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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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- Style : 5uu's, Nektar, Emerson, Lake & Palmer, Kansas
- Membre : Squackett, Chris Squire , Rick Wakeman , Asia, The Moody Blues , Uk, Yoso, Jon Anderson , Gtr, King Crimson, Jon & Vangelis
 

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YES - Anderson Bruford Wakeman Howe (1989)
Par ARP2600 le 16 Juin 2012          Consultée 5292 fois

Le fait de classer l'unique album studio d'Anderson Bruford Wakeman Howe dans la discographie de YES mérite une petite explication. Bien sûr, ces quatre-là sont parmi les membres les plus importants du groupe. Cependant, rappelons que l'album précédent, Big Generator, était joué par Jon Anderson, Trevor Rabin, Chris Squire, Tony Kaye et Alan White. Au fil des ans, le groupe s'était vraiment constitué un double line up, tous ces musiciens étant aussi légitimes les uns que les autres. Le problème, c'est que quand ces quatre-ci ont décidé de sortir un album en 89, ils n'avaient pas les droits sur le nom du groupe et n'ont pas pu s'entendre avec la faction de Squire qui reste la seule personne à avoir participé à tous les albums officiels.

Cette petite brouille n'a duré que deux ou trois ans, déjà oubliée avec l'album suivant de YES, auquel les neuf ont participé, et qui se nomme simplement Union. Notons qu'il n'y a pas eu d'album de YES concurrent d'A.B.W.H, raison parmi d'autres de l'inclure dans cette discographie. Il y a aussi la pochette de Roger Dean, police de caractères comprise. Enfin, tout simplement, ils n'ont pas cherché à se trouver un vrai nom. Le fait d'aligner leurs noms de famille montre bien qu'ils voulaient faire du YES.

Et la musique, sonne-t-elle comme du YES ? Oui et non, de toute façon, leur style a beaucoup évolué. On remarque quand même l'absence des lignes de basses typiques de Chris Squire, pourtant remplacé ici par le très professionnel Tony Levin, connu entre autres pour son travail avec KING CRIMSON. Pour le reste, le son et l'harmonie romantiques, l'abondance de synthés, la voix d'Anderson, une nette progressivité, tout ça ne laisse pas beaucoup de doutes. De plus, ce n'est même pas vraiment éloigné de la pop/arena rock de 90125 et Big Generator, tout est simplement plus... décontracté.

C'est d'ailleurs sans doute le problème d'A.B.W.H : il manque un peu de tonus. Il est assez inégal aussi, mais au moins a-t-il une bonne lisibilité, ce qui est loin d'être le cas de tous ses successeurs. Il dure une heure, et peut se diviser en six parties d'environ 10 minutes : trois longues suites en alternance avec deux paires de chansons ainsi que la délirante "Teakbois". La courte conclusion "Let's Pretend" est un peu un bonus. Notons qu'elle était au départ une chanson de Jon et Vangelis.

L'ensemble reste assez plaisant, avec de bons passages dont le plus notable est de toute évidence l'introduction, "Themes", une petite suite de six minutes. Elle commence par un magnifique ensemble de claviers mystérieux, sans doute la meilleure contribution de Wakeman que je connaisse (à moins que ce ne soit grâce aux claviers additionnels de Matt Clifford). La longue mélodie principale est bien rythmée, c'est un morceau très joyeux et lumineux. En revanche, après un des rares solos de guitare de Steve Howe, la fin s'avère un peu perturbante, plus lente et lourde, ce qui s'accorde difficilement avec les sons majoritairement aigus. On enchaîne très naturellement avec "Fist of Fire", un numéro peu orné.

La suite "Brother of Mine" joue une première fois sur un certain exotisme. Après un début vraiment décontracté, il faut attendre la septième minute pour que le rythme s'accélère et que survienne une petite mélodie festive.
"Birthright" est une belle chanson, plus dramatique. Notons-y l'apparition de percussion et l'accélération nettement prog vers la fin. "The Meeting", en revanche un peu trop mélo, détonne pas mal avec le reste. Dans "Quartet", le groupe cabotine un peu. Le titre se réfère à la fois au fait qu'ils sont quatre, aux quatre parties de la chanson et au faux classicisme adopté – par exemple, Wakeman se donne à cœur joie avec des sons de type violon, basson, clavecin, etc. Bref, sympathique sans plus.

Par contre, j'aime beaucoup "Teakbois" où ils ne se prennent absolument pas au sérieux. Ce numéro aligne différentes ambiances ethniques, alternant un chant pseudo-latino amusant et des passages plus lents et organiques. La dernière suite, "Order of the Universe", est plus proche de l'arena rock. Après une introduction contemplative, un chant plus musclé, et surprenant, nous raccorde au contexte des années 80/début 90 de YES sans pour autant vraiment rompre la thématique de l'album. La manœuvre est plutôt habile. Enfin, "Let's Pretend" à la guitare acoustique très réussie n'est pas vilaine du tout.

A.B.W.H reste un album assez anecdotique car peu ambitieux, mais proposant une musique fort agréable, bien que potentiellement ennuyeuse par moments. En tout cas, deux choses sont sûres : primo, on ne fera pas de cauchemars après l'avoir écouté ; secundo, il est nettement meilleur que plusieurs des productions maladroites des années 90 quand YES se cherchait sans succès une nouvelle voie.

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   (2 chroniques)



- Jon Anderson (chant)
- Bill Bruford (percussion)
- Steve Howe (guitare)
- Rick Wakeman (claviers)
- Tony Levin (basse, choeurs)
- Matt Clifford (claviers, choeurs)


1. Themes
2. Fist Of Fire
3. Brother Of Mine
4. Birthright
5. The Meeting
6. Quartet
7. Teakbois
8. Order Of The Universe
9. Let's Pretend



             



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