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- Style : Dick Rivers , Johnny Hallyday , Jacques Dutronc

Eddy MITCHELL - Grand écran (2009)
Par BAKER le 5 Juin 2018          Consultée 198 fois

Bon, OK, très bien, vous l'aurez voulu : d'aaaaaaccord, "Grand Ecran" est un ALBUM d'Eddy Mitchell, et pas un EP. Et pourtant, c'est bien à cela qu'il ressemble de prime abord. Un EP très long, de luxe, mais qui est plus une récréation qu'un "album" au sens dit noble du terme. Mais qu'il en soit ainsi : ce disque sera donc la prochaine œuvre de notre crooner favori, avec en prime une thématique. On le sait, Eddy est passionné de cinéma. Il a donc décidé de se faire plaisir en reprenant des chansons de films. Mais il est surtout passionné d'un CERTAIN cinéma, celui des années 50 et 60, le second âge d'or d'Hollywood et des studios Parisiens : grands espaces et westerns, drames familiaux ou sociétaux poignants, comédies légères. Pas du Marvel, quoi. On ne sera donc pas étonnés de voir une track-list faisant la part belle à ces décennies, et sur des arrangements au diapason : musiciens plus portés sur le jazz que le blues rock, cordes et big band.

Track-list qui brasse un large panel entre tubes très connus et choses plus confidentielles, américaines ou françaises, romantiques ou plus terre-à-terre. Mais le brassage ne se fait pas sans heurts pour deux raisons principales ; la première est la concentration de gros tubes et bonnes reprises sur le premier tiers du disque, laissant aux deux autres la portion congrue ; la seconde, c'est justement le nombre de titres présents. Dans sa volonté de rendre un vibrant hommage à cet art noble qu'est le Septième, Eddy propose un album généreux ; trop généreux - le plus long de sa carrière. C'est ce qui lui sera fatal.

Car on trouve de belles choses, même sans fouiller bien loin : l'ouverture sur "Pat Garrett" dans une version bien plus proche de l'originale de DYLAN que des GUNS N' ROSES (avec un arrangement mariachi cocasse), "Butch Cassidy" au tempo plus nonchalant que l'original (et que Sacha DISTEL) donnant presque naissance à une chanson différente, ou encore "Midnight Cowboy" à l'adaptation française soignée et aux arrangements incroyablement proches de ceux de NILSSON, alors qu'iceux sont pourtant très originaux. "16 Tonnes" transforme Eddy en aristochat vivant, et laisse le big band se faire plaisir avec quelques glissandos de notes bien soupesés, pour une adaptation orchestrale d'une chanson adulée par, entre autres, un certain Gaston Lagaffe !

Cette première partie comporte aussi deux vrais bijoux totalement complémentaires. Délicieuse de douceur, "Je T'Appartiens" (de la plume de Gilbert BECAUD et popularisée par les EVERLY BROS.) est en outre, à ma connaissance, la seule et unique chanson de toute la carrière d'Eddy où il s'amuse à effectuer son propre contrechant (le résultat ne peut qu'attirer l'oreille !). A l'opposé, "Avril A Paris" est une explosion de TNT : enfin, Mitchell peut rivaliser avec l'une de ses idoles, SINATRA, sur ce grand classique de Vernon DUKE aux arrangements fantastiques, à travers un big band furieux qui fait feu de tout bois. Et que dire de ce final à hurler de rire ? Du grand Mitchell.

Malheureusement, il faudra attendre "Over The Rainbow" (en version bossa et en duo réussi avec Melody Gardot) pour retrouver le Eddy qu'on aime. Et d'ici là, un grand nombre de titres, la moitié du disque en fait, trop pesants, trop mous, ou trop fatigués, y compris vocalement car Grand Ecran est bien le tout premier disque depuis 49 ans de carrière où Schmoll bat un tantinet de l'aile. Quand ce n'est pas un piège dans lequel Eddy tombe de lui-même ("Pleurer des Rivières", comment passer derrière la version de Viktor LAZLO ?), ce sont les arrangements qui pédalent dans la semoule : "Si Toi Aussi Tu M'Abandonnes", "Walk The Line", même "Celui Qui Est Seul" malgré des choeurs choobidoowa rigolos : la section rythmique est souvent très "stiff", prise dans la glace ("Hier Encore") et un côté roboratif s'installe. Le big band et les cordes sont impeccables mais ça ne suffit pas. Preuve ultime du gigantisme étouffant de l'opération : ce titre de fin, une revisite du classique "La Dernière Séance" totalement ratée : non seulement ce n'est pas très agréable, mais surtout, ça ne fait absolument pas générique de fin, alors même que c'était le cas de l'originale !

Trop long, trop sérieux parfois, manquant sa cible à d'autres moments, Grand Ecran a certainement fait beaucoup de bien à son géniteur mais curieusement, l'alchimie tant attendue entre cinéma et musique ne transparaît pas. Après la déception de Sept Colts pour Schmoll, on dirait que le concept album sur la toile blanche est définitivement une malédiction Schmollesque. Pourtant, le bonhomme est si doué pour créer des vignettes de 4 minutes parfaitement mises en scène... Il avait l'habitude de sublimer toutes ses reprises, mais là, il a simplement été débordé. Pas grave, il est humain et c'est pour ça qu'on l'aime. Si humain qu'il prendra l'année suivante une importante décision bouleversant sa carrière, mais ça, comme on dit dans les films, c'est à suivre au prochain épisode.

Note finale : 2,5/5

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   BAKER

 
  N/A



- Eddy Mitchell (chant, choeurs)
- Melody Gardot (chant, guitare, piano)
- Jimmy Vivino (guitare)
- Larry Campbell (guitare)
- Grant Geissman (guitare)
- Brad Cole (claviers)
- Rob Mounsey (piano)
- Lee Sklar (basse)
- Christoph Luty (basse)
- Bernie Dresel (batterie)
- Jeff Hamilton (batterie)
- Charlie Patierno (batterie)
- Denis Benarrosch (percussions)
- Paulinho Da Costa (percussions)
- Tommy Morgan (harmonica)
- Gayle Levant (harpe)
- Amy Shulma (harpe)
- Behn Gillece (vibraphone)
- Jeff Clayton (saxophone)
- Tom Peterson (saxophone)
- Keith Fiddmont (saxophone)
- Lee Callet (saxophone, clarinette)
- Rickey Woodward (saxophone)
- Roger Neumann (saxophone)
- Bryan Rogers (saxophone)
- Ira Nepus (trombone)
- George Bohanon (trombone)
- Maurice Spears (trombone)
- Robert Payne (trombone)
- Bijon Watson (trompette)
- Darrell Leonard (trompette)
- Sal Cracchiolo (trompette)
- James Ford (trompette)
- Patrick Hughes (trompette)
- Mariachi Sol De Mexico (cuivres)
- Arnold Mcculler (choeurs)
- Fred White (choeurs)
- Kate Markowitz (choeurs)


1. Frappe Aux Portes Du Paradis
2. Toute La Pluie Tombe Sur Moi
3. Je T'appartiens
4. Comme Un étranger Dans La Ville
5. J'aime Avril à Paris
6. Les Feuilles Mortes
7. 16 Tonnes
8. Pleurer Des Rivières
9. Ma Plus Belle Année
10. Si Toi Aussi Tu M'abandonnes
11. Hier Encore
12. Je File Droit
13. Celui Qui Est Seul
14. Garde-moi La Dernière Danse
15. Derrière L'arc-en-ciel
16. La Dernière Séance



             



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