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- Style : Bernard Benoit
- Membre : Genesis, Squackett, Gtr

Steve HACKETT - Spectral Mornings (1979)
Par ONCLE VIANDE le 23 Février 2010          Consultée 3771 fois

Après un premier disque encore marqué par GENESIS et un deuxième dominé par la personnalité d’invités divers, Steve HACKETT signe en 1979 une œuvre plus personnelle. Spectral Mornings est l’album où l’artiste se trouve et la suite de sa carrière se montrera beaucoup moins convaincante.

Spectral Mornings sonne comme un disque de guitariste et l’instrument y assume davantage son rôle soliste. HACKETT est heureusement peu enclin aux exercices démonstratifs et préfère se mettre au service d’une musique soigneusement composée et arrangée. Le maître mot est « atmosphère ». On retrouve cette guitare liquide et éthérée qui donnait à Wind & Wuthering ses textures et ses couleurs si particulières. Une guitare aux angles polis et aux sons trafiqués parfois difficile à distinguer des claviers.

Les albums du guitariste sont souvent inégaux. Spectral Mornings se distingue par son inspiration et sa consistance. Si l’on écarte le gag « The Ballad of The Decomposing Man » qui détonne sur un album plutôt romantique, l’album ne contient que des morceaux de qualité, allant du correct à l’excellent. « The Red Flower » flirte gentiment avec la musique japonaise et voit HACKETT s’essayer au koto. Son intérêt pour les musiques exotiques se confirmera sur ses productions suivantes pour des résultats bien peu concluants. « Every Day » est une chanson solide et efficace qui offre déjà un premier feu d’artifice. « Clocks » renoue avec les flamboyances du passé (« Los Endos », « In That Quiet Earth ») et reste une pièce maîtresse indiscutable de son répertoire aux cotés d’« Ace of Wands » et « Please Don’t Touch ». Autre sommet du disque, « Tigermoth », fresque tout en contraste qui se termine – qui l’aurait cru – par une valse aux réminiscences beatlessiennes. La plage titre est hackettienne jusqu’au bout des cordes et pourrait être son manifeste : un solo entièrement écrit, sans esbroufe, où le travail porte sur les effets et les modulations, le but n’étant pas de se détacher de l’orchestre mais bien de s’y fondre. Le disque contient enfin le joyau « Lost Time in Cordoba », pièce pour guitare classique, flûte et orgue d’une très grande grâce.

Cet opus souffre des mêmes défauts que ses successeurs. Les vocaux sont un peu lisses et sans personnalité mais restent agréables. On passera plus difficilement sur une production timide qui manque de souffle et de relief, et sonne un peu enfermée. Le disque aurait mérité une batterie plus claire et des couleurs plus éclatantes.

Spectral Mornings est à la charnière de deux époques et négocie plutôt bien le passage de l’une à l’autre. Des éléments sont encore attachés à un certain classicisme avec de nombreux arrangements acoustiques (flûte, guitare, clavecin), d’autre inaugurent les couleurs caractéristiques du néo-prog dont MARILLION s’inspirera largement (le final d’« Every Day »), quant aux plus perspicaces, ils noteront les similitudes troublantes entre « Tigermoth » et « The Deception of The Thrush » de KING CRIMSON. HACKETT jouissait à l’époque d’une estime et d’un succès qu’on a peine à imaginer aujourd’hui. Avec un Peter GABRIEL pop et un GENESIS commercial, il restait le seul à perpétuer la tradition et récupérait un public orphelin. Ce disque marque autant son apogée artistique que médiatique.

Entre le progressif du cœur et le progressif de tête, HACKETT n’a jamais hésité. La nostalgie qui traverse ces matinées spectrales séduira les amateurs de Wind & Wuthering comme ceux de Misplaced Childhood. Encore un gros 3 que j’arrondis exceptionnellement à 4 pour des raisons sentimentales, mais que ceci reste entre nous.

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   ONCLE VIANDE

 
   MARCO STIVELL

 
   (2 chroniques)



- Steve Hackett (guitare, claviers, chant sur 5)
- John Hackett (flûte, claviers)
- Dik Cadbury (basse)
- Peter Hicks (chant)
- Nick Magnus (synthétiseur, claviers)
- John Shearer (batterie)


1. Every Day
2. The Virgin And The Gypsy
3. The Red Flower Of Tachai Blooms Everywhere
4. Clocks - The Angel Of Mons
5. The Ballad Of The Decomposing Man (incl. The Offic
6. Lost Time In Cordoba
7. Tigermoth
8. Spectral Mornings



             



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