Steve a choisi de se passer du concours de son fidèle Gary O'TOOLE pour ce nouveau disque, un peu comme il s'était dispensé de bassiste pour Wild Orchids. Toujours curieux, mais le tout reste tellement bien fait qu'on s'en rend à peine compte, tant qu'on n'a pas lu les credits. A propos de bassiste, il a bien comblé le manque de l'album précédant, car en plus d'avoir invité Chris SQUIRE de YES, il s'est trouvé une perle rare en la personne de Nick BEGGS. Roger KING est toujours aussi présent, Rob TOWNSEND lui l'est de moins en moins (l'absence totale du sax ténor n'est d'ailleurs pas pour me déplaire).

L'impression que nous donne cet album dès la première écoute, c'est que Steve, au sortir de moments aussi difficiles, devait ressentir un besoin énorme de créer, de jouer, etc. Même si la diversité n'est par sa présence plus une surprise, elle a toujours ça d'étonnant quelle reste sincère, aussi bien que naturelle, intacte et réussie. Tout un savoir-faire dont Steve a le secret, en y mettant l'émotion : colère ("Tubehead"), persévérance "Still Waters", cris du coeur ("Fire on the Moon", "Emerald And Ash", "Sleepers")... Encore une excellente pépite d'une carrière qui semble inépuisable.

Note réelle : 4.5/5.

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   MARCO STIVELL

 
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- Steve Hackett (guitares, chant)
- Roger King (claviers, programmations)
- Nick Beggs (basse, chapman stick)
- Chris Squire (basse)
- Dick Driver (contrebasse)
- John Hackett (flûte)
- Lauren King (choeurs)
- Ferenc Kovaks (violon)
- Amanda Lehmann (choeurs)
- Jo Lehmann (choeurs)
- Anthony Phillips (guitare acoustique 12 cordes)
- Christine Townsend (violon, violon alto)
- Rob Townsend (saxophone soprano)


- Fire On The Moon
- Nomads
- Emerald And Ash
- Tubehead
- Sleepers
- Ghost In The Glass
- Still Waters
- Last Train To Istanbul



             



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