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- Style : Dick Rivers , Johnny Hallyday , Jacques Dutronc

Eddy MITCHELL - Made In Usa (1975)
Par BAKER le 4 Mai 2018          Consultée 289 fois

Question (pour un champion) qui fâche. Un album A sort, plutôt bon, et rencontre un franc succès. Si l'album B qui lui succède est une copie pure et simple du A, mais en mieux, est-il pour autant... mieux justement, ou doit-il être mis au pilori pour cause de fainéantise crasse de l'artiste ? Vaste sujet et la majorité des musicologues, musicophiles et musicolologistes ont répondu : A == B et même que B poubelle bouh caca. Comme souvent, bibi se range du "mauvais côté" (pun intended) et si B bénéficie d'une indéniable aura de sympathie, qu'on y retourne pas pour "lui redonner une chance" mais parce qu'il est irrésistiblement sympathique, alors oui, B est supérieur.

Toutes ces maths appliquées pour vous amener à la conclusion suivante : OUI, messieurs dames, Made In USA est à Rocking in Nashville ce que Reload est à Load, ce que Human Touch est à Lucky Town, ce que Ray est à Ark, ce que Rivoire est à Carret : une extension carbone. Mêmes musiciens même style même son, jusqu'à la ballade bucolique qui clôt la face A. Il s'agit clairement d'une tentative de capitalisation sur un modèle préexistant. Mais en mode relax. Eddy s'amuse, ses musiciens aussi. Il n'y a plus cette phase d'apprentissage, d'apprivoisement du groupe. Et on sent dans chaque chanson le plaisir pur. C'est ce qui différencie Made de Rocking : certes, il y a des chansons moins réussies que d'autres, mais toutes ont un capital sympathie qui les rend vite assimilables.

Ainsi, on ne peut pas parler de vrai ratage sur "Les Traîne-Tard", rigolo jusqu'au point de pouvoir pouffer sur la fin, sur la "Maison Hantée" cucul mais dotée d'un excellent fiddle (violon) - regret amer : quitte à ce que le texte parle d'un vieux piano, pourquoi cet instrument est le seul à manquer dans les arrangements ? - ou sur "Ecoute Coco", chanson anecdotique mais véritable récréation polissonne, avec un refrain 100% pur béret-baguette à chanter à tue-tête, et repris vaillamment par des chœurs qui n'ont évidemment aucune idée de ce que RTL et France Inter peuvent bien être. Même la chanson de fin, "Choo Choo Boogie", est un peu décevante mais pas à jeter pour autant : c'est quasiment une bonus track, qui n'a rien à voir avec le reste du disque, mais Eddy le dit lui-même : "je suis avec les meilleurs musiciens de New-York (après avoir été à Nashville), alors pourquoi s'en priver ?". Et oui, il profite, et il a bien raison : il ignore totalement que la suite de sa carrière lui permettra d'avoir un double des clefs de tous les plus grands studios de New-York, Nashville, mais aussi Los Angeles.

Deux chansons se démarquent car il s'agit de titres faits "en famille". Malin, "Je Ne Sais Faire Que l'Amour" est une petite bêtise coquine qui n'est qu'un prétexte bidon pour que Charlie McCoy, compositeur du titre, délivre un solo d'harmonica inhumain. "Je Vais Craquer Bientôt", quant à elle, est un uptempo entraînant, très mélodique, simple, drôle encore une fois, un petit tube en puissance, et il est signé... Pierre Papadiamandis. Non, Eddy ne l'avait pas oublié malgré, il faut l'avouer, la relative médiocrité des derniers titres qu'il lui avait alors composés. Pierre se rattrape, et là aussi, ce n'est que le début de l'histoire. Pour le reste, les reprises vont de la sympa ("Une Terre Promise" autrement mieux adaptée que par son copain Johnny, "Le Prochain Train" et son onctueuse pedal steel, les "Mauvais Côtés" et "Merci la Vie" avec leurs chœurs féminins à l'accent improbable), à la vraiment excellente sur "Un Sourire Ou Un Au Revoir", remake de la "ballade country blues de fin de face A" (ouf !) du disque précédent, mais sublimée : texte génial (même si bien affûté sera celui qui pourra me dire "c'était là que vivait..." (insérer ici un borborygme Schmollesque force 7 Beaufort)), atmosphère impeccable, chœurs généreux.

Un album vraiment sympathique donc, qui se laisse écouter d'un bout à l'autre avec un grand sourire, même sur les titres moins forts. Donc un disque au final plus cohérent, plus cimenté que son brillant aîné. Mais une piste, très méconnue, finit de hisser ce tout petit album mineur au sommet de l'art Mitchellesque. "Seul Est L'Indompté", porté par des paroles brillantes de Boris Bergman (auteur que pourtant je ne porte pas dans mon cœur), est une adaptation du célèbre "Wichita Lineman" de Glen CAMPBELL. Une ? Non, THE adaptation. Probablement la meilleure version jamais enregistrée de ce classique, poignante, classieuse, désespérée, c'est la suite directe du génial "Arizona", où l'exaltation du fugitif fait place à la lassitude du gibier traqué. Une des meilleures chansons d'Eddy, haut la main, pour un album injustement boudé et qui est un plaisir coupable à s'offrir sans arrière-pensée.

La version remaster propose un inédit, "Lester Lip's In", reprise de COUNT BASIE ORCHESTRA, ici interprétée avec le big band d'origine. Eddy n'y a rien à voir, sinon qu'il introduit brillamment le morceau, c'est du jazz big band pur jus, mais fantastiquement joué. Un interlude, qui fait du bien, qui permet de faire une pause, qui introduit le jazz aux fans de rock'n'roll qui ne connaissaient peut-être pas, et qui indique que malgré la formule platinum qu'Eddy et Jean Fernandez viennent de trouver, toute chose a une fin.


Note finale : 4,5/5, je laisse encore un peu de marge pour la (longue) suite !

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- Eddy Mitchell (chant)
- Charlie Mccoy (harmonica, orgue, percussions)
- Pig Robbins (piano)
- Bobby Thompson (banjo)
- Russ Hicks (pedal steel)
- Warren Hartman (piano)
- Norbert Putman (basse)
- Kenny Buttrey (batterie)
- Jim Isbell (batterie)
- Billy Sanford (guitare)
- Grady Martin (guitare)
- Jerry Shook (guitare)
- Dale Sellers (guitare)
- Jim Colvard (guitare)
- Lloyd Green (pedal steel)
- Weldon Merryck (pedal steel)
- Buddy Spicher (violon)
- Gary Vanosdale (violon)
- The Jordanaires (choeurs)
- The Holladay Sisters (choeurs)
- Al Cohn (sax tenor)
- Frank Wess (sax tenor)
- Phil Woods (alto sax)
- Seldon Powell (alto sax)
- Danny Blank (sax baryton)
- Urbie Green (trombone)
- Buddy Morrow (trombone)
- Billy Watrous (trombone)
- Paul Faulise (trombone baryton)
- Jimmy Owens (trompette)
- Marvin Stamm (trompette)
- Bernie Glow (trompette)
- Jon Faddis (trompette)
- John Glasel (trompette)
- Frank Owens (piano)
- Grady Tate (batterie)
- Vinnie Bell (guitare)
- Richard Davis (contrebasse)
- Patti Austin (choeurs)
- Albertine Robinson (choeurs)
- Hilda Harris (choeurs)


1. Une Terre Promise
2. Les Traîne-tard Et Les Rôdeurs
3. La Maison Hantée
4. J'attendrai Le Prochain Train
5. Je Ne Sais Faire Que L'amour
6. Un Sourire Ou Un Au Revoir
7. Le Mauvais Côté
8. Je Vais Craquer Bientôt
9. Écoute Coco
10. Seul Est L'indompté
11. Merci La Vie
12. Choo Choo Ch'boogie Espion Bidon
- bonus
13. Lester Lips In



             



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