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- Style : Bernard Benoit
- Membre : Genesis, Squackett, Gtr

Steve HACKETT - Highly-strung (1983)
Par MARCO STIVELL le 28 Mai 2010          Consultée 2422 fois

Certains s'inquiétaient déjà avec Cured deux ans plus tôt : le grand Steve HACKETT se met lui aussi à faire de la pop ! Inconcevable ! Et une fois que paraît Highly-Strung, album de rock FM, pour ces mêmes personnes c'est vraiment la fin. Steve HACKETT se fourvoie, sa guitare n'arrive même plus à émouvoir, un comble ! D'autres trouveront l'excuse selon laquelle un album comme Highly-Strung reste acceptable par rapport aux productions génésissiennes de l'époque et à venir.

Quoi qu'il en soit, il est clair que Steve a voulu prendre un nouveau virage, Cured n'ayant fait que poser certaines bases, et contrairement à son grand frère de 1981, Highly-Strung sonne plus rock FM que pop. Ce qui n'a pas empêché non plus son créateur de garder un pied dans le rock progressif, comme le prouvent les trois instrumentaux "Always Somewhere Else", "Group Therapy" et "Hackett to Pieces", mais aussi certaines chansons comme "Camino Royale". En fait, Steve s'ouvre à un nouveau public tout en essayant de garder l'ancien, et si les chiffres de ventes de ses productions de l'époque seront loin d'atteindre ceux de GENESIS, il arrivera à ses fins, la preuve résidant dans ce public qui se bousculera toujours pour ses concerts. Pour bien faire, il garde auprès de lui Nick MAGNUS ainsi que son frère John (qui ne joue pas sur Highly-Strung). De plus, après avoir laissé complètement tomber (du moins temporairement) la boîte à rythme de Cured, il s'est adjoint les services d'un batteur encore méconnu, mais qui se révèle être idéal pour ses nouvelles orientations musicales : Ian MOSLEY, futur membre déterminant et définitif de MARILLION.

Highly-Strung signifie "très tendu". Quand on regarde la pochette toute brouillée qui est bien une aquarelle de Kim POOR alias Mme Steve HACKETT, on se dit qu'on est non seulement bien loin du charme poétique des années 70, mais en plus la signification du titre devient évidente. "Très tendu", c'est relatif à la corde de la guitare électrique, et du coup cela justifie le caractère de l'album, qui est sans aucun doute le plus rock de la carrière de Steve. Un détail qui vient conforter cette idée, c'est qu'on ne rencontre aucune note de guitare acoustique à part sur le mini-pont instrumental de "Give it Away" (en accords plaqués), et que seule la douceur feutrée de "India Rubber Man" (où l'harmonica remplace la flûte) vient rompre un peu avec cette folie électrique. Folie assez jouissive qui ressort bien évidemment sur les instrumentaux "Group Therapy" et "Always Somewhere Else" desquels se dégage aussi une certaine influence jazz-rock assez inédite chez Steve, mais aussi bien sûr du titre d'ouverture "Camino Royale". Entrée en matière flamboyante qui n'est pas sans rappeler le "Dance on a Volcano" de GENESIS, elle présente deux thèmes principaux dont un refrain libérateur qui est repris non seulement à la fin du titre après un pont énergique, mais aussi en plein milieu de la chanson suivante, "Cell 151". Cette dernière semble plus basiquement pop, mais pas tant que cela : le schéma couplets-refrains puissants laisse place à un développement très intéressant qui voit Steve s'amuser avec sa guitare tandis que Nigel WARREN-GREEN (le même que sur le "The Hermit" de Voyage of the Acolyte) nous offre un petit solo de violoncelle. Parue en single dans une version éditée, elle est devenue le plus grand succès commercial de la carrière de Steve. Avec "Camino Royale", ce sont les deux grands classiques de l'album.

Mais bien sûr le reste mérite tout autant le détour même si il n'aura que peu survécu dans les set-lists des concerts de Steve ("Always Somewhere Else" sera rejoué dans une version vitaminée près d'une dizaine d'années plus tard). On savourera avec plaisir le très amusant "Walking Through Walls" avec tous ses bruitages, le magnifique "India Rubber Man", mais aussi ce "Give it Away" surenjoué qui révèlent d'ailleurs tous les trois les limites vocales de Steve, même si Highly-Strung reste l'album des années 80 où il chante le mieux, incontestablement.

Un disque est tout à fait réussi et revigorant après la petite pause Cured. L'émotion est certes différente de celle que nous procuraient les oeuvres des années 70, mais une comparaison de qualité serait tout à fait inutile. C'est un autre son, un autre horizon musical, et si on aime Steve ce doit être aussi pour sa capacité à passer d'un style à l'autre, toujours avec l'effet de surprise. C'est ce qui fera toujours apprécier de passer de l'échevelé "Group Therapy" à "India Rubber Man", par exemple.

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   MARCO STIVELL

 
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- Steve Hackett (chant, guitares, harmonica)
- Nick Magnus (claviers)
- Ian Mosley (batterie)
- Nigel Warren-green (violoncelle)
- Chris Lawrence (contrebasse)


1. Camino Royale
2. Cell 151
3. Always Somewhere Else
4. Walking Through Walls
5. Give It Away
6. Weightless
7. Group Therapy
8. India Rubber Man
9. Hackett To Pieces



             



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