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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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- Style : 5uu's, Emerson, Lake & Palmer
- Membre : Uk, Jon & Vangelis, Gtr, King Crimson, Squackett, Jon Anderson , Yoso, Asia, The Moody Blues
 

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YES - Time And A Word (1970)
Par ARP2600 le 13 Décembre 2011          Consultée 2746 fois

Bon, disons-le tout de suite, ce deuxième opus n'est pas une franche réussite et il ne se trouve pas grand monde pour vraiment le défendre. Oh bien sûr, les vrais fans de Yes trouvent que ce n'est pas si mal et ils m'en voudront de faire un exemple en attribuant cette note déshonorante. Tant pis, j'assume. Et pourtant, malgré et à cause de l'erreur en quoi il consiste, Time and a word est un disque intéressant sur le plan musicologique. Je rassure tout de suite, loin de moi l'idée de vouloir gloser. Première chose, alors que l'album Yes sonne comme du Yes, il est très difficile de dire à quoi ressemble celui-ci... il y a des choix de production très discutables qui rendent la patte très peu définie. Secundo, ce qui m'intéresse ici, c'est qu'on perçoit divers travers du prog, c'est à la fois une liste de choses à ne pas faire et une excursion dans les coulisses du style.

C'est quand même nettement du Yes, vu qu'on entend bien Chris Squire – je plaisante. On l'entend trop bien même, la basse est gonflée au mixage. A part ça, ce sont les mêmes membres que sur le premier album, auxquels il faudrait ajouter le producteur Tony Colton ainsi qu'un certain Tony Cox, qui a commis ici des arrangements orchestraux. Ceux-ci sont les principaux responsables de la mauvaise impression que donnera cette musique à la majorité. Le son paraît désordonné, et l'intervention intempestive de ces enregistrements rend le mélange hétéroclite et indigeste.

Il ne faut d'ailleurs pas attendre longtemps avant de constater le problème. Après quelques secondes d'orgue, on se prend les violons dans la tronche sur « No opportunity necessary, no experience needed » - qui est une reprise de Richie Havens. Moi qui suis violoniste, je n'ai rien contre cet instrument, mais il n'a vraiment rien à faire ici. La plupart des autres chansons sont polluées de la même manière sauf « Sweet dreams » et « Astral traveller », qui sont du coup peut-être les plus agréables. Si ce n'est que le traitement de la voix est étrange : dans « Sweet dreams », le chanteur est étouffé, c'est insensé ; quant à « Astral Traveller », il y a des effets de résonance très bizarres qui rendent la chose frustrante. Il faudrait que je réécoute des albums live où ils ont joué certains numéros de Time and a word, il paraît que c'est, fort logiquement, bien plus satisfaisant.

Du coup, il est même un peu difficile de juger correctement de la qualité de la composition, tant la musique de Yes repose sur ses arrangements et leur interprétation. Toutes les chansons me semblent assez correctes, sauf « Clear days » qui est de toute façon très courte. La deuxième reprise de l'album, « Everydays » de Buffalo Springfield, n'est pas terrible non plus, mais vu que je n'aime déjà pas l'original... Comment dire, je ne suis pas un grand fan de Jon Anderson et pourtant je trouve que Stephen Stills interprète sa chanson nettement moins bien. A l'opposé, il me semble que « The prophet », « Sweet Dreams » et « Astral Traveller » sont fort bien écrites, il est décidément dommage d'avoir presque gâché plusieurs cartouches comme ça. Si je fais le bilan, je trouve déjà que tout ça ne souffre par la comparaison avec l'album Yes. Même sans le problème de production, on atteindrait difficilement la note de 3...

Vu que j'ai un peu de place, deux mots sur la pochette. L'image originale est en noir et blanc et montre une femme nue dans un décor surréaliste. Évidemment, ça a été censuré aux États-Unis... leur version présente simplement une photo du groupe, avec la belle gaffe de montrer (en haut à droite) le guitariste Steve Howe, qui a rejoint le groupe en 1970 juste après la parution de l'album, alors que c'est Peter Banks qu'on entend.

Et je n'ai plus rien à ajouter. Je ne recommande ce disque qu'à ceux qui cherchent vraiment à tout comprendre à ce qu'est le rock progressif. Ceux-là peuvent écouter très attentivement le jeu des musiciens et tous les artifices de production. C'est un peu paradoxal, mais il est difficile de comprendre la recette quand on ne connaît que de très bonnes choses. Ce sont souvent des erreurs flagrantes ou des imprécisions qui illustrent le plus clairement les règles. Or, je ne connais pas de disque progressif plus approximatif que celui-ci. Pour les amateurs de Yes – pas les fans dont je parlais au début, ceux-là connaissent de toute façon déjà l'album – je ne sais que dire, c'est surtout pour eux que j'inflige une note de déception, car on ne peut qu'être déçu ou énervé. Je pense quand même qu'il est nécessaire de le découvrir pour être complet. Pour tous les autres, friands de prog ou pas, je le déconseille bien évidemment.

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   ARP2600

 
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- Jon Anderson (chant, percussion)
- Peter Banks (guitare, choeurs)
- Bill Bruford (batterie, percussion)
- Tony Kaye (orgue, piano)
- Chris Squire (basse, choeurs)


1. No Opportunity Necessary, No Experience Needed
2. Then
3. Everydays
4. Sweet Dreams
5. The Prophet
6. Clear Days
7. Astral Traveller
8. Time And A Word



             



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