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Eddy MITCHELL - Ketchup électrique (1974)
Par BAKER le 12 Avril 2018          Consultée 425 fois

Oh là, oh là, oh là là, mais qu'est-ce que vous voulez faire avec un titre pareil ? Hein ? Sérieux, comment voulez-vous défendre un album qui s'intitule Ketchup Electrique ? Et pourquoi pas Mayonnaise Analogique, Béarnaise Sentimentale, ou Aïoli Chrétienne ? En prime, même si votre serviteur adore ça, le mot ketchup a une connotation fourre-tout, bâclée, dont Eddy Mitchell pouvait largement se passer alors que sa carrière, disons-le franchement, est au plus bas, commercialement parlant en tous cas. Mais il y a pire. Cette pochette ! Vé, peut-on faire plus cheum ? On pensait avoir touché le fond avec les trois derniers albums : lilliputien flou avec fonte black metal norvégien, puis euh... ode au feu clignotant sous l'emprise de LSD, et enfin Arts Graphiques Appliqués, section grands traumatisés de guerre. Eh ben figurez-vous qu'on peut toujours se surpasser : un logo digne de Grease, une photo qu'on dirait volée sur un exemplaire de Closer lui-même volé, et une magnifique veste Vichy couleur vomi de Chiroubles. Nous sommes en 1974, et dieu sait qu'il y a eu des choses extraordinairement magnifiques en cette céleste année, mais là, c'est indéfendable.

Et pourtant, jusqu'à pratiquement la fin, ce petit album d'Eddy, perdu entre trois albums faillibles mais cultes et LE retour par la grande porte (la porte Maillot, quand on revient des States...), eh bien il se laisse gentiment écouter. On retrouve quelques noms connus (le Terminator Jean Fernandez, Pierre Papadiamandis), d'autres changements surviennent (ledit Pierre n'est qu'à la composition et pas aux claviers), les musiciens sont capables et font le job, le son se rapproche beaucoup de Mitchellville, le style aussi globalement : très soul, avec quelques pointes de folk et de variété pure. Ça débute par un "Alice", pas le connu, un autre, plus cucul, mais tout aussi soul, mignon et anecdotique. Des chansons "mignonnes mais anecdotiques", il y en aura foison : "Le Coup de Foudre", "Fille en Bois", "Pouce", c'est oubliable mais franchement agréable à écouter voire à ré-écouter. Disons que le sieur Schmoll a déjà fait pire.

Mais Sauce Barbecue Triphasée est un album intéressant à plus d'un titre. Il montre à quel point Eddy était proche du désastre le plus total, mais aussi avec quelle pugnacité il a continué sa carrière, bon an mal an, jusqu'à... mais bon, on y viendra très, très très vite. En attendant, le désastre, il était tangible avec des choses comme "Hey Taxi Hey", chanson fourre-tout où malgré quelques bonnes idées (cette guitare wah lente) on part dans toutes les directions sauf celle du taxi. Avec aussi, surtout, les deux chansons finales, écrites par le bassiste Marc Bertaux. Ce dernier est talentueux, il a notamment officié au sein du LOUIS WINSBERG TRIO (c'est dire si techniquement le gars sait s'accrocher), mais les deux titres écrits pour Eddy sont juste à l'opposé absolu de tout ce qu'on peut aimer chez ce chanteur. "Au Pays Bleu" ressemble à une face B (C ?) de Zig-Zag tellement c'est fûmé, et "L'enfant Electrique", délire free zeuhl avec par-dessus un Claude Moine aux fraises, clôt l'album de façon sinistre : c'est à un enterrement de carrière qu'on a l'impression d'assister. Et puis les fraises au ketchup...

Alors, insauvable, le Eddy ? Que nenni. "Bye Bye 50", terriblement entraînant, fait preuve d'un pessimisme inattendu mais surtout d'une lucidité extraordinaire. "Superstition" est une reprise de Stevie WONDER, une BONNE reprise, texte, groove, tout y est. Mais surtout, au détour de deux chansons, "Chaque Matin Il Se Lève" et "J'Emporte Mes Années", quelque chose se passe. Quelque chose d'intangible, de bien trop délicat pour être repéré sur le coup. Mais après maintenant 44 (!) ans de recul, ça parait évident : sur ces deux titres, très corrects mais relativement anecdotiques, Eddy est en train de se métamorphoser, de se trouver, trouver sa place, trouver sa voix, trouver ses textes, ses thèmes, ses orchestrations. Oh, c'est clair, ces deux titres ne passeront pas à la postérité. Mais Eddy, lui, est sur le point de le faire. Quelques tout petits mois séparent son purgatoire de ce qui deviendra l'un des plus grands mythes de la chanson Française.

Mais cela fera l'objet d'un prochain livre-disque Walt Disney, mes chers petits amis...

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- Eddy Mitchell (chant)
- Marc Bertaux (basse)
- Frédéric Mercier (guitare)
- Pierre Fanen (guitare)
- Christian Lété (batterie)
- Bernard Lubat (percussions)
- M. Gralier (piano)


1. Alice Au Pays Des Amours
2. Bye Bye 50
3. Chaque Matin Il Se Lève
4. Hey Taxi Hey
5. Superstition
6. Le Coup De Foudre
7. Fille En Bois
8. Pouce
9. J'emporte Mes Années
10. Au Pays Bleu
11. L'enfant électrique



             



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